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Dos, os & douleurs · Guide pour les patients

Lombalgie & Sciatique

Fiche d'information patient — Auto-rééducation · Traitements

9 chapitres · 14 min en tout
EBM 2024Dr Jonathan Favre — Maison de Santé du Triolo — Villeneuve d'Ascq

L'essentiel en 5 points

  1. Le mal de dos est bénin dans l'écrasante majorité des cas : 9 patients sur 10 guérissent spontanément en moins de 6 semaines.
  2. Bougez ! Le repos total est néfaste : restez actif selon la douleur, pas plus d'un à deux jours allongé.
  3. Pas d'imagerie en phase aiguë sans signe d'alarme : les anomalies vues sur une radio n'expliquent pas systématiquement la douleur.
  4. La kinésithérapie active est prescrite si pas d'amélioration à 4 à 6 semaines, ou dès le début si signe de chronicisation.
  5. Appelez le 15 en cas de difficultés à uriner, perte de contrôle des selles, engourdissement entre les jambes ou paralysie d'une jambe.
Chapitre 1 sur 9

Comprendre le mal de dos

Lombalgie commune, sciatique, anatomie, idées reçues

Le message essentiel

dans l'écrasante majorité des cas, le mal de dos est bénin. 9 patients sur 10 guérissent spontanément en moins de 6 semaines. Il n'y a aucune raison d'avoir peur de bouger. Le meilleur traitement est de rester actif.

Comment le mal de dos se développe-t-il ?

  1. Contrainte mécanique ou posturale
  2. Contraction protectrice des muscles lombaires
  3. Irritation du disque, des ligaments ou des facettes
  4. Sensibilisation du système nerveux central
  5. Douleur, raideur, limitation fonctionnelle

Lombalgie commune (lumbago)

Douleur dans le bas du dos sans irradiation dans la jambe. La forme la plus fréquente (84% des Français en souffriront). Les muscles se contractent pour protéger la colonne — c'est une réaction normale, pas une blessure grave.

Durée habituelle : 3 jours à 6 semaines. 90% de guérison complète spontanée.

Lombo-radiculalgie / Sciatique

Une hernie discale ou une arthrose des facettes irrite une racine nerveuse. La douleur descend dans la fesse et la jambe, parfois jusqu'au pied, avec fourmillements ou engourdissements.

Bonne nouvelle : 80 à 90% des sciatiques guérissent sans chirurgie en 6 à 12 semaines.

Anatomie simplifiée de la colonne lombaire

Colonne lombaire vue de profil : cinq vertèbres (L1 à L5) séparées par des disques qui amortissent, puis le sacrum. Derrière passe le canal avec les racines nerveuses, qui sortent par les trous de conjugaison. Une hernie du disque L4-L5 appuie sur la racine L5, une hernie L5-S1 sur la racine S1 : c'est la sciatique.

Schéma de la colonne lombaire

  • Vertèbre L1
  • Vertèbre L2
  • Vertèbre L3
  • Vertèbre L4
  • Vertèbre L5
  • Sacrum S1
  • Hernie
  • Hernie
  • Racine L5 / S1
  • Disque
  • L4-L5
  • L5-S1
  • Hernie discale fréquente
  • Disque sain (amortisseur)

Deux types de sciatique

Sciatique L5 (hernie L4-L5)

  • Bas du dos → fesse → côté extérieur de la cuisse
  • Côté extérieur du genou → dessus du pied
  • Jusqu'au gros orteil
  • Fourmillements et engourdissements possibles

Sciatique S1 (hernie L5-S1)

  • Bas du dos → fesse → arrière de la cuisse
  • Arrière du mollet → talon
  • Jusqu'au petit orteil
  • Possible diminution du réflexe achilléen

Bon à savoir

La douleur irradiante dans la jambe est due à la pression + l'inflammation locale sur la racine nerveuse. Ce n'est pas dangereux dans 90% des cas. La hernie disparaît spontanément avec le temps (phénomène de "résorption").

