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Cœur, poids & diabète · Guide pour les personnes chez qui on vient de découvrir un diabète de type 2, et leurs proches

Diabète de type 2 : je découvre mon diabète

Comprendre son diabète et ses chiffres, apprendre avec l'équipe aux ateliers d'éducation thérapeutique, changer ce qui compte, bien prendre son traitement, organiser son suivi et prendre soin de ses pieds chaque jour.

20 chapitres · 40 min en tout
D'après la Haute Autorité de santé (2024-2025), la Société francophone du diabète et la Fédération française des diabétiques · révision 10/2026Rédigé par le Dr Jonathan Favre avec l'assistance d'une intelligence artificielle

L'essentiel en 5 points

  1. Le diabète de type 2 ne fait pas mal, mais il abîme les vaisseaux en silence : le soigner dès le début protège vos yeux, vos reins, votre cœur et vos pieds.
  2. Inscrivez-vous aux ateliers d'éducation thérapeutique : gratuits, en petit groupe, ils sont recommandés à toute personne diabétique, surtout au début.
  3. Le chiffre principal est l'HbA1c, tous les 3 mois : votre objectif dépend de votre situation (souvent 7 % ou moins, 8 % si vous êtes âgé et fragile), fixé avec votre médecin.
  4. Alimentation, 30 minutes d'activité par jour, arrêt du tabac : ce que vous changez compte autant qu'un médicament.
  5. Regardez vos pieds chaque jour ; toute plaie, même sans douleur, est une urgence. Chaque année : yeux, reins, cœur, dents, pieds, vaccin contre la grippe.

Les 20 chapitres

Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .

Pour commencer

1Je découvreCe que veut dire ce diagnostic, ce qui va se passer dans les semaines qui viennent, et le chemin proposé par ce guide.Commencer ici

Étape 1 · Comprendre mon diabète

2C'est quoi ?Le sucre, l'insuline et le pancréas expliqués simplement, ce qui ne marche plus dans le diabète de type 2, et pourquoi le soigner alors qu'il ne fait pas mal.Comprendre3Mes chiffresCe que veulent dire vos résultats, et votre objectif d'HbA1c, adapté à votre situation.ComprendreOutil

Étape 2 · Apprendre avec l'équipe

4Les ateliersCe qu'on y fait, avec qui, comment s'inscrire à la maison de santé ou près de chez vous.AteliersÉquipe

Étape 3 · Mon hygiène de vie

5AlimentationLes grands principes, et un accès direct à chaque partie du guide « Diabète de type 2 : bien manger » : index glycémique, assiette, boissons, étiquettes, tableau de 222 aliments.Hygiène de vie6Activité physiquePourquoi l'activité physique fait baisser le sucre, combien, comment commencer, et les précautions.Hygiène de vie7Tabac, sommeilArrêter de fumer, limiter l'alcool, bien dormir et gérer le stress : ce qui compte aussi pour le diabète.Hygiène de vie

Étape 4 · Mon traitement

8MédicamentsPour chaque famille de médicaments : les noms (DCI et marques), comment ils agissent, leur but, leurs bénéfices prouvés et le risque d'hypoglycémie.Traitement9Situations à risqueReconnaître et traiter une hypoglycémie, repérer un sucre trop haut, et adapter le traitement quand on est malade.SécuritéTraitement

Étape 5 · Surveiller pour prévenir

10Mon suiviLes consultations, prises de sang, examens des yeux, des reins, du cœur, des dents et des pieds, avec un calendrier à remplir.SurveillanceOutil11Doigt ou capteurQui a besoin d'un lecteur au doigt ou d'un capteur en continu, qui y a droit, comment bien faire.Surveillance12ComplicationsCe que le diabète peut abîmer, les signes à connaître, et ce qui protège.Surveillance13VaccinsLes vaccins recommandés aux personnes diabétiques.Prévention

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds

14Pourquoi les pieds ?Comment le diabète fragilise les pieds, les 4 stades (grades) de risque, les complications à connaître, et les soins de pédicure-podologue remboursés.PiedsOutil15Soins des piedsLes 11 conseils pour garder des pieds en bonne santé.Pieds16Examen des piedsComment regarder ses pieds, ce qu'il faut chercher, et un outil pour faire le point.PiedsOutil17ChaussuresLes 8 conseils pour choisir ses chaussures et ses chaussettes.Pieds18En cas de plaieLes bons gestes immédiats, et les messages à retenir pour les pieds à risque.PiedsUrgence

