L'essentiel en 5 points
- Le diabète de type 2 ne fait pas mal, mais il abîme les vaisseaux en silence : le soigner dès le début protège vos yeux, vos reins, votre cœur et vos pieds.
- Inscrivez-vous aux ateliers d'éducation thérapeutique : gratuits, en petit groupe, ils sont recommandés à toute personne diabétique, surtout au début.
- Le chiffre principal est l'HbA1c, tous les 3 mois : votre objectif dépend de votre situation (souvent 7 % ou moins, 8 % si vous êtes âgé et fragile), fixé avec votre médecin.
- Alimentation, 30 minutes d'activité par jour, arrêt du tabac : ce que vous changez compte autant qu'un médicament.
- Regardez vos pieds chaque jour ; toute plaie, même sans douleur, est une urgence. Chaque année : yeux, reins, cœur, dents, pieds, vaccin contre la grippe.
Votre besoin
Les 20 chapitres
Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .
Pour commencer
1Je découvreCe que veut dire ce diagnostic, ce qui va se passer dans les semaines qui viennent, et le chemin proposé par ce guide.Étape 1 · Comprendre mon diabète
2C'est quoi ?Le sucre, l'insuline et le pancréas expliqués simplement, ce qui ne marche plus dans le diabète de type 2, et pourquoi le soigner alors qu'il ne fait pas mal.3Mes chiffresCe que veulent dire vos résultats, et votre objectif d'HbA1c, adapté à votre situation.Étape 2 · Apprendre avec l'équipe
4Les ateliersCe qu'on y fait, avec qui, comment s'inscrire à la maison de santé ou près de chez vous.Étape 3 · Mon hygiène de vie
5AlimentationLes grands principes, et un accès direct à chaque partie du guide « Diabète de type 2 : bien manger » : index glycémique, assiette, boissons, étiquettes, tableau de 222 aliments.6Activité physiquePourquoi l'activité physique fait baisser le sucre, combien, comment commencer, et les précautions.7Tabac, sommeilArrêter de fumer, limiter l'alcool, bien dormir et gérer le stress : ce qui compte aussi pour le diabète.Étape 4 · Mon traitement
8MédicamentsPour chaque famille de médicaments : les noms (DCI et marques), comment ils agissent, leur but, leurs bénéfices prouvés et le risque d'hypoglycémie.9Situations à risqueReconnaître et traiter une hypoglycémie, repérer un sucre trop haut, et adapter le traitement quand on est malade.Étape 5 · Surveiller pour prévenir
10Mon suiviLes consultations, prises de sang, examens des yeux, des reins, du cœur, des dents et des pieds, avec un calendrier à remplir.11Doigt ou capteurQui a besoin d'un lecteur au doigt ou d'un capteur en continu, qui y a droit, comment bien faire.12ComplicationsCe que le diabète peut abîmer, les signes à connaître, et ce qui protège.13VaccinsLes vaccins recommandés aux personnes diabétiques.Étape 6 · Prendre soin de mes pieds
14Pourquoi les pieds ?Comment le diabète fragilise les pieds, les 4 stades (grades) de risque, les complications à connaître, et les soins de pédicure-podologue remboursés.15Soins des piedsLes 11 conseils pour garder des pieds en bonne santé.16Examen des piedsComment regarder ses pieds, ce qu'il faut chercher, et un outil pour faire le point.17ChaussuresLes 8 conseils pour choisir ses chaussures et ses chaussettes.18En cas de plaieLes bons gestes immédiats, et les messages à retenir pour les pieds à risque.Vivre avec et se faire aider
19Vivre avecLe diabète au quotidien : travail, permis de conduire, voyages, Ramadan, entourage, droits.20Se faire aiderVotre équipe de soins, les associations de patients, les programmes d'accompagnement et les sites de confiance.On vient de découvrir mon diabète
Pas de panique : un pas après l'autre
Votre médecin vient de vous annoncer que vous avez un diabète de type 2. C'est fréquent : plus de 4 millions de personnes sont traitées pour un diabète en France, dont 9 sur 10 pour un diabète de type 2. Ce n'est pas une urgence, mais c'est une maladie à prendre au sérieux dès maintenant, parce qu'elle ne fait pas mal pendant des années alors qu'elle abîme peu à peu les vaisseaux.
La bonne nouvelle
Bien pris en charge tôt, le diabète de type 2 permet de vivre normalement et longtemps. Une partie dépend de vous : l'alimentation, le mouvement, le poids, l'arrêt du tabac. Une perte de poids importante peut même faire disparaître le diabète pendant des années (on parle de rémission).
Votre parcours, étape par étape
- 1Comprendre— ce qu'est le diabète, ce que veulent dire vos chiffres (glycémie, HbA1c) et vos objectifs.
- 2Apprendre avec l'équipe— les ateliers d'éducation thérapeutique, gratuits, avec d'autres personnes diabétiques.
- 3Changer ce qui compte— alimentation, activité physique, tabac, sommeil : à votre rythme, un objectif à la fois.
- 4Bien prendre son traitement— s'il est nécessaire : à quoi sert chaque médicament, que faire les jours de maladie.
- 5Surveiller pour prévenir— les examens de chaque année (yeux, reins, cœur, dents), les vaccins, et vos pieds chaque jour.
Votre médecin traitant, chef d'orchestre
Il vous voit en général tous les 3 mois, fixe avec vous vos objectifs, prescrit les examens et vous oriente vers l'infirmier, la diététicienne, le pharmacien, le pédicure-podologue, l'ophtalmologiste ou le diabétologue si besoin. Notez vos questions entre deux consultations : aucune n'est bête.
Les émotions de l'annonce
Colère, peur, tristesse, culpabilité (« j'aurais dû… »), ou au contraire impression que « ce n'est rien » : toutes ces réactions sont normales. Le diabète de type 2 n'est pas une faute : l'hérédité y joue un grand rôle. Parlez-en à votre médecin, à vos proches, ou rencontrez d'autres personnes diabétiques aux ateliers et dans les associations de patients.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
Le meilleur moment pour participer aux ateliers, c'est maintenant, au début : on y apprend en quelques séances ce qu'il faut des années pour découvrir seul. Les ateliers diabète
Le diabète de type 2, c'est quoi ?
Trop de sucre dans le sang
En une phrase
Avoir un diabète, c'est avoir trop de sucre dans le sang, tout le temps, parce que le sucre n'arrive plus bien à entrer dans le corps.
Où sont le pancréas et le foie ?