Ce que le mal de dos N'EST PAS

Ce que disent les études

  • Pas lié à une fracture (sauf traumatisme fort)
  • N'indique pas une usure grave de la colonne
  • Ne signifie pas que vous devez rester allongé
  • L'imagerie n'est pas utile en phase aiguë
  • Les anomalies à la radio ne sont pas corrélées à la douleur

Chiffres clés

  • 84% des Français souffriront d'un épisode lombaire
  • 90% guérissent spontanément en 6 semaines
  • 80–90% des sciatiques guérissent sans chirurgie
  • 60% des IRM de personnes sans douleur montrent des anomalies
  • 1ère cause d'arrêt de travail avant 45 ans

Facteurs favorisants

  • Effort ou faux mouvement (port de charge)
  • Station assise ou debout prolongée
  • Sédentarité et faiblesse musculaire
  • Stress, fatigue, mauvais sommeil
  • Surpoids · Travail physique pénible
  • Peur du mouvement (kinésiophobie)
Chapitre 2 sur 9

Signes d'alarme — Drapeaux rouges et oranges

Syndrome de la queue de cheval, consultation urgente ou rapide

Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences immédiatement si vous avez l'un de ces signes — c'est une urgence chirurgicale rare mais grave.

URGENCE — Syndrome de la queue de cheval

  • Difficultés à uriner ou perte incontrôlée d'urine
  • Perte du contrôle des selles ou constipation soudaine
  • Engourdissements périnéaux (entre les jambes, autour des organes génitaux)
  • Paralysie ou faiblesse rapide et progressive d'une jambe

Consultation urgente (sous 48h)

  • Fièvre associée aux douleurs du dos
  • Perte de poids inexpliquée
  • Douleur nocturne qui réveille systématiquement
  • Traumatisme violent (chute, accident)
  • Antécédents de cancer ou corticoïdes prolongés
  • Première crise avant 20 ans ou après 55 ans sans cause évidente

Consultation rapide (sous 1 semaine)

  • Douleur qui s'aggrave progressivement malgré le traitement
  • Déficit sensitif ou moteur (pied qui tombe, pied qui manque de force)
  • Sciatique avec douleur intense (> 7/10) ne cédant pas
  • Absence d'amélioration après 4 à 6 semaines

Pas d'urgence — Consultation dans la semaine

  • Lumbago aigu sans irradiation dans la jambe
  • Sciatique sans déficit neurologique
  • Douleur améliorée par certaines positions
  • Pas de signe des drapeaux rouges ci-dessus
Chapitre 3 sur 9

Radiographie, Scanner, IRM — Quand sont-ils utiles ?

Pourquoi pas d'imagerie d'emblée, quand elle est utile, quel examen

Recommandation officielle HAS 2019/2024

Pas d'imagerie en phase aiguë sauf signe d'alarme. Cette recommandation peut paraître contre-intuitive, mais elle repose sur des preuves solides.

Pourquoi PAS d'imagerie d'emblée ?

  • Aucune corrélation systématique entre les images et la douleur
  • 60% des personnes sans douleur ont des hernies ou de "l'usure" visibles à l'IRM
  • Les anomalies vues peuvent inutilement angoisser et aggraver la douleur perçue
  • L'imagerie précoce ne change pas le traitement et n'améliore pas la guérison
  • Irradiation inutile (radio/scanner)

QUAND l'imagerie est indiquée

  • Signes d'alarme (drapeaux rouges) — immédiatement
  • Déficit moteur significatif ou aggravation neurologique
  • Absence d'amélioration après 4 à 6 semaines de traitement bien conduit
  • Avant un geste invasif prévu (infiltration épidurale ou chirurgie)
  • Lombalgie chronique (> 3 mois) avec bilan initial

Quel examen choisir ?

ExamenIndications préférentiellesAvantages / Limites
IRM lombaireExamen de référence pour les hernies, les atteintes nerveuses, les pathologies médullairesSans irradiation · Meilleure résolution des parties molles · Délai d'obtention
Scanner (TDM) lombaireContre-indication à l'IRM (pacemaker, claustrophobie) · Bilan osseux détailléIrradiation · Moins bon pour les nerfs · Rapide et accessible
Radiographie lombaireSuspicion de fracture · Pathologie structurale · Contrôle implant chirurgicalIrradiation · Peu utile pour hernies et nerfs · Faible coût
Chapitre 4 sur 9

Auto-rééducation — Exercices à domicile

Règle d'or, programme, phase 1 et phase 2, activités

Le mouvement est le meilleur traitement ! Le repos total aggrave le pronostic : fonte musculaire, raideur, anxiété. L'activité physique est le traitement principal validé par toutes les recommandations (grade A). Bougez selon la douleur, pas en l'ignorant.

