L'essentiel en 5 points
- Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement : ce n'est ni un manque de volonté, ni un manque d'intelligence. On parle de trouble seulement quand les difficultés sont importantes, présentes depuis longtemps et dans plusieurs endroits de la vie.
- L'auto-évaluation (questionnaire ASRS v1.1 de l'OMS, pour les adultes) est un repérage : elle ne pose pas de diagnostic. Seul un médecin spécialiste peut poser un diagnostic de TDAH.
- Le point de départ est votre médecin traitant : premier repérage, recherche d'autres causes, lettre d'orientation vers un psychiatre, un pédiatre ou un neurologue.
- Accompagner d'abord : psychoéducation, TCC, guidance parentale, aménagements. Un médicament n'est proposé que si l'accompagnement ne suffit pas, avec une surveillance régulière.
- En cas de détresse, d'idées noires ou de pensées suicidaires : appelez le 3114 (gratuit, 24h/24) ou le 15.
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Le TDAH, expliqué simplement
Comprendre
Cette page est un outil d'information et de repérage. Elle ne remplace pas une consultation. Seul un médecin spécialiste peut poser un diagnostic de TDAH.
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement fréquent. Cette page vous aide à reconnaître les signes, à réaliser un test validé, et à trouver de l'aide autour de Villeneuve d'Ascq.
Le TDAH veut dire « trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité ». C'est une façon différente de fonctionner du cerveau, présente depuis l'enfance. Ce n'est ni un manque de volonté, ni un manque d'intelligence, ni « mal élevé ».
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement : le cerveau se développe et fonctionne un peu différemment, surtout pour tout ce qui touche à l'attention, au fait de rester tranquille, et au contrôle des impulsions (agir sans réfléchir). Il commence dans l'enfance et peut continuer à l'âge adulte.
Il touche environ 5 % des enfants et persiste chez environ 2 adultes sur 3 qui l'avaient enfant. Beaucoup d'adultes n'ont jamais été diagnostiqués et l'apprennent tard, souvent à l'occasion d'autres difficultés (anxiété, sommeil, épuisement au travail).
On parle de trouble seulement quand ces difficultés sont importantes, présentes depuis longtemps et dans plusieurs endroits de la vie (maison, école ou travail, relations), au point de gêner le quotidien. Tout le monde est parfois distrait ou impatient : cela ne suffit pas pour parler de TDAH.
Références : HAS, Recommandation TDAH enfant et adolescent, 2024. | American Psychiatric Association, DSM-5-TR, 2022. | Kooij JJS et al. Updated European Consensus Statement on adult ADHD. Eur Psychiatry 2019.
Les grands signes
L'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité
Le TDAH s'exprime dans deux grands domaines. Une personne peut avoir surtout l'un, surtout l'autre, ou les deux (« forme combinée »).
L'inattention (difficulté à rester concentré)
- Du mal à rester concentré sur une tâche longue ou peu intéressante ; l'esprit « part ailleurs ».
- Des oublis fréquents : rendez-vous, clés, papiers, ce qu'on venait faire dans une pièce.
- Du mal à s'organiser, à finir ce qu'on a commencé, à respecter les délais.
- On perd ou on cherche souvent ses affaires ; on se laisse facilement distraire par le bruit ou une notification.
- On repousse (« procrastine ») ce qui demande un effort de réflexion.
L'hyperactivité et l'impulsivité (difficulté à se poser / à attendre)
- Besoin de bouger, gigoter, se lever ; sensation d'être « poussé par un moteur ».
- Difficulté à rester assis ou tranquille longtemps ; une agitation intérieure chez l'adulte.
- Du mal à attendre son tour ; on coupe la parole, on finit les phrases des autres.
- On agit ou on parle avant d'avoir réfléchi ; décisions ou achats impulsifs.
- On parle beaucoup ; du mal à se détendre pendant les temps libres.