Vivre avec et se faire aider

19Vivre avecLe diabète au quotidien : travail, permis de conduire, voyages, Ramadan, entourage, droits.Quotidien20Se faire aiderVotre équipe de soins, les associations de patients, les programmes d'accompagnement et les sites de confiance.Contacts
Pour commencer · Chapitre 1 sur 20

On vient de découvrir mon diabète

Pas de panique : un pas après l'autre

Votre médecin vient de vous annoncer que vous avez un diabète de type 2. C'est fréquent : plus de 4 millions de personnes sont traitées pour un diabète en France, dont 9 sur 10 pour un diabète de type 2. Ce n'est pas une urgence, mais c'est une maladie à prendre au sérieux dès maintenant, parce qu'elle ne fait pas mal pendant des années alors qu'elle abîme peu à peu les vaisseaux.

La bonne nouvelle

Bien pris en charge tôt, le diabète de type 2 permet de vivre normalement et longtemps. Une partie dépend de vous : l'alimentation, le mouvement, le poids, l'arrêt du tabac. Une perte de poids importante peut même faire disparaître le diabète pendant des années (on parle de rémission).

Votre parcours, étape par étape

  1. 1Comprendre— ce qu'est le diabète, ce que veulent dire vos chiffres (glycémie, HbA1c) et vos objectifs.
  2. 2Apprendre avec l'équipe— les ateliers d'éducation thérapeutique, gratuits, avec d'autres personnes diabétiques.
  3. 3Changer ce qui compte— alimentation, activité physique, tabac, sommeil : à votre rythme, un objectif à la fois.
  4. 4Bien prendre son traitement— s'il est nécessaire : à quoi sert chaque médicament, que faire les jours de maladie.
  5. 5Surveiller pour prévenir— les examens de chaque année (yeux, reins, cœur, dents), les vaccins, et vos pieds chaque jour.

Votre médecin traitant, chef d'orchestre

Il vous voit en général tous les 3 mois, fixe avec vous vos objectifs, prescrit les examens et vous oriente vers l'infirmier, la diététicienne, le pharmacien, le pédicure-podologue, l'ophtalmologiste ou le diabétologue si besoin. Notez vos questions entre deux consultations : aucune n'est bête.

Les émotions de l'annonce

Colère, peur, tristesse, culpabilité (« j'aurais dû… »), ou au contraire impression que « ce n'est rien » : toutes ces réactions sont normales. Le diabète de type 2 n'est pas une faute : l'hérédité y joue un grand rôle. Parlez-en à votre médecin, à vos proches, ou rencontrez d'autres personnes diabétiques aux ateliers et dans les associations de patients.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

Le meilleur moment pour participer aux ateliers, c'est maintenant, au début : on y apprend en quelques séances ce qu'il faut des années pour découvrir seul. Les ateliers diabète

Étape 1 · Comprendre mon diabète · Chapitre 2 sur 20

Le diabète de type 2, c'est quoi ?

Trop de sucre dans le sang

En une phrase

Avoir un diabète, c'est avoir trop de sucre dans le sang, tout le temps, parce que le sucre n'arrive plus bien à entrer dans le corps.

Où sont le pancréas et le foie ?

Le ventre vu de face. Le foie est en haut à droite du ventre de la personne, sous les côtes : c'est la réserve de sucre. L'estomac est en haut à gauche, et le pancréas, allongé, est caché derrière l'estomac : il fabrique l'insuline et le glucagon. En dessous, l'intestin fait passer le sucre des aliments dans le sang.

Deux organes du ventre jouent un rôle clé dans le diabète. Le foie, gros organe en haut à droite du ventre, sous les côtes, est notre réserve de sucre. Le pancréas, plus petit et allongé, est caché derrière l'estomac : c'est lui qui fabrique l'insuline.