Deux organes du ventre jouent un rôle clé dans le diabète. Le foie, gros organe en haut à droite du ventre, sous les côtes, est notre réserve de sucre. Le pancréas, plus petit et allongé, est caché derrière l'estomac : c'est lui qui fabrique l'insuline.
Comment ça marche, sans diabète
- 1Je mange— le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les fruits, les gâteaux deviennent du sucre (le glucose) dans le ventre.
- 2Le sucre passe dans le sang— le sang le transporte partout dans le corps. C'est l'essence de nos muscles et de notre cerveau.
- 3Le pancréas envoie l'insuline— le pancréas est un organe caché derrière l'estomac. Il fabrique l'insuline, une hormone.
- 4L'insuline ouvre la porte— l'insuline est comme une clé : elle ouvre la porte des cellules (muscles, foie) pour que le sucre y entre et soit utilisé ou rangé en réserve.
- 5Le sucre du sang redescend— la glycémie (le taux de sucre dans le sang) revient à la normale entre les repas.
Ce qui ne marche plus dans le diabète de type 2
Le pancréas et le foie : deux hormones qui s'équilibrent
Le pancréas fabrique deux hormones qui travaillent en équipe avec le foie, notre réserve de sucre. Après un repas, l'insuline fait ranger le sucre dans le foie et les muscles : le sucre du sang baisse. Entre les repas et la nuit, le glucagon demande au foie de relâcher un peu de sucre : le sucre du sang remonte juste ce qu'il faut. Dans le diabète de type 2, cet équilibre se dérègle.
Ce que font les traitements
Chaque moyen agit sur un de ces problèmes : l'activité physique et la perte de ventre dérouillent les serrures, l'alimentation évite les grosses montées de sucre, et chaque médicament a sa façon d'aider (voir Mes médicaments).
Les mots à connaître
| Le mot | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| Glucose | Le sucre qui circule dans le sang, carburant du corps |
| Glycémie | Le taux de sucre dans le sang à un moment donné, mesuré par une prise de sang ou au bout du doigt |
| Insuline | L'hormone fabriquée par le pancréas, la « clé » qui fait entrer le sucre dans les cellules |
| Pancréas | L'organe, derrière l'estomac, qui fabrique l'insuline |
| Insulinorésistance | L'insuline marche moins bien : il en faut plus pour le même effet |
| HbA1c | La « mémoire » du sucre des 3 derniers mois, mesurée par une prise de sang |
| Hypoglycémie | Sucre trop bas (moins de 0,70 g/L), seulement avec certains traitements |
| Hyperglycémie | Sucre trop haut |
Pourquoi moi ?
- L'hérédité : avoir un parent diabétique augmente beaucoup le risque.
- Le surpoids, surtout le ventre, et le manque d'activité physique.
- L'âge, un diabète pendant une grossesse, certaines origines (Maghreb, Afrique, Asie du Sud, Antilles), certains médicaments (cortisone).
Pourquoi soigner un diabète qui ne fait pas mal ?
Parce que les dégâts arrivent sans bruit, après des années. Bien équilibrer le sucre, la tension et le cholestérol, et arrêter de fumer, réduit fortement le risque d'infarctus, d'AVC, de problèmes aux yeux, aux reins et aux pieds. Ce que vous faites dans les premières années compte particulièrement : le corps s'en « souvient » longtemps.
Type 1, type 2 : quelle différence ?
Le type 1 (environ 6 % des diabètes) commence souvent jeune, rapidement, avec soif, urines abondantes et amaigrissement : le pancréas ne fabrique plus du tout d'insuline, il faut de l'insuline dès le début. Le type 2 s'installe lentement, souvent après 40 ans. Si vous maigrissez sans raison, avez très soif ou êtes très fatigué(e), dites-le à votre médecin.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y explique le diabète avec des schémas et des objets, et chacun peut poser ses questions. Les ateliers diabète
Mes chiffres et mon objectif
Glycémie, HbA1c, tension, cholestérol, poids
La glycémie : le sucre à un instant donné
| Glycémie à jeun | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| Moins de 1,10 g/L | Normal |
| De 1,10 à 1,25 g/L | Hyperglycémie modérée à jeun (« prédiabète ») : risque élevé de devenir diabétique |
| 1,26 g/L ou plus, à 2 reprises | Diabète |
| 2 g/L ou plus à n'importe quelle heure, avec soif et urines abondantes | Diabète |
1 g/L = 5,5 mmol/L environ. Certains laboratoires et lecteurs donnent les résultats en mmol/L ou en mg/dL (1 g/L = 100 mg/dL).
L'HbA1c : la mémoire du sucre des 3 derniers mois
Quand il y a trop de sucre dans le sang, il se colle sur les globules rouges, un peu comme du sucre sur un bonbon. Un globule rouge vit environ 3 mois : l'hémoglobine glyquée (HbA1c) mesure combien il est « sucré », donc la moyenne de votre sucre sur 3 mois. C'est le chiffre principal du suivi.
| HbA1c | Glycémie moyenne environ |
|---|---|
| 6 % | 1,26 g/L |
| 6,5 % | 1,40 g/L |
| 7 % | 1,54 g/L |
| 8 % | 1,83 g/L |
| 9 % | 2,12 g/L |
| 10 % | 2,40 g/L |
Mon objectif d'HbA1c : il dépend de ma situation
Il n'y a pas un objectif pour tout le monde. Votre médecin le fixe avec vous selon votre âge, l'ancienneté du diabète, vos autres maladies et le risque d'hypoglycémie de votre traitement. Repères de la Haute Autorité de santé :
| Ma situation | Mon objectif d'HbA1c |
|---|---|
| La plupart des personnes diabétiques de type 2 | 7 % ou moins |
| Diabète découvert récemment, moins de 75 ans, sans maladie du cœur | 6,5 % ou moins, si on y arrive sans hypoglycémie (alimentation, activité, metformine) ; sinon 7 % |
| Maladie du cœur ou des artères (infarctus, AVC, artérite) | 7 % ou moins ; 8 % si la maladie est évoluée |
| Diabète ancien, difficile à équilibrer sans hypoglycémies, ou complication grave | 8 % ou moins |
| Insuffisance rénale sévère | 8 % ou moins |
| Plus de 75 ans, en bonne forme | 7 % ou moins |
| Plus de 75 ans et fragile | 8 % ou moins |
| Très dépendant(e) ou en mauvaise santé | moins de 9 % : surtout éviter les hypoglycémies |
| Projet de grossesse ou grossesse | moins de 6,5 %, avec un suivi spécialisé |
Trop bas peut aussi être dangereux : avec l'insuline, un sulfamide ou un glinide, une HbA1c nettement sous votre objectif expose aux hypoglycémies, surtout après 75 ans. Le traitement peut alors être allégé.
