L'essentiel en 5 points
- L'arthrose n'est pas simplement de l'usure : c'est une maladie de toute l'articulation, qui évolue par poussées et ne s'aggrave pas forcément.
- L'exercice est le traitement n°1 (niveau A) : il diminue la douleur environ autant qu'un anti-inflammatoire ; pour le genou, perdre du poids en cas de surpoids soulage aussi nettement.
- Côté médicaments : le gel anti-inflammatoire d'abord (genou, main), les comprimés quelques jours lors des poussées ; le paracétamol a un effet faible.
- Aucun complément alimentaire ne protège le cartilage ; l'acide hyaluronique et le PRP ne sont plus recommandés.
- La grande majorité des personnes ne seront jamais opérées. Choisissez votre localisation : genou, hanche, main, cou, dos, épaule, pied.
Où avez-vous mal ?
Les 12 chapitres
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Comprendre l'arthrose
Chiffres clés, mécanisme, articulation saine et arthrosique
Français atteints d'arthrose
Personnes après 65 ans
Baisse moyenne de la douleur avec l'exercice (genou)
Plus fréquente chez la femme (main)
Satisfaits après prothèse de genou
L'arthrose n'est pas simplement de l'usure. C'est une maladie active, complexe, impliquant toute l'articulation.
Définition actuelle
L'arthrose est une maladie de l'ensemble de l'articulation — cartilage, os sous-chondral, membrane synoviale, ligaments et muscles — caractérisée par une dégradation progressive du cartilage et une inflammation chronique de bas grade. Elle n'est pas une simple "usure mécanique" liée à l'âge.
La cascade physiopathologique
De la contrainte articulaire à la douleur chronique
- Contrainte mécanique
- Stress des chondrocytes
- Inflammation synoviale
- Enzymes destructrices (MMP)
- Douleur & limitation
Les médiateurs inflammatoires (IL-1β, TNF-α) maintiennent un cercle vicieux d'auto-entretien.
- 1. Le déclencheurSurpoids, microtraumatismes répétés, traumatisme articulaire ou désaxation : la contrainte dépasse les capacités d'adaptation du cartilage.
- 2. Souffrance des chondrocytesLes seules cellules capables d'entretenir le cartilage (chondrocytes) s'épuisent. Elles produisent moins de collagène de type II et d'aggrécan.
- 3. Inflammation synovialeLa membrane synoviale réagit en libérant IL-1β, TNF-α et prostaglandines. Ces médiateurs activent des enzymes destructrices (métalloprotéases).
- 4. Réaction osseuseL'os sous-chondral se densifie (sclérose) et forme des excroissances osseuses (ostéophytes) pour tenter de stabiliser l'articulation.
- 5. Cercle vicieuxLes débris cartilagineux entretiennent l'inflammation. Sans intervention, ce cycle s'auto-entretient et s'aggrave progressivement.
Ce qui se passe dans l'articulation
Articulation saine
- Cartilage hyalin lisse, épais et élastique
- Espace articulaire visible à la radio (3–5 mm)
- Liquide synovial lubrifiant abondant
- Os sans irrégularités ni densification
- Muscle péri-articulaire tonique et protecteur
Articulation arthrosique
- Cartilage fissuré, aminci, voire absent
- Pincement de l'interligne à la radio
- Synovite avec épanchement liquidien
- Ostéophytes (excroissances) + géodes osseuses
- Sclérose sous-chondrale (densification)
Reconnaître l'arthrose : symptômes, examen, radios
Douleur mécanique, poussées, examens utiles
Les signes typiques
- Une douleur « mécanique » : elle apparaît à l'effort ou en fin de journée et se calme au repos.
- Un dérouillage le matin ou après être resté assis, de moins de 30 minutes.
- Une articulation qui craque, s'enraidit, parfois se déforme (bosses aux doigts).
- Une évolution par périodes : des semaines calmes, puis des poussées.
La poussée inflammatoire (« poussée congestive »)
Pendant quelques jours ou semaines, l'articulation gonfle, devient chaude et douloureuse, y compris la nuit. Ce n'est pas le signe que l'arthrose s'aggrave d'un coup : la poussée se traite (froid, repos relatif, anti-inflammatoire, parfois infiltration) puis se calme.
Arthrose ou arthrite ? Consultez si
- La douleur réveille la nuit régulièrement ou le dérouillage matinal dure plus de 30 minutes.