Règle d'or

Aucun exercice ne doit augmenter la douleur dans la jambe (pour la sciatique) ni créer une douleur vive. Une légère tension dans le dos est normale. Arrêtez si la douleur descend davantage dans la jambe. Avant les exercices : appliquez de la chaleur 10 minutes sur le bas du dos.

Choisissez vos exercices selon votre type de douleur

Hernie discale / Sciatique aggravée en flexion

→ Privilégier les exercices en EXTENSION (méthode McKenzie : sphinx, extension debout)

La centralisation de la douleur (qui remonte vers le dos) est un signe favorable.

Canal lombaire étroit / Sciatique aggravée en extension

→ Privilégier les exercices en FLEXION (dos rond assis, marche penchée en avant)

Ces patients marchent mieux en poussant un caddie ou avec une légère antéflexion.

Programme hebdomadaire recommandé

Lun

  • Exercices

Mar

  • Marche

Mer

  • Exercices

Jeu

  • Marche

Ven

  • Exercices

Sam

  • Repos actif

Dim

  • Repos actif

Objectif marche : 30 min/jour, 150 min/semaine.

Phase 1 — Exercices de base (douleur encore présente)

1. Respiration abdominale

Illustration : Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat, les deux mains posées sur le ventre qui se gonfle

10 respirations · 2–3×/jour

Comment faire : Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat. Inspirez lentement en gonflant le ventre (pas la poitrine). Soufflez lentement.

Bénéfice : Relâche les muscles paravertébraux et active les muscles profonds stabilisateurs.

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2. Bascule de bassin (Pelvic Tilt)

Illustration : Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat, bras le long du corps, le bas du dos plaqué contre le sol

10 rép. × 2 séries · 2×/jour

Comment faire : Allongé sur le dos, genoux fléchis. Contractez les abdominaux et les fessiers pour écraser le bas du dos contre le sol. Tenez 5 sec, relâchez.

Bénéfice : Renforce les abdominaux profonds, soulage la tension lombaire.

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3. Genou-poitrine (Knee-to-Chest)

Illustration : Allongé sur le dos, un genou ramené vers la poitrine et tenu à deux mains, l’autre jambe tendue au sol

3 × 30 sec par côté · 2×/jour

Comment faire : Allongé sur le dos. Ramenez UN genou vers la poitrine avec les deux mains. Tenez 30 sec. Changez de côté. Puis les deux genoux ensemble.

Attention sciatique : si cette position aggrave la douleur dans la jambe, essayez l'exercice McKenzie à la place.

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4. Sphinx / Extension (McKenzie)

Illustration : Allongé sur le ventre, en appui sur les avant-bras, le buste relevé, les hanches restent au sol

5 × 10 sec puis 10 rép. · 3–4×/jour

Comment faire : Allongé sur le ventre, mains sous les épaules. Poussez pour relever le haut du corps, les hanches restent au sol. Commencez par le sphinx (avant-bras).

Signe favorable : la sciatique doit diminuer ou remonter vers le dos (centralisation).

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Phase 2 — Renforcement (douleur nettement diminuée)

5. Pont fessier (Glute Bridge)

Illustration : Allongé sur le dos, pieds à plat, hanches soulevées : épaules, hanches et genoux alignés

10 × 5 sec × 3 séries · 2×/jour

Comment faire : Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat. Contractez les fessiers et poussez les hanches vers le plafond. Corps en ligne droite genoux-épaules. Tenez 5 sec, redescendez lentement.

Bénéfice : Renforce fessiers et ischio-jambiers qui soutiennent le bassin.

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6. Gainage ventral (Planche sur genoux)

Illustration : En appui sur les avant-bras et les genoux, le corps en ligne droite de la tête aux genoux

3 × 20 sec (genoux) · 2×/jour

Comment faire : Avant-bras et genoux au sol. Corps en ligne droite de la tête aux genoux. Contractez le ventre sans retenir la respiration. Progressez vers la planche sur les pieds.

Bénéfice : Renforce le transverse, muscle stabilisateur profond de la colonne.