Indiquez votre HbA1c et votre situation (ou l'objectif donné par votre médecin) :
Mon HbA1c en clair
Tapez votre HbA1c : la glycémie moyenne correspondante et ce que ce chiffre veut dire.
Mes autres objectifs
Notez vos objectifs
À la consultation, demandez à votre médecin votre objectif d'HbA1c, de tension et de cholestérol, et notez-les ici dans votre tête ou sur un carnet : vous saurez lire vos prises de sang.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On apprend à lire ses résultats de prise de sang et à suivre ses chiffres. Les ateliers diabète
Les ateliers d'éducation thérapeutique
Apprendre à vivre avec son diabète, en groupe
L'éducation thérapeutique du patient (ETP), ce sont des ateliers gratuits, en petit groupe, animés par des professionnels de santé formés, pour apprendre à vivre au mieux avec une maladie chronique. Elle est recommandée par la Haute Autorité de santé pour toute personne diabétique, et particulièrement au moment de la découverte.
Ce qu'on y apprend
À la maison de santé du Triolo
Un cycle d'ateliers consacré au diabète a déjà été conduit à la maison de santé, avec un médecin, le pharmacien et la diététicienne, en lien avec la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de la Marque. Les programmes d'éducation thérapeutique proposés sont ceux de la maison de santé, présentés dans la rubrique Ateliers : consultez-la pour les prochaines sessions, ou demandez à votre médecin traitant.
- Les ateliers de la maison de santéDates, lieu et inscription auprès de la coordinatrice
- 1Un bilan pour commencer— un entretien individuel : ce que vous savez, ce qui vous inquiète, ce que vous voulez apprendre.
- 2Des ateliers en groupe— quelques séances de 2 heures environ, gratuites, au cabinet.
- 3Un bilan à la fin— ce que vous avez acquis, vos objectifs, et la suite avec votre médecin traitant.
Vos proches sont les bienvenus
Un conjoint ou un enfant qui fait les courses, cuisine ou vous aide à examiner vos pieds peut souvent participer : demandez-le à l'inscription.
Bien manger, sans régime triste
L'essentiel, et tout le détail dans le guide « Bien manger »
Manger, c'est la principale source de sucre dans le sang : c'est donc un levier puissant, au même titre qu'un médicament. Mais il n'y a pas d'aliment interdit : il s'agit de mieux choisir, de mieux répartir, et de faire attention aux quantités.
Les 6 principes
- Trois repas par jour, sans en sauter, sans grignoter entre. Collations et 10 règles d'or
- L'assiette idéale : la moitié de légumes, un quart de féculents de préférence complets, un quart de protéines. L'assiette idéale et les féculents
- Des féculents à index glycémique bas (qui font monter le sucre lentement) : pain complet, légumes secs, pâtes al dente. Comprendre l'index glycémique
- Les fruits, 2 à 3 par jour, entiers plutôt qu'en jus ; les sucreries en fin de repas, occasionnellement. Fruits, protéines, matières grasses
- De l'eau comme boisson : pas de soda ni de jus de fruits (même « sans sucre ajouté ») ; l'alcool avec modération. Boissons, sucre, sel et cuisson
- Lire les étiquettes, garder le plaisir au restaurant et en famille. Étiquettes, sorties, hypoglycémie
Le guide « Bien manger », partie par partie
- Diabète de type 2 : bien mangerLe guide complet de la maison de santé
- Quel est l'index de… ?Tapez un aliment : son index glycémique et des remplaçants
- Le tableau des 222 alimentsClassés du plus bas au plus haut index, avec filtres
- Faire le point sur mes habitudesUn questionnaire et un carnet
- Applications et ressources utilesPour aller plus loin
La diététicienne de la maison de santé
Elle vous aide à adapter vos repas à vos goûts, votre budget, votre culture et vos horaires. Parlez-en à votre médecin traitant.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
Les ateliers cuisine et courses sont souvent les préférés : on y apprend à lire les étiquettes et à adapter ses recettes. Les ateliers diabète
Bouger : un vrai médicament
30 minutes par jour, à votre rythme
Pendant et après l'effort, les muscles consomment du sucre sans avoir besoin de beaucoup d'insuline. L'activité physique régulière fait baisser l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,7 point, autant qu'un médicament, protège le cœur, aide à perdre du ventre et améliore le moral et le sommeil.
Les précautions
- Commencez doucement et augmentez progressivement. Avant de reprendre un sport intense, parlez-en à votre médecin.
- Avec de l'insuline, un sulfamide ou un glinide : risque d'hypoglycémie ; ayez toujours du sucre sur vous, et contrôlez votre glycémie avant et après l'effort si vous avez un lecteur.
- Portez des chaussures de sport adaptées et des chaussettes sans coutures, et regardez vos pieds après l'effort.
- Buvez de l'eau ; évitez l'effort intense si votre glycémie est très élevée ou si vous êtes malade.
Pour aller plus loin
- Guide de l'activité physiqueBilan, plan pas à pas, idées d'activités
Votre médecin peut prescrire une activité physique adaptée (sport sur ordonnance), encadrée par des professionnels formés.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y cherche ensemble l'activité qui vous plaît et que vous pourrez garder. Les ateliers diabète
Tabac, alcool, sommeil, stress
Les autres leviers
- Arrêter de fumerBilan, substituts, médicaments, plan
- Alcool : comprendre et agirRepères, bilan, aides
- Bien dormirComprendre et améliorer son sommeil
Le moral compte
Se sentir découragé, fatigué de « faire attention », est fréquent : on parle de détresse liée au diabète. Elle n'a rien d'un échec. Si la tristesse dure, parlez-en à votre médecin traitant : une psychologue consulte à la maison de santé, et le dispositif Mon soutien psy permet jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire, remboursées, sans ordonnance.
Mes médicaments
Comment agit chaque famille, à quoi elle sert
Au début, l'alimentation et l'activité physique suffisent parfois. Le plus souvent, votre médecin propose un médicament, puis l'adapte selon vos résultats, votre poids, votre cœur et vos reins. Les traitements ont beaucoup progressé : certains protègent aussi le cœur et les reins.