- Plusieurs articulations gonflent en même temps, surtout les poignets et la base des doigts.
- Une articulation est rouge, très chaude, avec de la fièvre : c'est une urgence (infection, goutte).
- Vous perdez du poids sans raison ou vous vous sentez très fatigué.
Ces signes évoquent un rhumatisme inflammatoire (arthrite), une goutte ou une infection, qui se soignent autrement.
Quels examens ?
| Examen | Utile ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| L'examen par le médecin | Toujours | Le diagnostic est d'abord clinique : âge, type de douleur, examen de l'articulation |
| Radiographie | Pas toujours | Elle confirme l'arthrose et aide si une chirurgie se discute ; après 45 ans, avec des signes typiques, elle n'est pas indispensable au diagnostic (NICE 2022) |
| IRM, scanner | Rarement | Ils montrent des lésions banales à cet âge (ménisques, disques) sans changer le traitement ; réservés aux doutes diagnostiques |
| Prise de sang | Pour éliminer autre chose | Elle est normale dans l'arthrose ; elle sert à rechercher un rhumatisme inflammatoire ou une goutte |
| Ponction de l'articulation | Si gonflement inexpliqué | Le liquide est analysé pour éliminer une infection ou des cristaux (goutte, chondrocalcinose) |
La douleur ne suit pas la radio : une arthrose très visible peut faire peu mal, et inversement. On soigne la personne, pas la radiographie.
Facteurs de risque
Non modifiables, modifiables, protecteurs
Non modifiables
- Âge (principal facteur de risque)
- Sexe féminin (surtout après la ménopause, pour la main et le genou)
- Génétique (environ la moitié du risque)
- Malformations articulaires congénitales
- Traumatismes articulaires anciens
Modifiables — agir !
- Surpoids : 1 kg = 4 kg en moins sur le genou
- Sédentarité et faiblesse musculaire
- Travaux manuels répétitifs
- Sports traumatisants à haute dose
- Syndrome métabolique (diabète, dyslipidémie)
Facteurs protecteurs
- Activité physique régulière et adaptée
- Maintien d'un poids normal
- Force musculaire péri-articulaire
- Alimentation équilibrée (pour garder un poids de forme)
- Chaussures absorbantes et adaptées
L'arthrose : pas une fatalité
Idées reçues et vérités, raisons d'être rassuré
Des idées reçues persistent. Les données scientifiques actuelles sont bien plus rassurantes.
IDÉE REÇUE — « L'arthrose progresse toujours »
Faux. Beaucoup de patients connaissent de longues périodes de stabilité. Aucun traitement ne freine encore l'arthrose de façon prouvée, mais on soulage bien la douleur et on préserve la mobilité.
VRAI — L'exercice est le traitement n°1
L'exercice physique adapté diminue la douleur environ autant qu'un anti-inflammatoire, sans ses effets secondaires. (Cochrane 2015, OARSI 2019, NICE 2022)
IDÉE REÇUE — « Il faut s'arrêter de bouger »
Le repos total aggrave l'arthrose en affaiblissant les muscles protecteurs. Bouger avec l'arthrose est non seulement possible, c'est thérapeutique.
VRAI — La douleur ne reflète pas les radios
L'intensité de la douleur ne correspond pas à la sévérité radiologique. Une arthrose très avancée peut être peu douloureuse, et inversement.
IDÉE REÇUE — « La chirurgie est inévitable »
La grande majorité des patients arthrosiques ne seront jamais opérés. Les traitements conservateurs bien conduits permettent le plus souvent d'éviter la chirurgie.
VRAI — Perdre du poids change tout (genou)
Perdre 5 % de son poids soulage déjà le genou ; autour de 10 %, avec de l'exercice, la douleur peut baisser de moitié. Avec l'exercice, c'est l'intervention la plus efficace.
IDÉE REÇUE — « Faire craquer ses doigts cause l'arthrose »
Mythe réfuté. Le Dr Unger a fait craquer les doigts d'une main pendant 60 ans : aucune différence radiologique avec l'autre main. (Ig Nobel 2009)
VRAI — L'arthrose et l'activité sportive sont compatibles
Natation, vélo, yoga, marche nordique, aquagym sont recommandés. Le sport à faible impact est protecteur, pas délétère pour le cartilage.