Beaucoup de personnes avec un TDAH ont aussi des émotions vives et changeantes, une grande sensibilité au rejet, et de belles qualités : créativité, énergie, capacité à se passionner (« hyperfocus »), spontanéité.
Le TDAH chez l'adulte et chez l'enfant
Chez l'adulte · Chez l'enfant
Le TDAH chez l'adulte
Avec l'âge, l'agitation visible diminue souvent, mais l'inattention et l'impulsivité restent. Chez l'adulte, cela ressemble plutôt à : oublis et retards, dossiers non finis, difficulté à gérer le temps et l'argent, sentiment de « courir après sa vie », fatigue mentale, tensions dans le couple ou au travail.
Le diagnostic chez l'adulte se fait souvent à cause d'un autre problème (anxiété, humeur, sommeil, addictions). Le questionnaire de la page « Auto-évaluation » est justement conçu pour les adultes (18 ans et plus).
Le TDAH chez l'enfant
Chez l'enfant, on remarque souvent : difficultés scolaires malgré des capacités, agitation, oublis, devoirs interminables, difficulté à suivre les consignes, disputes fréquentes, faible tolérance à la frustration.
Pour un enfant, il n'existe pas d'« auto-test » fiable. L'évaluation repose sur des questionnaires remplis par les parents et l'enseignant et sur un examen par un professionnel. Si vous avez un doute pour votre enfant, parlez-en d'abord à votre médecin traitant ou au médecin scolaire.
Les troubles souvent associés
Le TDAH vient rarement seul
Le TDAH vient rarement seul. Repérer et traiter ce qui l'accompagne fait partie de la prise en charge. On retrouve fréquemment :
| Domaine | Ce qu'on retrouve souvent |
|---|---|
| Émotions / humeur | Anxiété, épisodes dépressifs, grande sensibilité au rejet. |
| Apprentissages | Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie (les « dys »). |
| Sommeil | Endormissement tardif, sommeil peu réparateur. |
| Comportements | Addictions (écrans, tabac, alcool, autres), conduites à risque. |
| Neurodéveloppement | Traits ou trouble du spectre de l'autisme, tics. |
Quelques idées reçues
Vrai ou faux ?
« Le TDAH n'existe pas / c'est une invention. »
Faux. C'est un trouble reconnu, très étudié, avec une base biologique et génétique forte, et des recommandations officielles (HAS, OMS, consensus européen).
« C'est juste un manque de volonté ou d'éducation. »
Faux. La personne fait souvent beaucoup d'efforts. Le problème n'est pas de « vouloir », mais de réguler l'attention et les impulsions.
« Les médicaments rendent dépendant / transforment la personne. »
Quand ils sont indiqués et bien suivis, les traitements sont encadrés et surveillés. Ils ne sont jamais donnés seuls : l'accompagnement passe en premier. Voir la page « Traitements ».
« Ça ne concerne que les petits garçons agités. »
Faux. Les filles et les femmes sont souvent sous-diagnostiquées car elles ont plus souvent la forme « inattentive », plus discrète. Le TDAH concerne aussi les adultes.
Mon auto-évaluation TDAH (adulte)
Questionnaire ASRS v1.1 (Organisation mondiale de la Santé)
En 3 étapes et environ 5 minutes : je repère les signes, je réponds au questionnaire validé de l'OMS, j'obtiens mon niveau de suspicion et la conduite à tenir. Je peux enregistrer le résultat et le télécharger en PDF pour mon médecin.
Confidentiel. Vos réponses restent uniquement sur votre appareil (dans la mémoire du navigateur). Elles ne sont envoyées à personne. Ce test ne pose pas de diagnostic : il aide seulement à décider s'il est utile de consulter.
Mon auto-évaluation TDAH (adulte)
Questionnaire de repérage en 4 étapes (signes, ASRS v1.1 de l'OMS, retentissement, résultat) avec conduite à tenir et PDF pour le médecin.