DCI et nom de marque
Chaque médicament a un nom scientifique, la DCI (dénomination commune internationale, écrite en minuscules, par exemple metformine), et un ou plusieurs noms de marque (avec une majuscule, par exemple Glucophage). Le générique porte la DCI : c'est le même médicament. Regardez votre boîte !
Où agit chaque médicament
Chaque famille agit à un endroit différent du corps : c'est pour cela qu'on peut les associer.
En un coup d'œil
| Famille | Agit sur | Poids | Cœur et reins | Hypoglycémie |
|---|---|---|---|---|
| Metformine | Foie, insulinorésistance | Stable | Bénéfice probable sur le cœur | Non |
| Gliflozines | Reins : sucre éliminé dans les urines | Baisse | Protège le cœur et les reins | Non |
| Analogues du GLP-1 | Pancréas, appétit, estomac | Nette baisse | Protège le cœur, et les reins | Non |
| Gliptines | Pancréas (hormones de l'intestin) | Stable | Neutre | Non |
| Sulfamides, glinides | Pancréas : plus d'insuline | Hausse | Neutre | Oui |
| Insuline | Remplace l'insuline qui manque | Hausse | Neutre | Oui |
Touchez chaque famille pour le détail :
La metformine
- Les médicaments : metformine : Glucophage, Stagid ; associée dans Janumet, Velmetia (avec la sitagliptine), Eucreas (vildagliptine), Xigduo (dapagliflozine), Synjardy (empagliflozine)
- Comment ça marche : Elle freine le foie qui fabrique trop de sucre, surtout la nuit, et aide l'insuline à mieux marcher dans les muscles.
- Le but : Le traitement de base, proposé en premier à presque tout le monde.
- Ce que montrent les études : Fait baisser l'HbA1c d'environ 1 point. Chez les personnes en surpoids, l'étude britannique UKPDS a montré moins d'infarctus et une mortalité plus basse. Ne fait pas grossir.
- Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
- En pratique : À prendre au milieu ou à la fin du repas. Troubles digestifs (diarrhée, nausées) au début : on augmente les doses progressivement, ils passent souvent. Arrêt temporaire en cas de déshydratation (vomissements, diarrhée), avant un scanner avec injection ou une opération. Au long cours, contrôle de la vitamine B12.
Les gliflozines (inhibiteurs de SGLT2)
- Les médicaments : dapagliflozine : Forxiga ; empagliflozine : Jardiance
- Comment ça marche : Elles font éliminer une partie du sucre par les reins, dans les urines (environ 200 à 300 calories par jour).
- Le but : Faire baisser le sucre et, surtout, protéger le cœur et les reins.
- Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,8 point, perte de 2 à 3 kg, petite baisse de tension. Les grandes études (EMPA-REG, DECLARE, DAPA-CKD, EMPA-KIDNEY) montrent environ 30 % d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque en moins et un ralentissement de l'usure des reins ; l'empagliflozine a diminué la mortalité cardiovasculaire chez des personnes ayant déjà une maladie du cœur.
- Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
- En pratique : Boire suffisamment. Toilette intime soigneuse : les mycoses génitales sont l'effet indésirable le plus fréquent. À suspendre les jours de maladie (vomissements, diarrhée, si on ne mange plus) et quelques jours avant une opération : risque rare d'acidocétose.
Les analogues du GLP-1
- Les médicaments : dulaglutide : Trulicity ; sémaglutide : Ozempic (injection), Rybelsus (comprimé) ; liraglutide : Victoza ; tirzépatide : Mounjaro (double action GLP-1 et GIP)
- Comment ça marche : Ils imitent une hormone de l'intestin, le GLP-1 : le pancréas fabrique de l'insuline seulement quand le sucre est haut, l'estomac se vide plus lentement et le cerveau reçoit un signal de satiété (on a moins faim).
- Le but : Faire baisser le sucre, faire perdre du poids et protéger le cœur, surtout en cas de surpoids ou de maladie cardiovasculaire.
- Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 1 à 1,5 point, perte de poids souvent de 3 à 6 kg, davantage avec le sémaglutide et le tirzépatide. Les études (LEADER, SUSTAIN-6, REWIND) montrent moins d'infarctus, d'AVC et de décès cardiovasculaires (de 12 à 26 % selon le médicament) ; le sémaglutide protège aussi les reins (étude FLOW).
- Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
- En pratique : Injection sous la peau, le plus souvent une fois par semaine, avec un stylo et une petite aiguille. Nausées au début : manger plus lentement, de plus petites portions, s'arrêter dès qu'on n'a plus faim. Consultez en cas de douleur forte du ventre.
Les gliptines (inhibiteurs de DPP-4)
- Les médicaments : sitagliptine : Januvia, Xelevia ; vildagliptine : Galvus ; saxagliptine : Onglyza ; associées à la metformine dans Janumet, Velmetia, Eucreas
- Comment ça marche : Elles empêchent la destruction du GLP-1 naturel (l'hormone de l'intestin) : le pancréas fabrique un peu plus d'insuline après les repas, seulement quand le sucre est haut.
- Le but : Faire baisser le sucre avec très peu d'effets indésirables, souvent en complément de la metformine.
- Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,8 point, sans prise de poids. Les études sont neutres sur le cœur : ni bénéfice ni danger (la saxagliptine est déconseillée en cas d'insuffisance cardiaque).
- Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
- En pratique : Un comprimé par jour, à n'importe quel moment. Signalez une douleur forte du ventre ou des articulations.
Les sulfamides et les glinides
- Les médicaments : gliclazide : Diamicron ; glimépiride : Amarel ; glibenclamide : Daonil ; glipizide : Glibénèse ; répaglinide (glinide) : Novonorm et génériques
- Comment ça marche : Ils « fouettent » le pancréas pour qu'il fabrique plus d'insuline, même quand le sucre n'est pas haut : d'où le risque d'hypoglycémie.
- Le but : Faire baisser le sucre efficacement, à faible coût.
- Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 1 point. L'étude UKPDS a montré moins de complications des yeux et des reins grâce à un meilleur équilibre. Prise de poids de 2 à 3 kg en moyenne.
- Hypoglycémie : Risque d'hypoglycémie : ne pas sauter de repas, avoir toujours du sucre sur soi.
- En pratique : Sulfamides : le matin ou au début du repas. Répaglinide : juste avant chaque repas (pas de repas, pas de comprimé). Prudence après 75 ans, en cas d'insuffisance rénale, avec l'alcool et avant de conduire.