L'exercice est le traitement n°1
Niveau de preuve A. Effet modéré, sensible dès 6 à 8 semaines de programme régulier, comparable à celui des anti-inflammatoires, sans leurs effets secondaires.
OARSI 2019 · Cochrane 2015 · NICE 2022
Les symptômes peuvent être contrôlés
Avec un programme d'exercices, une perte de poids si nécessaire et un traitement adapté, la douleur et la gêne peuvent être nettement réduites. Aucun traitement n'a encore prouvé qu'il freine l'évolution de l'arthrose elle-même.
OARSI 2019 · ACR 2019 et 2026
Qualité de vie préservable
La majorité des patients arthrosiques maintiennent une qualité de vie satisfaisante. Adapter ses activités, pas les supprimer, est la clé d'un équilibre durable.
D'après les recommandations OARSI 2019
Poussées ≠ progression
Une poussée inflammatoire douloureuse ne signifie pas que l'arthrose s'aggrave structurellement. Ces épisodes se traitent et passent. L'évolution réelle est lente.
La recherche avance
Des traitements régénératifs (cellules souches, thérapie génique) sont en cours d'évaluation ; aucun n'a encore fait ses preuves, et le PRP est aujourd'hui déconseillé. L'arthrose reste la pathologie rhumatologique la plus étudiée.
Principes généraux de traitement
La pyramide des traitements, fiches spécialisées
Les étapes en un coup d'œil
Le traitement de l'arthrose repose sur une pyramide d'interventions, du moins invasif au plus invasif.
- 1re intention — ToujoursExercice physique adapté · Perte de poids si surpoids · Ergothérapie / Kinésithérapie
- 2e intention — Si insuffisantAnti-inflammatoires en gel (genou, main) · Chaleur · Canne, orthèses · Anti-inflammatoires en comprimés quelques jours lors d'une poussée
- 3e intention — SpécialiséInfiltration de cortisone lors des poussées (l'acide hyaluronique et le PRP ne sont plus recommandés)
- 4e intention — Dernier recoursChirurgie conservatrice · Prothèse articulaire
Principe fondamental
Chaque étape doit être essayée pendant au moins 6 à 8 semaines avant d'envisager l'étape suivante. La chirurgie n'est envisagée qu'après l'échec avéré de toutes les interventions conservatrices bien conduites pendant au moins 6 mois.
Accédez aux fiches spécialisées par localisation
- Gonarthrose — GenouExercices · Scores WOMAC/Oxford/Lequesne remplissables en ligne · Injections · Chirurgie
- Arthrose de la mainRhizarthrose · Heberden · Bouchard · Auto-rééducation · Ergothérapie · Chirurgie illustrée
- Coxarthrose — HancheHarris Hip Score · HOOS · 8 exercices déchargés · PTH · Canne controlatérale
- Lombalgie & SciatiqueExercices de McKenzie · Postures · Drapeau rouge · Indications chirurgicales
Comment lire les niveaux de preuve de ces guides
| Niveau | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| A | Prouvé par plusieurs essais de bonne qualité ; recommandé par les grandes sociétés savantes (OARSI 2019, ACR 2019, NICE 2022, EULAR) |
| B | Effet modeste, études moins nombreuses ou résultats discordants ; recommandé « sous condition » |
| C | Preuves faibles ou absentes, ou risques supérieurs aux bénéfices ; non recommandé en routine |
Un niveau de preuve dit à quel point on est sûr de l'effet, pas sa taille : un traitement très bien prouvé peut avoir un effet modeste. C'est pourquoi chaque tableau donne aussi l'effet attendu.
Les autres guides de la rubrique
- Arthrose de l'épauleOmarthrose, prothèse
- Arthrose du pied, de la cheville et du gros orteilHallux rigidus, chaussures, semelles
- Canal lombaire étroitArthrose du bas du dos, douleur des jambes à la marche
- Cou et cervicalesCervicarthrose, névralgie
Les médicaments : par la bouche et en gel
Ce qui soulage vraiment, et ce qui n'est plus conseillé
Aucun médicament ne guérit l'arthrose ni ne répare le cartilage. Ils servent à passer les périodes douloureuses pour continuer à bouger. Voici ce que disent les recommandations internationales (OARSI 2019, ACR 2019 et 2026, NICE 2022, EULAR 2018 pour la main) et françaises (Société française de rhumatologie 2020 à 2025).