Comment ça marche, sans diabète

1. Je mange : les féculents, les fruits et les sucreries deviennent du sucre, le glucose, dans l'intestin. 2. Le sucre passe dans le sang, qui le transporte partout. 3. Le pancréas envoie l'insuline, la clé qui ouvre les cellules. 4. Le sucre entre dans les cellules des muscles, du cerveau et du foie, qui l'utilisent ou le gardent en réserve : le sucre du sang baisse.
  1. 1Je mange— le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les fruits, les gâteaux deviennent du sucre (le glucose) dans le ventre.
  2. 2Le sucre passe dans le sang— le sang le transporte partout dans le corps. C'est l'essence de nos muscles et de notre cerveau.
  3. 3Le pancréas envoie l'insuline— le pancréas est un organe caché derrière l'estomac. Il fabrique l'insuline, une hormone.
  4. 4L'insuline ouvre la porte— l'insuline est comme une clé : elle ouvre la porte des cellules (muscles, foie) pour que le sucre y entre et soit utilisé ou rangé en réserve.
  5. 5Le sucre du sang redescend— la glycémie (le taux de sucre dans le sang) revient à la normale entre les repas.

Ce qui ne marche plus dans le diabète de type 2

L'insuline, comme une clé, ouvre la porte de la cellule : le sucre du sang entre dans la cellule, et le taux de sucre dans le sang baisse.Dans le diabète de type 2, l'insuline marche moins bien, comme une clé dans une serrure rouillée (insulinorésistance) : la porte s'ouvre mal, peu de sucre entre dans la cellule et le sucre s'accumule dans le sang.
1Les serrures sont « rouillées »La clé (l'insuline) marche moins bien : les portes s'ouvrent mal. On appelle cela l'insulinorésistance. La graisse du ventre et le manque d'activité physique en sont les principales causes.
2Le pancréas se fatiguePour forcer les portes, le pancréas fabrique de plus en plus d'insuline. Au fil des années, il s'épuise et en fabrique moins. C'est pour cela que le traitement change souvent avec le temps : ce n'est pas votre faute.
3Le foie fabrique trop de sucreLe foie est notre réserve de sucre. Quand l'insuline marche mal, il en relâche trop dans le sang, surtout la nuit : c'est pour cela que la glycémie est souvent haute le matin à jeun.
4Le sucre reste dans le sangIl s'accumule et abîme, lentement, l'intérieur des vaisseaux : les petits (yeux, reins, nerfs des pieds) et les gros (cœur, cerveau, jambes).

Le pancréas et le foie : deux hormones qui s'équilibrent

Après un repas, le pancréas envoie l'insuline : le foie et les muscles rangent le sucre en réserve, et le sucre du sang baisse.Entre les repas et la nuit, le pancréas envoie une autre hormone, le glucagon : le foie libère du sucre dans le sang, qui remonte. Dans le diabète de type 2, le foie en libère trop, d'où une glycémie souvent haute le matin à jeun.

Le pancréas fabrique deux hormones qui travaillent en équipe avec le foie, notre réserve de sucre. Après un repas, l'insuline fait ranger le sucre dans le foie et les muscles : le sucre du sang baisse. Entre les repas et la nuit, le glucagon demande au foie de relâcher un peu de sucre : le sucre du sang remonte juste ce qu'il faut. Dans le diabète de type 2, cet équilibre se dérègle.

Ce que font les traitements

Chaque moyen agit sur un de ces problèmes : l'activité physique et la perte de ventre dérouillent les serrures, l'alimentation évite les grosses montées de sucre, et chaque médicament a sa façon d'aider (voir Mes médicaments).

Les mots à connaître

Le motCe qu'il veut dire
GlucoseLe sucre qui circule dans le sang, carburant du corps
GlycémieLe taux de sucre dans le sang à un moment donné, mesuré par une prise de sang ou au bout du doigt
InsulineL'hormone fabriquée par le pancréas, la « clé » qui fait entrer le sucre dans les cellules
PancréasL'organe, derrière l'estomac, qui fabrique l'insuline
InsulinorésistanceL'insuline marche moins bien : il en faut plus pour le même effet
HbA1cLa « mémoire » du sucre des 3 derniers mois, mesurée par une prise de sang
HypoglycémieSucre trop bas (moins de 0,70 g/L), seulement avec certains traitements
HyperglycémieSucre trop haut

Pourquoi moi ?

  • L'hérédité : avoir un parent diabétique augmente beaucoup le risque.
  • Le surpoids, surtout le ventre, et le manque d'activité physique.
  • L'âge, un diabète pendant une grossesse, certaines origines (Maghreb, Afrique, Asie du Sud, Antilles), certains médicaments (cortisone).

Pourquoi soigner un diabète qui ne fait pas mal ?

Parce que les dégâts arrivent sans bruit, après des années. Bien équilibrer le sucre, la tension et le cholestérol, et arrêter de fumer, réduit fortement le risque d'infarctus, d'AVC, de problèmes aux yeux, aux reins et aux pieds. Ce que vous faites dans les premières années compte particulièrement : le corps s'en « souvient » longtemps.