L'insuline
- Les médicaments : basale (lente) : insuline glargine (Lantus, Abasaglar, Toujeo), insuline dégludec (Tresiba) ; rapide : insuline asparte (NovoRapid, Fiasp), lispro (Humalog), glulisine (Apidra)
- Comment ça marche : Elle remplace ou complète l'insuline que le pancréas ne fabrique plus assez : c'est la clé elle-même.
- Le but : Faire baisser le sucre quand les comprimés et les injections hebdomadaires ne suffisent plus : c'est le traitement le plus puissant.
- Ce que montrent les études : Aucune limite d'efficacité : la dose s'adapte jusqu'à l'objectif. Neutre sur le cœur (étude ORIGIN). Prise de poids possible.
- Hypoglycémie : Risque d'hypoglycémie : ne pas sauter de repas, avoir toujours du sucre sur soi.
- En pratique : Le plus souvent une injection d'insuline lente le soir, dont la dose s'adapte aux glycémies du matin. Ce n'est ni une punition ni un échec. Les infirmiers de la maison de santé vous accompagnent.
Si l'insuline vous est proposée
- Mon guide insulineInjection, glycémies, adaptation des doses, voyage, Ramadan
Les bons réflexes
- Prenez votre traitement tous les jours, même quand vous vous sentez bien : il agit sur le sucre, pas sur des symptômes.
- Un oubli ? Ne doublez pas la dose suivante ; demandez conseil à votre pharmacien.
- Ne l'arrêtez pas de vous-même à cause d'un effet indésirable : parlez-en, il existe presque toujours une autre solution.
- Montrez la liste de vos médicaments à chaque soignant (dentiste, spécialiste, urgences), et demandez au pharmacien avant tout médicament sans ordonnance.
Le pharmacien, un allié
Il vérifie les associations, explique comment prendre chaque médicament et peut proposer des entretiens d'accompagnement. Il fait partie de l'équipe des ateliers.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y revoit chaque médicament, son rôle et ses effets, pour le prendre en confiance. Les ateliers diabète
Hypoglycémie, hyperglycémie et jours de maladie
Les bons réflexes
L'hypoglycémie : seulement avec certains traitements
Avec la metformine, les gliflozines, les analogues du GLP-1 ou les gliptines seuls, le sucre ne descend pas trop bas. Le risque existe avec l'insuline, les sulfamides et les glinides. Les signes : sueurs, tremblements, faim brutale, palpitations, pâleur, troubles de la vue, malaise, comportement inhabituel.
- 1Mesurez— votre glycémie si vous pouvez : moins de 0,70 g/L, c'est une hypoglycémie.
- 2Resucrez-vous avec 15 g de sucre— 3 morceaux de sucre, ou un petit verre (150 ml) de jus de fruits ou de soda non « light ».
- 3Contrôlez 15 minutes après— si la glycémie est toujours sous 0,70 g/L, reprenez 15 g de sucre.
- 4Ensuite— si le prochain repas est loin, mangez un peu de pain ou un fruit ; parlez de cette hypoglycémie à votre médecin.
Personne inconsciente ou qui ne peut plus avaler : ne rien lui donner par la bouche, la mettre en position latérale de sécurité et appeler le 15 ; injection de glucagon par l'entourage si elle a été prescrite.
Le sucre trop haut (hyperglycémie)
Soif intense, bouche sèche, urines abondantes, fatigue, vue trouble, amaigrissement : parlez-en vite à votre médecin. Une infection, la cortisone, un oubli de traitement ou un écart important peuvent en être la cause. Glycémie au-dessus de 3 g/L avec somnolence, vomissements ou respiration rapide : appelez le 15.
Les jours de maladie (fièvre, vomissements, diarrhée)
- Buvez beaucoup : au moins 1,5 à 2 litres par jour, par petites gorgées. Si vous ne mangez pas, prenez des boissons sucrées, des compotes, des soupes.
- Si vous vomissez, avez la diarrhée ou ne pouvez plus boire : suspendez la metformine et la gliflozine (et, sur avis médical, les médicaments diurétiques et certains traitements de la tension), et appelez votre médecin. On les reprend dès qu'on mange et boit normalement depuis 24 à 48 heures.
- Avec l'insuline : ne l'arrêtez jamais, mesurez votre glycémie plus souvent (toutes les 4 heures) et appelez votre médecin ou l'infirmier pour adapter les doses.
- Consultez si les vomissements empêchent de boire, si la fièvre dure plus de 48 heures, ou si vous êtes somnolent(e) ou confus(e).
Avant une opération ou un examen
Signalez votre diabète et vos médicaments. La metformine est souvent suspendue autour d'un scanner avec injection ; les gliflozines sont arrêtées quelques jours avant une opération. Le médecin qui prescrit l'examen ou l'anesthésiste vous dira quoi faire.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On s'entraîne à reconnaître une hypoglycémie et à adapter son traitement quand on est malade. Les ateliers diabète
Mon suivi : les examens de chaque année
Le calendrier qui protège
Les examens réguliers repèrent les complications avant qu'elles ne donnent des symptômes, au moment où on peut encore les arrêter.
| Quand | Quoi | Pourquoi |
|---|---|---|
| Tous les 3 mois | Consultation chez le médecin traitant : poids, tension, pieds et chaussures, HbA1c (2 fois par an si l'objectif est atteint) | Adapter le traitement et suivre vos objectifs |
| Chaque année | Prise de sang : créatinine (DFG), bilan lipidique, bilan du foie | Les reins, le cholestérol et le foie |
| Chaque année | Analyse d'urine : albumine (rapport albumine sur créatinine) | Le premier signe de fatigue des reins |
| Chaque année au moins | Examen complet des pieds par le médecin (monofilament), plus souvent selon le grade | Repérer une perte de sensibilité, une artérite, une déformation |
| Chaque année | Électrocardiogramme | Le cœur |
| Chaque année, ou tous les 2 ans | Rétinographie (photo du fond d'œil) ou fond d'œil chez l'ophtalmologiste ; tous les 2 ans si les yeux sont normaux, sans insuline, avec le sucre et la tension à l'objectif | La rétinopathie, qui ne se voit pas avant d'être avancée |
| Chaque année | Dentiste (tous les 6 mois en cas de maladie des gencives) | Les gencives (maladie parodontale) |
| Chaque automne | Vaccin contre la grippe | Éviter une grippe grave et un diabète déséquilibré |
Mon calendrier de suivi
Notez la date de vos derniers examens : ce qui est à jour, ce qui arrive, ce qui est en retard ; à imprimer pour la consultation.