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7. Oiseau-chien (Bird-Dog)

Illustration : À quatre pattes, dos plat, un bras tendu vers l’avant et la jambe opposée tendue vers l’arrière, à l’horizontale

10 × 5 sec par côté · 2×/jour

Comment faire : À quatre pattes, dos plat. Tendez simultanément le bras droit et la jambe gauche (horizontaux). Tenez 5 sec, revenez. Changez de côté.

Bénéfice : Stabilisation de la colonne, coordination et équilibre musculaire.

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8. Marche active quotidienne

30 min/jour · 5×/semaine · 150 min/sem

La marche rapide reste LE meilleur exercice pour le dos. Elle active les muscles stabilisateurs, améliore la circulation et libère des endorphines.

Commencez par 10 min et augmentez progressivement. Terrain plat de préférence.

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Activités sportives recommandées selon la situation

SituationActivités conseilléesÀ éviter / Précaution
Lumbago aigu (0–6 sem.)Marche dès le 1er jour · Chaleur locale · Reprise progressive des activités quotidiennesRepos allongé > 1–2 jours · Arrêt total de l'activité
Sciatique / HernieMarche douce terrain plat · Natation (crawl ou dos) · Vélo plat ou elliptiqueStation assise prolongée · Brasse (extension exagérée) · Charges lourdes
Lombalgie chronique (> 3 mois)Yoga · Pilates · Taï-chi · Marche rapide · Natation · Renforcement musculaire progressifSports à fort impact si pas de conditionnement · Arrêt d'activité total
Canal lombaire étroitVélo (position légèrement penchée) · Natation · Marche avec légère antéflexionMarche prolongée en hyperextension · Station debout immobile

Ne faites pas les exercices de renforcement (phase 2) en phase aiguë douloureuse. En cas de lombalgie très intense ou de sciatique sévère, consultez avant de commencer les exercices de renforcement.

Chapitre 5 sur 9

Traitements — Niveau de preuve

Non médicamenteux, médicaments, infiltrations, chirurgie

Traitements non médicamenteux — Priorité absolue

TraitementNiveau de preuveIndicationNotes
Exercice physique actifA1re ligne pour toutes les formes, en particulier la lombalgie chroniqueObjectif 150 min/sem. Toutes formes d'exercice bénéfiques
Kinésithérapie activeALombalgie chronique · Sciatique ne s'améliorant pas à 4–6 sem.Exercices + éducation thérapeutique = supérieur aux soins passifs seuls
Chaleur localeBLumbago aigu, raideur matinaleBouillotte 10–20 min · Soulage les contractures musculaires
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)ALombalgie chronique avec composante psychologiqueRéduit la kinésiophobie · Séances chez un psychologue partenaire remboursables avec « Mon soutien psy » en cas d'anxiété ou de dépression d'intensité légère à modérée (12 séances par an, sans ordonnance)
Ostéopathie / Manipulation vertébraleBLumbago aigu et sub-aigu (< 6 sem.) · Lombalgie chronique en complémentAussi efficace que la kinésithérapie à court terme (HAS 2019). CI si drapeaux rouges.
AcupunctureBLombalgie chronique en complémentBénéfice modeste mais réel sur la douleur et la fonctionnalité
Balnéothérapie / Cure thermaleBLombalgie chroniqueRemboursée sur prescription. Effet prolongé à 6 mois.

Traitements médicamenteux

MédicamentPreuveIndicationPrécautions
ParacétamolBDouleur légère à modérée. Efficacité modeste dans les lombalgies récentesMax 3 g/j après 65 ans. Hépatotoxicité si surdosage.
Anti-inflammatoires (AINS) per osAPoussée aiguë, phase inflammatoire. Courte durée (< 10 j)Déconseillés si maladies rénale, cardiaque, ulcère. Protecteur gastrique après 60 ans.
Myorelaxants (méthocarbamol, thiocolchicoside)BContractures musculaires douloureuses en phase aiguë, courte duréeSomnolence · Courte durée (< 7 jours)
Antidépresseurs (duloxétine)BLombalgie chronique avec composante neuropathique ou dépressiveHors AMM pour la lombalgie seule. Prescription spécialisée.
Corticoïdes orauxBSciatique hyperalgique très invalidante, courte durée (5–7 jours)Non recommandés en routine. Hyperglycémie, troubles du sommeil.
Opioïdes forts (codéine, tramadol, morphine)CNon recommandés dans le lumbago · Exceptionnellement en lombalgie chronique réfractaireDépendance, chutes, effets cognitifs. HAS 2022 : balance bénéfice/risque défavorable.