Type 1, type 2 : quelle différence ?

Le type 1 (environ 6 % des diabètes) commence souvent jeune, rapidement, avec soif, urines abondantes et amaigrissement : le pancréas ne fabrique plus du tout d'insuline, il faut de l'insuline dès le début. Le type 2 s'installe lentement, souvent après 40 ans. Si vous maigrissez sans raison, avez très soif ou êtes très fatigué(e), dites-le à votre médecin.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y explique le diabète avec des schémas et des objets, et chacun peut poser ses questions. Les ateliers diabète

Étape 1 · Comprendre mon diabète · Chapitre 3 sur 20

Mes chiffres et mon objectif

Glycémie, HbA1c, tension, cholestérol, poids

La glycémie : le sucre à un instant donné

Glycémie à jeunCe que cela veut dire
Moins de 1,10 g/LNormal
De 1,10 à 1,25 g/LHyperglycémie modérée à jeun (« prédiabète ») : risque élevé de devenir diabétique
1,26 g/L ou plus, à 2 reprisesDiabète
2 g/L ou plus à n'importe quelle heure, avec soif et urines abondantesDiabète

1 g/L = 5,5 mmol/L environ. Certains laboratoires et lecteurs donnent les résultats en mmol/L ou en mg/dL (1 g/L = 100 mg/dL).

L'HbA1c : la mémoire du sucre des 3 derniers mois

Des globules rouges avec très peu de sucre collé dessus : c'est une HbA1c normale, autour de 5,5 %.Des globules rouges couverts de sucre : quand le sucre du sang reste haut pendant des semaines, il se colle sur les globules rouges, qui vivent environ 3 mois. L'HbA1c mesure cette part de sucre collé : ici 9 %, trop haute.

Quand il y a trop de sucre dans le sang, il se colle sur les globules rouges, un peu comme du sucre sur un bonbon. Un globule rouge vit environ 3 mois : l'hémoglobine glyquée (HbA1c) mesure combien il est « sucré », donc la moyenne de votre sucre sur 3 mois. C'est le chiffre principal du suivi.

HbA1cGlycémie moyenne environ
6 %1,26 g/L
6,5 %1,40 g/L
7 %1,54 g/L
8 %1,83 g/L
9 %2,12 g/L
10 %2,40 g/L

Mon objectif d'HbA1c : il dépend de ma situation

Il n'y a pas un objectif pour tout le monde. Votre médecin le fixe avec vous selon votre âge, l'ancienneté du diabète, vos autres maladies et le risque d'hypoglycémie de votre traitement. Repères de la Haute Autorité de santé :

Ma situationMon objectif d'HbA1c
La plupart des personnes diabétiques de type 27 % ou moins
Diabète découvert récemment, moins de 75 ans, sans maladie du cœur6,5 % ou moins, si on y arrive sans hypoglycémie (alimentation, activité, metformine) ; sinon 7 %
Maladie du cœur ou des artères (infarctus, AVC, artérite)7 % ou moins ; 8 % si la maladie est évoluée
Diabète ancien, difficile à équilibrer sans hypoglycémies, ou complication grave8 % ou moins
Insuffisance rénale sévère8 % ou moins
Plus de 75 ans, en bonne forme7 % ou moins
Plus de 75 ans et fragile8 % ou moins
Très dépendant(e) ou en mauvaise santémoins de 9 % : surtout éviter les hypoglycémies
Projet de grossesse ou grossessemoins de 6,5 %, avec un suivi spécialisé

Trop bas peut aussi être dangereux : avec l'insuline, un sulfamide ou un glinide, une HbA1c nettement sous votre objectif expose aux hypoglycémies, surtout après 75 ans. Le traitement peut alors être allégé.

Indiquez votre HbA1c et votre situation (ou l'objectif donné par votre médecin) :

Outil interactif · rien n'est enregistré

Mon HbA1c en clair

Tapez votre HbA1c : la glycémie moyenne correspondante et ce que ce chiffre veut dire.