Pris en charge à 100 %
Le diabète fait partie des affections de longue durée (ALD). Votre médecin traitant fait la demande : les soins et examens liés au diabète sont alors remboursés à 100 % sur la base du tarif de l'Assurance maladie.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On apprend à organiser son suivi et à ne rien oublier d'une année sur l'autre. Les ateliers diabète
Mesurer sa glycémie : au doigt ou avec un capteur ?
Utile pour certains, pas pour tous
Avec un diabète traité par l'alimentation, la metformine, une gliflozine, un analogue du GLP-1 ou une gliptine, l'HbA1c tous les 3 mois suffit le plus souvent : piquer le doigt tous les jours n'apporte pas grand-chose. L'autosurveillance est utile :
- avec l'insuline, un sulfamide ou un glinide (risque d'hypoglycémie) ;
- au début, pour apprendre comment réagit votre sucre aux repas et à l'activité, pendant quelques semaines, sur proposition de votre médecin ;
- quand le traitement change, pendant une maladie ou un traitement par cortisone ;
- pendant une grossesse, ou si vous conduisez beaucoup avec un traitement qui peut faire faire des hypoglycémies.
Bien mesurer
- Lavez-vous les mains à l'eau et au savon, séchez bien (pas d'alcool, pas de sucre sur les doigts).
- Piquez sur le côté du bout du doigt, pas sur la pulpe, en changeant de doigt.
- Notez le résultat, l'heure et ce qui l'explique (repas, effort, malaise), ou laissez le lecteur les enregistrer.
- Repères habituels : 0,80 à 1,30 g/L avant les repas, moins de 1,80 g/L 2 heures après ; vos objectifs personnels sont fixés avec votre médecin.
Le capteur de glucose (lecteur en continu)
Un petit capteur, collé sur l'arrière du bras pendant 14 jours environ, mesure le sucre en continu sous la peau, sans piqûre au doigt. On lit le résultat sur un lecteur ou un téléphone : le chiffre, une flèche qui montre si le sucre monte ou descend, la courbe des dernières heures, et des alarmes en cas d'hypoglycémie.
| Ma situation | Remboursé |
|---|---|
| Diabète de type 1 | Oui |
| Diabète de type 2 avec 3 injections d'insuline ou plus par jour, ou pompe à insuline | Oui |
| Diabète de type 2 avec insuline lente (moins de 3 injections par jour) et HbA1c de 8 % ou plus | Oui, depuis 2023 |
| Diabète de type 2 avec insuline lente et HbA1c sous 8 % | Non |
| Diabète de type 2 sans insuline (comprimés, injection hebdomadaire) | Non : l'HbA1c et, si besoin, le lecteur au doigt suffisent |
- Votre médecin traitant peut faire la première ordonnance ; elle commence par une période d'essai de 1 à 3 mois, pour vérifier que le capteur vous convient.
- Un infirmier ou le pharmacien vous apprend à le poser, à le lire et à régler les alarmes.
- Le capteur mesure le sucre entre les cellules, avec environ 10 minutes de retard sur le sang : en cas de malaise, si le chiffre ne correspond pas à ce que vous ressentez, vérifiez au doigt.
- Le repère principal devient le temps passé dans la cible (entre 0,70 et 1,80 g/L) : plus de 70 % du temps pour la plupart des personnes, plus de 50 % pour une personne âgée fragile, avec le moins de temps possible sous 0,70 g/L.
- Surveiller ma glycémieDans le guide insuline : carnet, objectifs, capteurs
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On s'entraîne à utiliser son lecteur et à comprendre ses résultats. Les ateliers diabète
Prévenir les complications
Yeux, reins, cœur, nerfs, dents
Ce qui protège vraiment
- Un sucre proche de votre objectif, dès les premières années.
- Une tension et un cholestérol bien contrôlés.
- L'arrêt du tabac.
- Le suivi régulier, et vos pieds examinés chaque jour.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y parle des complications sans dramatiser, pour savoir comment les éviter. Les ateliers diabète
Mes vaccins
Les infections déséquilibrent le diabète
Les infections sont plus fréquentes et plus graves avec un diabète, et elles font monter le sucre. Les vaccins recommandés :
- Grippe : chaque automne, gratuit pour les personnes diabétiques.
- Covid-19 : à chaque campagne d'automne.
- Pneumocoque (pneumonies) : recommandé pour toutes les personnes diabétiques, dès 18 ans.
- Zona : recommandé pour tous à partir de 65 ans.
- Diphtérie, tétanos, polio : rappels à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. Vérifiez que votre vaccin contre le tétanos est à jour : c'est important en cas de plaie du pied.
Votre médecin, votre pharmacien et les infirmiers de la maison de santé peuvent vous vacciner.
Pourquoi les pieds, et les stades du pied diabétique
Une plaie peut passer inaperçue
Le diabète peut abîmer deux choses dans les pieds :
Avec ces fragilités, un caillou, une ampoule ou un ongle mal coupé peuvent devenir une plaie grave, qui s'infecte, sans faire mal.
La plupart des plaies peuvent être évitées
Des gestes simples, tous les jours, et un examen des pieds au moins une fois par an évitent la grande majorité des plaies et des amputations.
Les 4 stades : le grade de risque podologique
Après avoir examiné vos pieds (sensibilité avec un petit fil de nylon appelé monofilament, pouls, déformations, cicatrices), votre médecin ou votre pédicure-podologue fixe un grade de 0 à 3. Plus le grade est élevé, plus le risque de plaie est grand. Demandez-le : il décide de la fréquence des examens et des soins remboursés. Il est réévalué chaque année.
| Grade | Ce que l'examen montre | En clair | Suivi |
|---|---|---|---|
| 0 | Sensibilité normale | Risque faible | Examen des pieds tous les ans |
| 1 | Perte de sensibilité (neuropathie), sans autre problème | Je peux me blesser sans le sentir | Examen tous les 6 à 12 mois ; soins de pédicure-podologue conseillés tous les 6 mois |
| 2 | Perte de sensibilité avec artérite des jambes et/ou déformation du pied | Risque élevé de plaie | Examen tous les 3 à 6 mois ; soins de pédicure-podologue remboursés |
| 3 | Antécédent de plaie chronique du pied (ulcère) ou d'amputation | Risque très élevé de nouvelle plaie | Examen tous les 1 à 3 mois ; soins remboursés, chaussage adapté |
Mon grade de risque pour les pieds
Ce que veut dire le grade (0 à 3) fixé par votre médecin, et les soins qui vont avec.