Infiltrations

Infiltration épidurale de corticoïdes

Niveau de preuve B — Sciatique hyperalgique ne cédant pas au traitement médical bien conduit. Geste réalisé par un rhumatologue ou un radiologue interventionnel sous contrôle scanner.

Efficacité à court terme (4–8 semaines) sur la douleur radiculaire. Pas d'effet démontré sur l'évolution à long terme.

Infiltration facettaire / foraminale

Niveau de preuve B — Arthrose des facettes articulaires lombaires (spondylarthrose). Douleur mécanique postérieure. Guidage radiologique indispensable.

Bénéfice variable selon les patients. Discuter en cas d'échec des traitements conservateurs.

Quand discuter la chirurgie ?

La chirurgie (discectomie, arthrodèse, décompression) est envisagée uniquement si :

  • Syndrome de la queue de cheval (urgence)
  • Déficit moteur progressif
  • Sciatique invalidante ≥ 6 semaines sans amélioration
  • Échec de 3 mois de traitement conservateur bien conduit
Chapitre 6 sur 9

Kinésithérapie — Quand, comment, pourquoi ?

Selon la durée, objectifs, ostéopathie

Lumbago aigu (0–6 semaines)

Kinésithérapie non nécessaire d'emblée. Peut être proposée si :

  • Douleur très invalidante ne répondant pas aux traitements simples
  • Difficulté à reprendre les gestes quotidiens

Si prescrite : 2 à 6 séances maximum, à visée antalgique et éducative.

Lombo-sciatique ou risque de chronicisation

Début de kinésithérapie : après 4 semaines sans amélioration suffisante, ou dès le début si signes de chronicisation.

  • 8 à 15 séances, 2–3 fois par semaine
  • Exercices actifs, rééducation posturale, renforcement, éducation

Lombalgie chronique (> 3 mois)

Kinésithérapie indispensable, initiée dès le diagnostic.

  • Programme actif : 15 à 30 séances max sur 12 mois
  • Approche biopsychosociale : exercices + éducation + gestion douleur
  • Restauration Fonctionnelle du Rachis (RFR) : programme intensif pluridisciplinaire pour les cas sévères (5j/sem, 5 semaines)

Ce que doit faire un bon kinésithérapeute pour le dos

Objectifs thérapeutiques (EBM)

  • Vous apprendre des exercices à réaliser chez vous (approche active)
  • Vous éduquer sur le fonctionnement de votre dos
  • Démystifier la douleur — vous aider à reprendre confiance dans vos mouvements
  • Lutter contre la kinésiophobie (peur du mouvement)
  • Utiliser les techniques manuelles en complément, pas à la place des exercices

Ce qui n'est PAS efficace à long terme

  • Séances uniquement passives (massages, appareils électriques) sans exercices
  • Objectif de "mettre en place" ou de "débloquer" la colonne
  • Dépendance prolongée aux soins sans autonomisation du patient
  • Évitement de toute activité douloureuse au lieu de la gérer progressivement

Source : HAS 2019

Ostéopathie — Indications et contre-indications

L'ostéopathie PEUT aider dans :

  • Lumbago aigu ou sub-aigu (< 6 semaines) : peut accélérer la récupération
  • Lombalgie chronique en complément d'autres traitements
  • Douleurs fonctionnelles sans cause structurale grave
  • Blocages articulaires mécaniques

Niveau de preuve modéré. Efficacité comparable à la kinésithérapie à court terme (HAS 2019).

L'ostéopathie est CONTRE-INDIQUÉE si :

  • Syndrome de la queue de cheval (urgence chirurgicale)
  • Déficit moteur important ou aggravation neurologique rapide
  • Fracture vertébrale (même suspicion)
  • Cancer avec métastases osseuses · Infection vertébrale · Fièvre inexpliquée
  • Ostéoporose sévère (techniques douces uniquement)
Chapitre 7 sur 9

Scores fonctionnels & Tableau de suivi

EVA douleur, index d'Oswestry, suivi hebdomadaire

Évaluez l'impact de votre douleur et suivez votre évolution dans le temps. Ces outils vous aideront à mieux communiquer avec votre médecin.