Mes autres objectifs

TensionMoins de 140/90et souvent moins de 130/80 si c'est bien supporté. Mesurez-la aussi à la maison : voir le guide Hypertension.
Cholestérol LDLSelon votre risqueVotre médecin fixe le chiffre à atteindre ; une statine est souvent proposée, même si le cholestérol semble « normal ». Voir Cholestérol et statines.
PoidsPerdre 5 à 10 %Perdre 5 à 10 % de son poids améliore nettement le sucre ; perdre 10 à 15 kg peut mettre le diabète en rémission.
TabacZéroLe tabac et le diabète additionnent leurs dégâts sur les artères : c'est la mesure la plus efficace. Voir Arrêter de fumer.

Notez vos objectifs

À la consultation, demandez à votre médecin votre objectif d'HbA1c, de tension et de cholestérol, et notez-les ici dans votre tête ou sur un carnet : vous saurez lire vos prises de sang.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On apprend à lire ses résultats de prise de sang et à suivre ses chiffres. Les ateliers diabète

Étape 2 · Apprendre avec l'équipe · Chapitre 4 sur 20

Les ateliers d'éducation thérapeutique

Apprendre à vivre avec son diabète, en groupe

L'éducation thérapeutique du patient (ETP), ce sont des ateliers gratuits, en petit groupe, animés par des professionnels de santé formés, pour apprendre à vivre au mieux avec une maladie chronique. Elle est recommandée par la Haute Autorité de santé pour toute personne diabétique, et particulièrement au moment de la découverte.

Ce qu'on y apprend

ComprendreLe diabète et ses traitementsCe qui se passe dans le corps, à quoi sert chaque médicament, comment le prendre.
MangerComposer ses repasLire les étiquettes, adapter ses recettes et sa culture culinaire, sans régime triste.
BougerTrouver son activitéCe qui est possible pour vous, les précautions, les activités près de chez vous.
SurveillerSes chiffres et ses piedsLire ses résultats, examiner ses pieds, réagir à une hypoglycémie ou une maladie.
PartagerD'autres personnes diabétiquesÉchanger les trucs et les difficultés : on se sent moins seul.
DéciderSes propres objectifsChoisir ce qu'on veut changer, à son rythme, et s'y tenir.

À la maison de santé du Triolo

Un cycle d'ateliers consacré au diabète a déjà été conduit à la maison de santé, avec un médecin, le pharmacien et la diététicienne, en lien avec la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de la Marque. Les programmes d'éducation thérapeutique proposés sont ceux de la maison de santé, présentés dans la rubrique Ateliers : consultez-la pour les prochaines sessions, ou demandez à votre médecin traitant.

  1. 1Un bilan pour commencer— un entretien individuel : ce que vous savez, ce qui vous inquiète, ce que vous voulez apprendre.
  2. 2Des ateliers en groupe— quelques séances de 2 heures environ, gratuites, au cabinet.
  3. 3Un bilan à la fin— ce que vous avez acquis, vos objectifs, et la suite avec votre médecin traitant.

Vos proches sont les bienvenus

Un conjoint ou un enfant qui fait les courses, cuisine ou vous aide à examiner vos pieds peut souvent participer : demandez-le à l'inscription.

Étape 3 · Mon hygiène de vie · Chapitre 5 sur 20

Bien manger, sans régime triste

L'essentiel, et tout le détail dans le guide « Bien manger »

Manger, c'est la principale source de sucre dans le sang : c'est donc un levier puissant, au même titre qu'un médicament. Mais il n'y a pas d'aliment interdit : il s'agit de mieux choisir, de mieux répartir, et de faire attention aux quantités.

Les 6 principes

Le guide « Bien manger », partie par partie

La diététicienne de la maison de santé

Elle vous aide à adapter vos repas à vos goûts, votre budget, votre culture et vos horaires. Parlez-en à votre médecin traitant.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

Les ateliers cuisine et courses sont souvent les préférés : on y apprend à lire les étiquettes et à adapter ses recettes. Les ateliers diabète

Étape 3 · Mon hygiène de vie · Chapitre 6 sur 20

Bouger : un vrai médicament

30 minutes par jour, à votre rythme

Pendant et après l'effort, les muscles consomment du sucre sans avoir besoin de beaucoup d'insuline. L'activité physique régulière fait baisser l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,7 point, autant qu'un médicament, protège le cœur, aide à perdre du ventre et améliore le moral et le sommeil.

Endurance150 minutes par semaine30 minutes, 5 jours par semaine : marche rapide, vélo, natation, danse, jardinage. On peut couper en 3 fois 10 minutes.
Renforcement2 à 3 fois par semaineMonter les escaliers, se lever d'une chaise, porter des bouteilles, gymnastique : des muscles plus forts consomment plus de sucre.
Moins assisToutes les 30 minutesSe lever quelques minutes, marcher après le repas : même 10 minutes de marche après manger font baisser le sucre.