Cochez les phrases qui décrivent bien votre fonctionnement habituel, depuis longtemps (pas seulement une période difficile).
Pour chaque situation, indiquez à quelle fréquence cela vous arrive depuis 6 mois. Les 6 premières questions sont les plus importantes ; les suivantes complètent le tableau.
Le TDAH n'est retenu que si les difficultés durent depuis longtemps et gênent réellement la vie. Merci de répondre :
Mes évaluations enregistrées
Retrouvez ici vos tests précédents pour suivre l'évolution. Vous pouvez tout télécharger en PDF pour votre médecin.
Mes évaluations enregistrées
Liste des tests enregistrés sur l'appareil, export de l'historique détaillé en PDF et effacement.
Comment ce test fonctionne-t-il ?
Le questionnaire utilisé est l'ASRS v1.1 (Adult ADHD Self-Report Scale), mis au point avec l'Organisation mondiale de la Santé. Ses 6 premières questions sont les plus prédictives : lorsqu'au moins 4 réponses tombent dans les cases « à risque », le dépistage est considéré comme positif et justifie un avis médical.
Ce test a une très bonne capacité à écarter le TDAH quand il est négatif, mais un résultat positif ne signifie pas que vous avez un TDAH : d'autres causes (fatigue, stress, sommeil, anxiété, dépression, thyroïde…) donnent des symptômes proches. Seul un professionnel peut faire la part des choses.
Références : Kessler RC et al. Psychol Med 2005;35:245-256 (ASRS). | ASRS v1.1 © 2003 Organisation mondiale de la Santé — reproductible à des fins de repérage clinique. | HAS 2024. | Kooij JJS et al. Eur Psychiatry 2019.
Avertissement médical. Les informations et l'auto-évaluation proposées ici ne constituent ni un diagnostic ni une prescription. Seul un médecin peut établir un diagnostic de TDAH et décider d'un traitement.
Données personnelles. L'auto-évaluation et l'historique sont stockés uniquement dans votre navigateur (localStorage) et ne sont transmis à personne. La bibliothèque jsPDF, utilisée pour créer les PDF, est chargée depuis le service public CDNJS. Conformément au RGPD, vous disposez de droits sur vos données (accès, rectification, effacement) : contactez la Maison de Santé du Triolo ; réclamation possible auprès de la CNIL (cnil.fr).
S'organiser, se concentrer, ne plus oublier
Conseils
S'aider au quotidien avec un TDAH
Voici une boîte à outils complète. Personne n'applique tout : choisissez 1 ou 2 idées, testez-les 2 semaines, gardez ce qui marche. Le principe général : sortir les choses de sa tête (les écrire, les afficher, les programmer) et rendre l'environnement plus facile.
S'organiser & gérer le temps
Rendre le temps et les tâches visibles
- Utilisez un agenda unique (papier ou numérique) pour tout : RDV, tâches, idées. Un seul endroit, jamais deux.
- Rendez le temps concret : minuteur visible, sablier, appli type « time timer ». Le TDAH perçoit mal le temps qui passe.
- Blocs de temps : réservez des créneaux dans l'agenda pour une tâche précise, comme un rendez-vous avec vous-même.
- Règle des 2 minutes : si une tâche prend moins de 2 minutes, faites-la tout de suite.
- Programmez des alarmes et rappels pour les échéances et les transitions (« dans 10 min, on part »).
Découper, prioriser, commencer
- Découpez chaque gros projet en toutes petites étapes concrètes (« ouvrir le document », pas « faire le dossier »).
- Choisissez 1 à 3 priorités par jour, pas plus. Notez « la tâche importante du jour ».
- Luttez contre la procrastination avec la méthode Pomodoro : 25 min de travail, 5 min de pause.
- Commencez par le plus petit pas possible : « juste 5 minutes ». Le plus dur est de démarrer.