Échelle Visuelle Analogique (EVA) — Votre douleur en ce moment

Déplacez chaque curseur pour indiquer l'intensité de votre douleur de 0 (absente) à 10 (insupportable).

Outil interactif · rien n'est enregistré

Douleur (EVA)

Quatre curseurs de 0 à 10 (repos, marche, nuit, travail) et calcul de la moyenne.

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Index d'Oswestry — Évaluation de l'incapacité fonctionnelle

Le questionnaire d'Oswestry est la référence internationale pour évaluer l'impact du mal de dos sur votre vie quotidienne. Choisissez la réponse qui vous correspond aujourd'hui.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Oswestry (incapacité)

Index d'Oswestry : 10 questions sur le retentissement du mal de dos, résultat en pourcentage d'incapacité.

—

Tableau de suivi personnel — À apporter à chaque consultation

Remplissez une ligne par semaine et montrez ce tableau à votre médecin. Il permet de suivre l'évolution réelle de votre douleur et de votre programme.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Suivi hebdomadaire

Tableau à remplir chaque semaine et à montrer à votre médecin.

SemaineDouleur /10Irradiation jambe ?Exercices ?Marche (min/j)Travail ?
Sem. 1/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 2/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 3/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 4/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 6/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 8/10 Oui Non Oui Non min Oui Non
Sem. 12/10 Oui Non Oui Non min Oui Non

Conseil

Notez votre score Oswestry à chaque consultation. Une baisse de 10 points correspond à une amélioration cliniquement significative. Objectif : passer sous les 40% d'incapacité en 6 à 8 semaines de traitement bien conduit.

Chapitre 8 sur 9

Quand consulter ? — Résumé pratique

Urgences, 48 h, 1 semaine, prévention des récidives

URGENCES — Appelez le 15

  • Difficultés à uriner ou incontinence
  • Perte de contrôle des selles
  • Engourdissements périnéaux
  • Paralysie d'une jambe

Consultation urgente (48h)

  • Fièvre + douleurs dorsales
  • Perte de poids inexpliquée
  • Traumatisme violent récent
  • Antécédents de cancer
  • Douleur nocturne réveillante

Consultation rapide (1 semaine)

  • Déficit moteur ou sensitif
  • Sciatique > 6 semaines sans amélioration
  • Aggravation malgré traitement
  • Gêne fonctionnelle majeure

Prévention des récidives

  • Renforcement musculaire régulier
  • Activité physique ≥ 150 min/semaine
  • Ergonomie au travail adaptée
  • Gestion du stress (TCC, relaxation)
  • Poids normal · Sommeil de qualité
Chapitre 9 sur 9

Les 8 règles essentielles à retenir

Ce qu'il faut retenir, et des ressources utiles

  1. Le mal de dos est bénin dans l'immense majorité des cas. 90% des lumbagos guérissent en moins de 6 semaines spontanément.
  2. Bougez ! Le repos total est néfaste. Marchez, restez actif selon la douleur. Pas plus d'un à deux jours allongé.
  3. Pas besoin d'imagerie en phase aiguë sans signe d'alarme. Les anomalies vues sur une radio n'expliquent pas systématiquement la douleur.
  4. Chaleur + paracétamol ou anti-inflammatoire si nécessaire en phase aiguë. Les opioïdes ne sont pas recommandés dans le lumbago.
  5. Exercices quotidiens à domicile : respiration, bascule de bassin, pont fessier, extension ou flexion selon votre type de douleur.
  6. La kinésithérapie active (avec exercices) est prescrite si pas d'amélioration à 4 à 6 semaines, ou dès le début si signe de chronicisation.
  7. Consultez en urgence si : problèmes urinaires ou selles, engourdissement périnéal, paralysie, fièvre, perte de poids.
  8. Pour éviter les récidives : renforcement musculaire régulier, activité physique ≥ 150 min/semaine, bonne ergonomie, gestion du stress.

Ressources utiles

YouTube : recherchez "exercices dos lombalgie kinésithérapeute France"

Dr Jonathan Favre — Maison de Santé du Triolo — Villeneuve d'Ascq

Fiche basée sur : HAS 2019/2024 · Recommandations européennes COST B13 · NICE Guidelines · Méthode McKenzie — Document d'information patient — Ne remplace pas la consultation médicale.

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