| Médicament | Niveau | Effet attendu | À savoir |
|---|---|---|---|
| Anti-inflammatoire en gel (diclofénac, kétoprofène) | A | Soulage le genou et la main ; environ 1 personne sur 7 à 10 a un net soulagement de plus qu'avec un gel sans médicament | À préférer aux comprimés, surtout après 65 ans. Kétoprofène : pas de soleil sur la zone (brûlures) |
| Anti-inflammatoire en comprimés (ibuprofène, naproxène, célécoxib…) | A | Effet modéré, comparable à l'exercice | Quelques jours lors d'une poussée, à la plus petite dose. Avec un protecteur de l'estomac après 65 ans. Déconseillé si maladie des reins, du cœur, ulcère ou anticoagulant |
| Paracétamol | C | Effet faible (3 points sur 100 en moyenne) | N'est plus le médicament de base : à prendre ponctuellement plutôt qu'en continu. Toxique pour le foie en cas de surdosage |
| Tramadol, codéine | C | Pas de bénéfice important | Somnolence, chutes, dépendance. Ordonnance sécurisée depuis mars 2025. Dernier recours, courte durée |
| Morphiniques forts | C | Risques supérieurs aux bénéfices | Non recommandés dans l'arthrose |
| Duloxétine (antidépresseur à visée antidouleur) | B | Effet modeste | Surtout si douleurs diffuses ou dépression associée. Sans autorisation pour l'arthrose en France : à discuter avec le médecin |
| Glucosamine, chondroïtine, insaponifiables d'avocat et de soja (anciens « anti-arthrosiques ») | C | Effet trop faible pour être perceptible (3 à 5 points sur 100) | Déremboursés depuis 2015. Fortement déconseillés par l'ACR 2026 ; la chondroïtine reste une option pour la main selon l'EULAR et la Société française de rhumatologie |
| Diacéréine | C | Effet faible | Diarrhées, atteintes du foie : usage restreint depuis 2014, déremboursée, commercialisation en cours d'arrêt |
| Colchicine, hydroxychloroquine | C | Inefficaces dans l'arthrose | Non recommandées |
| Méthotrexate | B | Modeste, seulement dans certaines arthroses de la main avec inflammation | Sur avis du rhumatologue ; non recommandé pour le genou et la hanche |
| Médicaments de l'obésité (sémaglutide) | B | En cas d'obésité : perte de poids d'environ 14 % et douleur du genou nettement diminuée (essai de 2024) | Prescrits pour l'obésité selon des conditions précises ; ce sont des traitements du poids, pas de l'arthrose |
Bien utiliser les anti-inflammatoires
- Le gel d'abord pour le genou et la main, 3 à 4 fois par jour.
- En comprimés : la plus petite dose, le moins longtemps possible, pendant la poussée seulement.
- Jamais deux anti-inflammatoires en même temps (attention à l'automédication).
- Demandez à votre médecin si vous avez une maladie des reins, du cœur, un ulcère, de l'hypertension ou si vous prenez un anticoagulant.
Les doses et les contre-indications sont détaillées dans chaque guide par localisation ; votre médecin ou votre pharmacien adapte le traitement à votre situation.
Compléments alimentaires et plantes : ce que disent les études
Curcuma, collagène, glucosamine, vitamine D, oméga-3…
En bref
Aucun complément alimentaire n'a prouvé qu'il protège le cartilage ou freine l'arthrose. Certains ont des effets modestes dans de petites études courtes, aucun à long terme. Ils coûtent cher, ne sont pas remboursés, et certains ont des effets indésirables ou des interactions avec vos médicaments.