- Utilisez une « to-do » courte et visible, et savourez le plaisir de barrer ce qui est fait.
Automatiser et alléger
- Installez des routines fixes (matin, soir) : les gestes automatiques demandent moins d'attention.
- Créez un « point de dépôt » unique près de la porte pour clés, portefeuille, badge.
- Automatisez ce qui peut l'être : prélèvements, renouvellements, listes de courses types.
- Rangez « une place pour chaque chose » et désencombrez : moins d'objets = moins de distractions.
Se concentrer & aller au bout
Aménager l'environnement
- Supprimez les distractions : téléphone en mode avion ou dans une autre pièce, notifications coupées.
- Isolez le bruit : casque anti-bruit, bouchons, ou bruit blanc/musique sans paroles.
- Un bureau dégagé : seul le nécessaire de la tâche en cours est visible.
Soutenir l'attention
- Travaillez par sessions courtes avec pauses (Pomodoro). L'attention TDAH tient mieux sur de courtes durées.
- Bougez un peu : balle anti-stress, gomme à mâcher, marcher en réfléchissant, travailler debout.
- Rendez la tâche plus stimulante : défis chronométrés, gamification, changer de lieu.
- Body doubling : travaillez à côté de quelqu'un (même en visio) ; la présence aide à rester sur la tâche.
- Notez sur un papier « distractions » les idées qui surgissent, pour y revenir plus tard sans quitter la tâche.
Mémoire & lutter contre les oublis
Externaliser sa mémoire
- Écrivez tout, ne comptez jamais sur votre mémoire : notes, listes, rappels vocaux.
- Utilisez les rappels du téléphone avec heure ET lieu (« acheter du pain en sortant du travail »).
- Placez des indices visuels : post-it sur la porte, objet devant l'entrée pour ne pas l'oublier.
- Créez des check-lists pour les routines à étapes (partir en voyage, fermer la maison).
Mieux mémoriser
- Répétez à voix haute ou reformulez ce qu'on vous dit pour l'ancrer.
- Associez une nouvelle info à une image, un lieu ou une histoire (moyens mnémotechniques).
- Faites une chose à la fois : le multitâche multiplie les oublis.
Émotions, sommeil et activité physique
Conseils
Émotions & impulsivité
Gérer l'intensité émotionnelle
- Apprenez à repérer les signaux corporels (chaleur, tension) qui annoncent la montée émotionnelle.
- Utilisez la respiration lente (inspirez 4 s, expirez 6 s) pour faire redescendre la tension.
- Faites une pause avant de répondre à chaud : « je te réponds dans 5 minutes ».
- Nommez l'émotion (« je suis frustré ») : mettre des mots réduit son intensité.
Freiner l'impulsivité
- Règle des 24 heures pour les décisions et achats importants : on attend avant d'agir.
- Pour les achats impulsifs : panier « en attente », supprimez les cartes enregistrées, budget en liquide.
- Avant de parler, comptez jusqu'à 3 : cela laisse le temps de choisir sa réponse.
- En cas de forte sensibilité au rejet, vérifiez les faits avant de conclure au pire.
Mieux dormir
Un rythme régulier
- Couchez-vous et levez-vous à heures régulières, même le week-end.
- Instaurez un rituel du soir apaisant et répété (lumière tamisée, lecture, douche).
- Coupez les écrans 1 h avant le coucher : la lumière bleue et la stimulation retardent l'endormissement.
Calmer le mental
- Si les pensées défilent, videz-vous la tête sur papier avant de dormir (to-do du lendemain).
- Évitez café, thé, énergisants l'après-midi, et l'alcool le soir (fragmente le sommeil).
- Mélatonine possible en cas d'endormissement difficile, mais toujours sur avis médical.
- Réservez le lit au sommeil ; si vous ne dormez pas après 20-30 min, levez-vous et faites une activité calme.