Les complications du pied à connaître
| Le mot | Ce que c'est |
|---|---|
| Mal perforant plantaire | Une plaie ronde sous le pied, souvent sous une corne épaisse, qui ne fait pas mal : à montrer le jour même |
| Ulcère | Une plaie qui ne cicatrise pas en quelques semaines |
| Infection | Rougeur, chaleur, gonflement, écoulement, parfois fièvre : urgence, elle peut atteindre l'os |
| Ischémie | Le sang n'arrive plus assez : orteil pâle, bleu ou noir, pied froid. Urgence |
| Pied de Charcot | Le pied devient chaud, rouge et gonflé sans plaie, et se déforme : les os se fragilisent. À montrer rapidement |
Les soins chez le pédicure-podologue : deux façons d'y aller
- 1Avec une ordonnance de votre médecin— il note votre grade et prescrit les séances de soins de prévention.
- 2Ou directement chez le pédicure-podologue— il peut évaluer lui-même votre grade lors d'un bilan, puis prendre en charge les soins de grade 2 ou 3 sans ordonnance du médecin.
Ce qui est remboursé
Si vos pieds sont en grade 2, l'Assurance maladie rembourse jusqu'à 5 séances de soins de prévention par an ; en grade 3, jusqu'à 6 séances par an, ou 8 en cas de plaie en cours de cicatrisation. Le grade est réévalué chaque année. En grade 0 et 1, les soins de pédicure ne sont pas remboursés, mais l'examen des pieds par votre médecin l'est. Le suivi des pieds sur ameli.fr
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
Un atelier entier est souvent consacré aux pieds : examen, soins, chaussures, avec du matériel pour s'entraîner. Les ateliers diabète
Les soins des pieds de tous les jours
Lavage, séchage, crème, ongles, chaussettes
- Lavez-vous quotidiennement les pieds à l'eau tiède avec du savon neutre en contrôlant la température de l'eau avec un thermomètre ou votre coude. Ne prenez pas de bain de pieds, car ils font courir le risque de macération et de mycose, préférez la douche quotidienne.
- Essuyez-vous soigneusement les pieds, en particulier entre les orteils avec une serviette sèche sans mouvement de scie ; n'utilisez pas de sèche-cheveux car vous risquez de vous brûler.
- Appliquez tous les jours une crème hydratante, si possible adaptée aux pieds diabétiques. Veillez à ne pas en mettre entre les orteils.
- En cas d'hyperkératose (« corne »), utilisez avec précaution une pierre ponce non agressive juste après la douche. Si cela ne suffit pas, consultez un podologue formé aux soins chez le diabétique. N'utilisez jamais de coricide ni de pansement pour ampoule et ne recourez jamais à des instruments tranchants (ciseaux, scalpels, lames de rasoir…).
- Faites très attention à la coupe de vos ongles :
- coupez-les droit, au carré, en utilisant des ciseaux droits à bouts ronds ; arrondissez les coins de l'ongle au moyen d'une lime en carton ;
- évitez de couper/limer vos ongles trop court ;
- si vous avez une mauvaise vue, si vous avez du mal à atteindre vos pieds ou si vos ongles sont trop durs ou déformés, consultez un podologue ;
- si vous avez un ongle incarné, faites-le traiter rapidement par un podologue ;
- si vos pieds sont à risque (grade 2 ou 3), ne vous coupez pas les ongles vous-même : confiez-les au pédicure-podologue.
- Changez tous les jours de chaussettes. Attention aux coutures et aux élastiques.
- Vérifiez chaque fois que vous vous chaussez qu'il n'y a pas d'objets étrangers à l'intérieur (en passant la main jusqu'au bout de la chaussure, ou en la secouant).
- Ne marchez jamais pieds nus, ni chez vous ni à la plage.
- N'utilisez pas de source de chaleur directe (bouillottes, cheminées, couverture chauffante, radiateur) pour vous réchauffer les pieds.
- Faites régulièrement des mouvements d'assouplissement de vos pieds, par exemple : extension-flexion des avant-pieds, de la cheville et des orteils, massage de la voûte plantaire avec une balle de tennis.
- Vérifiez que votre vaccin antitétanique est à jour.
Ce qu'il ne faut jamais faire
- Marcher pieds nusni chez vous, ni à la plage, ni à la piscine
- Bain de piedsmacération et mycoses
- Bouillotte, sèche-cheveux chaud, radiateurbrûlure sans la sentir
- Lame, coupe-cor, coricideplaie qui s'infecte
- Pansement pour ampouleil colle et arrache la peau
Conseils repris de la fiche du Dr Favre « Conseils pieds diabétiques », d'après les conseils aux patients à risque de troubles trophiques de la Haute Autorité de santé.
Examiner ses pieds chaque jour
Deux minutes qui évitent une plaie
- Examinez vos pieds chaque jour. Si vous manquez de souplesse pour atteindre vos pieds, aidez-vous d'un miroir. Si vous avez des difficultés de vision, faites appel à un proche.
- Examinez l'ensemble du pied avec un bon éclairage pour déceler toute lésion sous la plante des pieds et entre les orteils.
- Il faut rechercher toute irritation, fissuration, macération, cor, callosité, ampoule, blessure superficielle ou plaie minime de la plante, du dos, des bords du pied et dans les espaces entre les orteils.
- Il faut inspecter les ongles pour repérer une rougeur, un suintement, un ongle incarné ou épaissi et déformé.
- Contactez votre médecin devant toute anomalie et ne perdez pas de temps, surtout en cas de plaie, même si elle n'est pas douloureuse.
Où regarder
Le bon moment
Le soir, après la douche ou en enlevant vos chaussures : c'est là que les rougeurs dues aux chaussures se voient le mieux. Un miroir posé au sol permet de voir la plante sans se contorsionner.
Mon examen des pieds du jour
Cochez ce que vous voyez : ce qu'il faut faire, de « tout va bien » à « appelez votre médecin aujourd'hui ».
Bien se chausser
Chaussures et chaussettes adaptées
- Les chaussures, en matériau souple, doivent avoir un volume adapté à celui de vos pieds, avec une semelle antidérapante, sans couture intérieure et avec des lacets ou velcro. Sauf indication particulière, les talons ne doivent pas dépasser 4 cm et être suffisamment larges pour une bonne stabilité.
- Le pied doit toujours être protégé dans la chaussure par des chaussettes ou des bas. Les chaussettes doivent être changées tous les jours, sans trous ni reprises. Les chaussettes doivent être assez épaisses, sans coutures saillantes. Évitez que les bas ou chaussettes serrent trop la jambe pour faciliter la circulation.