| Complément | Ce que disent les études | Prudence |
|---|---|---|
| Glucosamine | Effet négligeable sur la douleur dans les grandes analyses ; déconseillée par les recommandations (NICE, ACR 2026) | Peut renforcer l'effet des anticoagulants de type AVK (surveillance de l'INR) ; issue de crustacés : à signaler en cas d'allergie |
| Chondroïtine | Effet trop faible pour être perçu au genou et à la hanche ; option possible pour la main (EULAR 2018, Société française de rhumatologie 2025) | Interaction possible avec les anticoagulants |
| Curcuma, curcumine | Petits essais courts : effet modeste ; aucune recommandation ne le retient | L'ANSES a recensé des hépatites (2022) ; interactions avec anticoagulants et antidiabétiques ; à éviter en cas de maladie du foie ou des voies biliaires |
| Collagène (hydrolysé, type II) | Preuves de faible qualité, effets à court terme incertains | Peu d'effets indésirables connus, coût élevé |
| Boswellia | Deux petits essais encourageants, preuves faibles | Troubles digestifs possibles |
| Harpagophytum | Preuves faibles | Déconseillé en cas d'ulcère et avec les anticoagulants |
| Oméga-3, huile de poisson | Sans effet sur la douleur de l'arthrose (grand essai VITAL) ; déconseillés par l'ACR 2026 | Utiles pour d'autres raisons de santé, via le poisson |
| Vitamine D | Sans effet sur l'arthrose dans les essais (VIDEO, VITAL) ; déconseillée par l'ACR 2026 pour l'arthrose | Utile seulement en cas de carence ou d'ostéoporose, sur avis médical |
| MSM (méthylsulfonylméthane) | Preuves faibles | Peu de données de sécurité |
| CBD, cannabis | Pas de preuve d'efficacité dans l'arthrose | Somnolence, interactions ; ne pas conduire |
Si vous en prenez quand même
- Dites-le à votre médecin et à votre pharmacien, surtout si vous prenez un anticoagulant ou un traitement pour le diabète.
- Arrêtez si vous n'avez aucune amélioration au bout de 3 mois.
- Arrêtez et consultez en cas de fatigue inhabituelle, de jaunisse ou d'urines foncées (curcuma).
Pour signaler un effet indésirable d'un complément : signalement.social-sante.gouv.fr.
Infiltrations, cures thermales et autres techniques
Ce qui marche, ce qui est inutile
| Technique | Niveau | Effet attendu | En France |
|---|---|---|---|
| Exercice, kinésithérapie active, éducation | A | Le socle du traitement, à vie | Kinésithérapie remboursée sur prescription |
| Canne du côté opposé | A | Soulage le genou et la hanche à la marche | Remboursée sur prescription |
| Infiltration de cortisone | A | Soulage 2 à 10 semaines lors d'une poussée (genou, hanche sous échographie, certains doigts) | En général pas plus de 3 par an : répétées, elles peuvent user le cartilage plus vite |
| Cure thermale | B | Genou : nette amélioration chez 1 personne sur 2 contre 1 sur 3 sans cure, à 6 mois (essai français) | Prise en charge sur prescription (forfait thermal) |
| Attelle, orthèse | B | Orthèse du pouce : efficace ; attelle de décharge du genou si un seul côté est usé | Selon l'orthèse |
| Acupuncture | C | Pas mieux qu'une fausse acupuncture dans un grand essai | Recommandations discordantes |
| Électrostimulation (TENS) | C | Pas d'effet démontré | Non recommandée (NICE, Société française de rhumatologie) |
| Semelles à coin (genou) | C | Pas d'effet démontré | Non recommandées ; des chaussures amortissantes suffisent |
| Acide hyaluronique (« viscosupplémentation ») | C | Effet trop faible pour être perçu (2 points sur 100), plus d'effets indésirables graves | Déremboursé depuis 2017 ; non recommandé (NICE, ACR 2026) |
| PRP (plasma riche en plaquettes) | C | Pas mieux qu'une injection de sérum physiologique (essai de 2021) | Fortement déconseillé (OARSI, ACR 2026) ; non remboursé |
| Cellules souches | C | Non prouvé | Seulement dans le cadre d'essais ; méfiance envers les offres payantes |
La chaleur et le froid
Sans risque et souvent utiles : la chaleur (bouillotte, bain) détend et soulage la raideur ; le froid (poche de glace entourée d'un linge, 10 à 15 minutes) calme une poussée inflammatoire.
La chirurgie (prothèse le plus souvent) se discute quand la douleur et la gêne restent importantes malgré un traitement bien suivi pendant au moins 6 mois : voir les guides par localisation.
Vivre avec l'arthrose : sport, poids, travail, sommeil
Les questions du quotidien
Quel sport puis-je faire ?