Le corps : bouger & bien manger
Bouger : un vrai levier
- L'activité physique régulière améliore l'attention, l'humeur et le sommeil : c'est un des leviers les mieux démontrés.
- Visez 30 min la plupart des jours ; même une marche rapide compte. Choisissez une activité qui vous plaît pour tenir dans la durée.
- Les sports rythmés ou avec du plaisir (course, vélo, danse, arts martiaux, sports collectifs) conviennent souvent bien.
- Bouger le matin peut aider à lancer la journée et à canaliser l'énergie.
Bien manger, sans régime miracle
- Mangez à heures régulières. Sauter des repas fait chuter la concentration et augmente l'impulsivité.
- Privilégiez des repas équilibrés (protéines, fibres, féculents complets) qui évitent les coups de fatigue.
- Limitez sucres rapides et grignotages qui donnent des pics puis des baisses d'énergie.
- Les compléments (oméga-3, fer, magnésium…) ne remplacent pas un traitement ; une carence en fer avérée doit être corrigée, sur avis médical.
- Attention à la caféine : trop peut aggraver anxiété et sommeil.
Travail, études et relations
Conseils
Au travail & dans les études
Organiser son poste et sa journée
- Négociez si possible un environnement calme ou un casque ; traitez les tâches complexes aux heures où vous êtes le plus efficace.
- Découpez les gros dossiers, fixez des micro-échéances et utilisez des minuteurs.
- Regroupez les tâches similaires (batching) et traitez les mails à heures fixes plutôt qu'en continu.
- Faites de courtes pauses actives pour recharger l'attention.
Études : apprendre autrement
- Apprentissage actif : reformuler, s'auto-questionner, fabriquer des fiches, expliquer à voix haute.
- Alternez courtes sessions et pauses ; variez les matières pour rester stimulé.
- Renseignez-vous sur les aménagements (temps majoré aux examens, preneur de notes, PAP/PPS) auprès de l'établissement ou du médecin.
Relations, couple & entourage
Communiquer et se faire comprendre
- Expliquez le TDAH à vos proches : beaucoup de tensions viennent d'une incompréhension (« il/elle ne fait pas exprès »).
- Dans une conversation, laissez l'autre finir ; reformulez pour vérifier que vous avez bien écouté.
- Convenez de signaux avec le conjoint (un mot, un geste) pour signaler sans conflit une coupure de parole ou une montée de tension.
Partager la charge et l'entraide
- Répartissez les tâches selon les forces de chacun, et rendez-les visibles (tableau partagé, rappels communs).
- Évitez les reproches sur les oublis ; misez sur des systèmes (rappels, listes) plutôt que sur la volonté.
- Rejoindre un groupe de pairs ou une association aide à se sentir compris et à échanger des astuces.
Les aides psychologiques qui ont fait leurs preuves
Conseils
Les approches qui ont fait leurs preuves
- Psychoéducation : comprendre son fonctionnement est la base, pour soi et son entourage.
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : la mieux validée chez l'adulte pour l'organisation, la procrastination, les émotions et l'estime de soi.
- Remédiation cognitive et coaching TDAH : entraînement concret des fonctions d'organisation et de planification.
- Pleine conscience (mindfulness) : aide à l'attention et à la régulation émotionnelle, en complément.
Prendre soin de son moral
- Le TDAH s'accompagne souvent d'anxiété ou de baisse de moral : ils se soignent, n'hésitez pas à en parler.
- Pratiquez l'auto-compassion : remplacez l'autocritique dure par un discours intérieur plus juste et bienveillant.
- Appuyez-vous sur vos forces (créativité, énergie, spontanéité, capacité d'hyperfocus) : le TDAH n'est pas que des difficultés.
En cas de détresse ou d'idées noires, parlez-en sans attendre à un professionnel, ou appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24).
- 3114numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24
Références : HAS 2024. | NICE guideline NG87, ADHD (mise à jour). | Kooij JJS et al. Eur Psychiatry 2019. | Young S, Bramham J, thérapies cognitivo-comportementales du TDAH adulte. | Programmes de guidance parentale (Barkley).