- Évitez les tongs, sandales, espadrilles et mules, etc. et toute chaussure ouverte.
- Ne gardez jamais des chaussures neuves toute la journée.
- Il est préférable d'avoir deux paires de chaussures, afin de changer tous les jours de chaussures.
- Achetez vos chaussures en fin de journée en raison de l'œdème de déclivité (pieds enflés le soir).
- Si vous portez des orthèses plantaires (semelles), placez-les dans les chaussures pour les essayer en vérifiant que le volume soit suffisant.
- Portez tous les jours vos orthèses plantaires, vos orthoplasties, et vos chaussures orthopédiques, y compris à la maison, sauf en cas de plaie.
Astuce
Portez vos chaussettes coutures à l'envers (à l'extérieur) pour qu'elles ne frottent pas. Les premières fois, portez vos chaussures neuves une heure, puis regardez vos pieds.
Chaussures et semelles remboursées
Si vos pieds sont à risque (grade 2 ou 3), votre médecin peut prescrire des semelles sur mesure, des chaussures thérapeutiques ou orthopédiques, en partie remboursées. Parlez-en avec lui et avec votre pédicure-podologue.
Que faire en cas de plaie ?
Toute plaie est une urgence
Toute plaie, même non douloureuse, est une urgence. Appelez votre médecin le jour même ; le soir et le week-end, le médecin de garde (116 117). Pied rouge, chaud, gonflé avec de la fièvre, ou pied froid, pâle ou noir : 15.
- Si vous constatez une plaie, ne mettez pas d'antiseptique sur la peau.
- Si vous avez identifié la cause de la plaie (chaussure, corps étranger…), supprimez-la immédiatement. Contactez immédiatement votre médecin.
- Nettoyez la plaie avec de l'eau et du savon ou avec un savon liquide et recouvrez par une compresse sèche.
- Ne marchez pas sur le pied blessé : la décharge (ne plus appuyer dessus) fait partie du traitement.
Les messages à retenir pour les pieds à risque
- une hygiène stricte : lavage, séchage, hydratation tous les jours ;
- la coupe d'ongle confiée au pédicure-podologue. À défaut, la coupe d'ongles une fois par mois – doit se faire au carré en limant les bords ;
- les gestes de l'autoexamen : inspecter les pieds quotidiennement, si nécessaire à l'aide d'un miroir ou par un aidant, vérifier intérieur chaussure (recherche corps étrangers, caillou, gravillon…) ;
- la reconnaissance de situations à risque : rougeur, écoulement, fissures, plaques d'hyperkératose ;
- la conduite à tenir en cas de plaie : lavage eau et savon, pansement protecteur sans adhésif directement sur la peau et contacter médecin ;
- pas de marche pieds nus, pas de bain de pieds, pas de bouillotte, pas de séchoir chaud, pas d'usage de lame (type coupe-cor)… ;
- porter des chaussettes coutures à l'envers.
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y apprend à examiner ses pieds et à réagir vite, avec un proche si vous le souhaitez. Les ateliers diabète
Vivre avec son diabète
Travail, conduite, voyages, fêtes et jeûne
- Voyager avec son traitementDans le guide insuline
- Jeûne et RamadanDans le guide insuline : adapter son traitement
- Sorties et restaurantDans le guide « Bien manger »
Aux ateliers d'éducation thérapeutique
On y partage les astuces des uns et des autres pour le travail, les fêtes et les voyages. Les ateliers diabète
Se faire aider : associations et ressources
Associations de patients, sites et numéros utiles
À la maison de santé du Triolo
- Votre médecin traitant : diagnostic, objectifs, traitement, examens, orientation.
- Les infirmiers : prises de sang, démarrage de l'insuline, soins à domicile.
- La diététicienne : alimentation adaptée à votre vie.
- Le pharmacien : traitements, conseils, entretiens.
- La psychologue : quand le moral flanche.
- Les assistantes médicales : électrocardiogramme, tension.
- Les ateliers d'éducation thérapeutique : page des ateliers.
Les associations de patients
La Fédération française des diabétiques est l'association nationale des personnes diabétiques, animée par des patients. Elle propose :
- un programme d'accueil pour les personnes qui viennent de découvrir leur diabète de type 2 : un e-mail par jour pendant une semaine (fiches, vidéos, podcasts), puis une mise en relation avec l'association locale ;
- une ligne d'écoute solidaire, tenue par des bénévoles, gratuite, tous les jours de 10 h à 20 h ;
- des associations locales : dans la métropole, la délégation de Lille de l'Association des diabétiques de Flandre maritime (Marcq-en-Barœul).
- 01 84 79 21 56Ligne d'écoute solidaire de la Fédération française des diabétiques
- Le programme d'accueilPour les personnes récemment diagnostiquées
- Trouver mon association localeCarte des associations
- Comprendre le diabèteLes pages d'information de la Fédération
L'Assurance maladie
Le service sophia accompagne gratuitement les personnes diabétiques (régime général, plus de 18 ans), par des infirmiers-conseillers, des livrets et des recettes, sans engagement.
- 0 809 400 040sophia, infirmiers-conseillers de l'Assurance maladie (du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, le samedi de 9 h à 13 h)
- ameli.fr : le diabète de l'adulteComprendre, suivi, vie quotidienne
- ameli.fr : le suivi médicalExamens, yeux, pieds, dents
- Le service sophiaSuis-je concerné ?
- vaccination-info-service.frLes vaccins recommandés
- mangerbouger.frAlimentation et activité physique
Guide rédigé à la demande du Dr Favre, comme support de la consultation de découverte du diabète, d'après sa fiche « Conseils pieds diabétiques » (conseils aux patients à risque de troubles trophiques, examen des pieds et chaussage, Haute Autorité de santé), la stratégie thérapeutique du diabète de type 2 de la Haute Autorité de santé (2024), le parcours de soins du diabète de type 2 de la Haute Autorité de santé (juin 2025 : check-list du suivi, fiche « Prévention du pied à risque » avec l'Assurance maladie), les recommandations de la Société francophone du diabète, du Groupe international de travail sur le pied diabétique (IWGDF 2023), et les ressources de la Fédération française des diabétiques et de l'Assurance maladie. Ces informations sont générales : elles ne remplacent pas l'avis de votre médecin.
Une question sur votre diabète ? Notez-la et posez-la à votre médecin traitant à la prochaine consultation, et demandez-lui les prochaines dates des ateliers d'éducation thérapeutique.