Presque tous, en adaptant. Les activités sans chocs sont idéales : marche, marche nordique, vélo, natation, aquagym, gymnastique douce, tai-chi, yoga. La course à pied de loisir n'abîme pas des articulations saines ; avec une arthrose douloureuse du genou ou de la hanche, on préfère réduire les impacts. Ce qui compte : la régularité, au moins 150 minutes par semaine en plusieurs fois, et du renforcement musculaire 2 fois par semaine.
Une douleur pendant l'exercice, c'est grave ?
Non, si elle reste modérée (moins de 5 sur 10) et disparaît dans les heures qui suivent. Si elle dure jusqu'au lendemain, on réduit l'intensité sans arrêter.
Combien de poids faut-il perdre ?
Pour le genou, chaque kilo compte : perdre au moins 5 % de son poids améliore la gêne, et autour de 10 %, associé à de l'exercice, la douleur peut baisser de moitié. Pour la hanche et la main, l'effet de la perte de poids est moins démontré, mais elle reste bonne pour la santé. Voir le guide Surpoids et obésité.
Existe-t-il un régime contre l'arthrose ?
Non : aucun aliment ne guérit ni n'aggrave l'arthrose. Une alimentation de type méditerranéen aide surtout à garder un poids de forme. Voir le guide Bien manger.
Et mon travail ?
Parlez-en au médecin du travail : aménagement du poste, outils, pauses, mi-temps thérapeutique. L'arthrose figure rarement dans les tableaux de maladies professionnelles ; une reconnaissance reste possible dans certains cas, à étudier avec votre médecin. Voir le guide Santé au travail.
Je dors mal à cause de la douleur.
Le sommeil et la douleur sont liés : un oreiller entre les genoux, la chaleur le soir, des horaires réguliers et l'activité dans la journée aident. Voir le guide Sommeil et insomnie.
La météo joue-t-elle ?
Beaucoup de personnes le ressentent, mais les études ne montrent pas de lien net entre la pluie, le froid et la douleur. La chaleur locale soulage souvent la raideur ; le froid calme les poussées.
Canne, genouillère, chaussures ?
Une canne tenue du côté opposé à la hanche ou au genou douloureux soulage nettement l'articulation (recommandation forte). Des chaussures confortables à semelle amortissante aident. Les genouillères et orthèses ont un intérêt au cas par cas ; les semelles « à coin » pour le genou ne sont plus recommandées.
Les cinq réflexes
- Bouger tous les jours, même un peu.
- Renforcer les muscles autour de l'articulation 2 à 3 fois par semaine.
- Perdre du poids si le genou est touché et que vous êtes en surpoids.
- Fractionner les efforts : alterner activité et pauses.
- Consulter en cas de poussée qui ne se calme pas, ou de signe d'alerte.
Choisissez votre localisation
Genou, main, dos, hanche, cou
Où se loge l'arthrose
Cliquez sur la zone douloureuse pour accéder à la fiche spécialisée avec exercices, traitements et outils de suivi.
Lombalgie chronique & Sciatique — Fiche disponible
Exercices de McKenzie, stabilisation lombaire, traitement de la douleur chronique, urgences neurologiques.
Plus rarement : le coude (souvent après un traumatisme ou chez les travailleurs manuels) et le poignet. Votre médecin traitant peut vous orienter.
Votre équipe soignante
Les professionnels impliqués et leur rôle
La prise en charge de l'arthrose est pluridisciplinaire. Voici les professionnels impliqués et leur rôle.
Dr Jonathan Favre — Médecin généraliste
Maison de Santé du Triolo · Villeneuve d'Ascq (Nord) · Consultation sur rendez-vous
Suivi de l'arthrose, médecine du sport, maladies chroniques
Ressources recommandées
Sites de référence
- Haute Autorité de SantéGuides et recommandations officiels
- AFLARAssociation française lutte anti-rhumatismale
- ANFETrouver un ergothérapeute près de chez vous
- Cures thermalesRemboursées sur prescription médicale
- L'arthrose : comprendre et se soignerAssurance maladie (ameli.fr)
- Fiches patients de la Société française de rhumatologieSociété française de rhumatologie
Recommandations OARSI 2019 · ACR 2019 et résumé 2026 · NICE 2022 · EULAR 2018 (main) · Société française de rhumatologie 2020-2025 · revues Cochrane ; contenu vérifié en octobre 2026 — Documents d'information patients — Ne remplacent pas la consultation médicale.
Une question sur votre arthrose ? Parlez-en à votre médecin traitant.