Se soigner : ce que disent les recommandations
Le principe : accompagner d'abord
Il n'y a pas un seul « bon » traitement, mais une prise en charge sur mesure, décidée avec vous. Les informations ci-dessous concernent la France et sont à jour des recommandations et des médicaments disponibles.
Le principe : accompagner d'abord
La base du traitement est non médicamenteuse : comprendre son fonctionnement (psychoéducation), mettre en place des stratégies concrètes, être accompagné psychologiquement, adapter l'école ou le travail. Voir la page « Conseils ».
Un médicament n'est proposé que si l'accompagnement ne suffit pas et que la gêne reste importante. Il ne remplace jamais l'accompagnement : il aide seulement à mieux en profiter. La décision est toujours partagée.
Sans médicament — la première intention
Psychoéducation
Apprendre ce qu'est le TDAH, comment il agit sur soi, et quels leviers existent. C'est la toute première étape, pour l'enfant, l'adulte, la famille et l'entourage. Elle change déjà beaucoup la vie quotidienne.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
Chez l'adulte, c'est l'approche psychologique la mieux validée : on travaille l'organisation, la gestion du temps, la procrastination, les pensées négatives et les émotions. Souvent en quelques mois.
Guidance parentale (enfant)
Des programmes aident les parents à installer des routines, des consignes claires et des encouragements efficaces. C'est recommandé en premier chez le jeune enfant.
Rééducations & aménagements
Selon les besoins : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, remédiation cognitive, et aménagements scolaires (PAP, PPS) ou professionnels.
Autres soutiens utiles
Activité physique régulière, sommeil de qualité, méditation de pleine conscience, coaching TDAH, groupes de pairs. Ils complètent utilement la prise en charge.
Les médicaments disponibles en France
Toujours associés à l'accompagnement
Quand un médicament est nécessaire, voici les options réellement disponibles en France en 2026. Elles sont toujours associées à l'accompagnement.
- 1re intentionMéthylphénidateNoms : Ritaline, Ritaline LP, Concerta LP, Quasym LP, Medikinet LM (et génériques). C'est le seul médicament du TDAH avec autorisation complète et remboursement en France, et le traitement médicamenteux de référence dès 6 ans.
Comment ça marche : il augmente l'attention et réduit l'agitation et l'impulsivité. Il existe en formes courtes ou prolongées (une prise le matin). La dose est augmentée petit à petit jusqu'à trouver le bon équilibre.
Effets possibles : baisse d'appétit, difficultés d'endormissement, maux de tête, accélération du cœur, hausse de la tension. D'où une surveillance régulière. - 2e intentionLisdexamfétamine (Xurta, anciennement Elvanse / Elvanse Adult)Proposée surtout en cas d'échec ou de mauvaise tolérance du méthylphénidate. Chez l'adulte, elle n'est mise en route que si le TDAH existait déjà dans l'enfance.
Ses règles de prescription et de surveillance (cœur, tension, psychisme) sont aussi strictes que celles du méthylphénidate. - Cas particulierAtomoxétine (Strattera)Ce n'est pas un psychostimulant. En France, elle n'est pas commercialisée normalement : elle n'est accessible que par une autorisation particulière (accès compassionnel), à l'initiative d'un spécialiste, dans des situations précises (par exemple intolérance aux stimulants ou risque d'addiction).
- Non dispo. en FranceGuanfacine, clonidine, Adderall…La guanfacine (Intuniv) et la clonidine ne sont pas commercialisées en France pour le TDAH. L'Adderall (amphétamine) n'y est pas disponible non plus. Méfiez-vous des achats sur Internet : produits dangereux, dosages faux, illégaux.
- SommeilMélatonineEn cas de difficultés d'endormissement associées, la mélatonine (à libération immédiate) peut être utilisée, après avoir d'abord essayé les mesures sur le sommeil.
Les compléments (oméga-3, fer, magnésium, zinc) ne remplacent pas un traitement. Une carence en fer peut aggraver les symptômes et mérite d'être recherchée et corrigée : parlez-en à votre médecin.
Références : VIDAL Recos TDAH, mise à jour 12/2025. | ANSM, tableau d'accès dérogatoire (atomoxétine), 2026. | HAS, avis de la Commission de la transparence (Concerta), 2023. | HAS 2024.
Qui prescrit, et comment surveiller ?
Qui peut prescrire · La surveillance
Qui peut prescrire, et comment ?
| Étape | Qui |
|---|---|
| Poser le diagnostic & démarrer le médicament (1re fois dans l'année) | Un médecin spécialiste : psychiatre, pédiatre, ou neurologue (en ville ou à l'hôpital). |
| Renouvellement une fois par an | Un de ces spécialistes. |
| Renouvellements tous les mois | Tout médecin, dont votre médecin traitant (qui peut aussi ajuster la dose). |
Ces médicaments sont des stupéfiants : ordonnance sécurisée, pour 28 jours maximum, à retirer dans la pharmacie de votre choix indiquée sur l'ordonnance.
La surveillance
Avant de commencer : évaluation du cœur et de la tension. Ensuite : mesure du poids/taille (chez l'enfant), du pouls et de la tension à chaque changement de dose, puis au moins tous les 6 mois. On réévalue régulièrement l'utilité du traitement, avec parfois des périodes d'arrêt (par exemple pendant les vacances) pour vérifier s'il est encore nécessaire.
Références : HAS 2024 ; règles de prescription du méthylphénidate (ANSM ; TDAH-France, 2025) ; VIDAL 12/2025.
Vers qui se tourner près de chez vous
Trouver de l'aide
Le point de départ est votre médecin traitant, qui vous orientera. Voici aussi des psychiatres et structures de la métropole lilloise qui évaluent et accompagnent le TDAH.
Par où commencer ?
- 1.Mon médecin traitantIl fait un premier repérage, recherche d'autres causes possibles, et rédige une lettre d'orientation vers le bon spécialiste. C'est aussi lui qui pourra assurer les renouvellements mensuels d'un éventuel traitement.
- 2.Un spécialiste (psychiatre, pédiatre, neurologue)C'est lui qui confirme (ou non) le diagnostic et démarre un éventuel traitement. Les délais peuvent être longs : n'hésitez pas à contacter plusieurs praticiens et à demander à être sur liste d'attente.
- 3.Un psychologuePour l'accompagnement (TCC, remédiation, guidance). Certains psychologues sont partiellement remboursés via le dispositif « Mon soutien psy », en accès direct ou sur orientation médicale.
Psychiatres évaluant le TDAH — métropole lilloise
Coordonnées vérifiées en juillet 2026 (annuaire santé Ameli / Doctolib). Elles peuvent évoluer, et certains praticiens sont parfois complets : vérifiez la disponibilité au moment de contacter. La plupart sont conventionnés en secteur 2 (dépassements d'honoraires possibles).
| Nom | Adresse | Téléphone | Secteur | RPPS | À savoir |
|---|---|---|---|---|---|
| Dr Isabelle Banckaert-Milhavet Psychiatre | 324 rue de Menin, 59700 Marcq-en-Barœul | — | 2 | 10100290898 | Psychiatre libérale de la métropole lilloise. Prise de rendez-vous conseillée via votre médecin traitant ou Doctolib. |
| Dr Vincent Lemahieu Psychiatre & addictologue | 12 rue de Cannes, 59000 Lille | 06 56 68 31 44 | 2 | 10101463551 | Propose explicitement le diagnostic du TDA/TDAH. N'accepte pas de nouveaux patients actuellement : à recontacter ultérieurement ou à défaut choisir un autre praticien. |
| Dr Sophie Delille — Cabinet Psy Liberté Psychiatre (cabinet de groupe, bilan TDAH) | 25 boulevard de la Liberté, 59800 Lille | — | 2 | — | Cabinet de groupe (5 psychiatres) proposant un bilan TDAH et un accompagnement par thérapie cognitivo-comportementale. Prise de rendez-vous via la plateforme du cabinet. |
| Dr Maxime Dehem-Gautier Psychiatre | 35 rue de Béthune, 59800 Lille | — | 2 | 10100696748 | Formé aux thérapies cognitivo-comportementales (DU). Prise de rendez-vous via votre médecin traitant ou Doctolib. |
| Dr Dorothée Hennebelle Psychiatre | 30 boulevard du Général Leclerc, 59100 Roubaix | — | 2 | — | Propose le diagnostic du TDA/TDAH. N'accepte pas de nouveaux patients actuellement : à recontacter ultérieurement ou à défaut choisir un autre praticien. |
Prise de rendez-vous habituelle : via votre médecin traitant, Doctolib ou le secrétariat.
Centres & structures ressources
À la Maison de Santé du Triolo
Votre médecin traitant de la Maison de Santé peut réaliser le premier repérage, écarter d'autres causes, vous orienter vers le bon spécialiste et assurer le suivi. Parlez-en lors d'une consultation.
Maison de Santé du Triolo — cabinet médical, 11 rue Traversière, 59650 Villeneuve d'Ascq (centre commercial du Triolo) · Prendre rendez-vous sur Doctolib · Métro Triolo (ligne 1)
Aller plus loin
Ressources
Une fiche à imprimer, les bons interlocuteurs, et les sources scientifiques utilisées pour cette page.
Si ça ne va pas du tout
En cas de détresse, d'idées noires ou de pensées suicidaires : appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24) ou le 15. Vous n'êtes pas seul(e), une aide existe.
- 3114numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24
- 15En cas de détresse, d'idées noires ou de pensées suicidaires
Fiche d'information « Le TDAH en clair »
- Télécharger la fiche PDFUne fiche synthétique (format PDF) à télécharger, imprimer et emporter en consultation.
Associations & sites fiables
- HyperSupers — TDAH France · tdah-france.frPrincipale association de patients en France : information, entraide, annuaire de professionnels, groupes locaux.
- Haute Autorité de Santé (HAS) · has-sante.frRecommandations officielles et fiches pratiques sur le TDAH.
Centres ressources TDAH régionaux
Des centres ressources régionaux se mettent en place sous l'égide des Agences régionales de santé pour structurer le parcours. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou de l'ARS Hauts-de-France.
Sources scientifiques
- HAS. Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques chez l'enfant et l'adolescent. 2024.
- American Psychiatric Association. DSM-5-TR. 2022 (critères diagnostiques du TDAH).
- Kooij JJS et al. Updated European Consensus Statement on diagnosis and treatment of adult ADHD. Eur Psychiatry 2019;56:14-34.
- Kessler RC et al. The World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS). Psychol Med 2005;35:245-256. ASRS v1.1 © 2003 OMS.
- VIDAL. Recommandations TDAH (synthèse HAS/ANSM/sociétés savantes). Mise à jour 16/12/2025.
- ANSM. Conditions de prescription du méthylphénidate ; tableau d'accès dérogatoire (atomoxétine). 2021–2026.
- NICE. Attention deficit hyperactivity disorder: diagnosis and management (NG87).
Sources : HAS 2024, DSM-5-TR, Consensus européen (Kooij 2018), OMS (ASRS v1.1), VIDAL, ANSM
Une question sur le TDAH ? Parlez-en à votre médecin traitant de la Maison de Santé du Triolo : il peut réaliser le premier repérage, écarter d'autres causes et vous orienter. Le suivi des enfants est assuré par nos médecins généralistes.