Les précautions

  • Commencez doucement et augmentez progressivement. Avant de reprendre un sport intense, parlez-en à votre médecin.
  • Avec de l'insuline, un sulfamide ou un glinide : risque d'hypoglycémie ; ayez toujours du sucre sur vous, et contrôlez votre glycémie avant et après l'effort si vous avez un lecteur.
  • Portez des chaussures de sport adaptées et des chaussettes sans coutures, et regardez vos pieds après l'effort.
  • Buvez de l'eau ; évitez l'effort intense si votre glycémie est très élevée ou si vous êtes malade.

Pour aller plus loin

Votre médecin peut prescrire une activité physique adaptée (sport sur ordonnance), encadrée par des professionnels formés.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y cherche ensemble l'activité qui vous plaît et que vous pourrez garder. Les ateliers diabète

Étape 3 · Mon hygiène de vie · Chapitre 7 sur 20

Tabac, alcool, sommeil, stress

Les autres leviers

TabacLa priorité absolueDiabète et tabac multiplient ensemble le risque d'infarctus, d'AVC, d'artérite des jambes et d'amputation. Votre médecin vous aide : substituts nicotiniques remboursés, médicaments, accompagnement.
AlcoolPas plus de 2 verres par jourEt pas tous les jours. L'alcool apporte beaucoup de calories, fait monter les triglycérides, et peut provoquer des hypoglycémies retardées avec l'insuline ou les sulfamides, surtout à jeun.
Sommeil7 à 8 heuresLe manque de sommeil fait monter le sucre et l'appétit. Ronflements, pauses respiratoires, somnolence dans la journée : parlez-en, l'apnée du sommeil est fréquente avec le diabète.
StressIl fait monter le sucreLes hormones du stress augmentent la glycémie. Marche, respiration, activités qui font du bien, parler à quelqu'un : tout compte.

Le moral compte

Se sentir découragé, fatigué de « faire attention », est fréquent : on parle de détresse liée au diabète. Elle n'a rien d'un échec. Si la tristesse dure, parlez-en à votre médecin traitant : une psychologue consulte à la maison de santé, et le dispositif Mon soutien psy permet jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire, remboursées, sans ordonnance.

Étape 4 · Mon traitement · Chapitre 8 sur 20

Mes médicaments

Comment agit chaque famille, à quoi elle sert

Au début, l'alimentation et l'activité physique suffisent parfois. Le plus souvent, votre médecin propose un médicament, puis l'adapte selon vos résultats, votre poids, votre cœur et vos reins. Les traitements ont beaucoup progressé : certains protègent aussi le cœur et les reins.

DCI et nom de marque

Chaque médicament a un nom scientifique, la DCI (dénomination commune internationale, écrite en minuscules, par exemple metformine), et un ou plusieurs noms de marque (avec une majuscule, par exemple Glucophage). Le générique porte la DCI : c'est le même médicament. Regardez votre boîte !

Où agit chaque médicament

Cerveau : les analogues du GLP-1 diminuent la faim. Estomac : ils ralentissent sa vidange. Foie : la metformine lui fait libérer moins de sucre. Pancréas : sulfamides, glinides, gliptines et analogues du GLP-1 lui font fabriquer plus d'insuline. Reins : les gliflozines font partir du sucre dans les urines. Muscles : l'activité physique et la metformine aident le sucre à y entrer. Sous la peau : l'insuline injectée apporte la clé elle-même.

Chaque famille agit à un endroit différent du corps : c'est pour cela qu'on peut les associer.

En un coup d'œil

FamilleAgit surPoidsCœur et reinsHypoglycémie
MetformineFoie, insulinorésistanceStableBénéfice probable sur le cœurNon
GliflozinesReins : sucre éliminé dans les urinesBaisseProtège le cœur et les reinsNon
Analogues du GLP-1Pancréas, appétit, estomacNette baisseProtège le cœur, et les reinsNon
GliptinesPancréas (hormones de l'intestin)StableNeutreNon
Sulfamides, glinidesPancréas : plus d'insulineHausseNeutreOui
InsulineRemplace l'insuline qui manqueHausseNeutreOui

Touchez chaque famille pour le détail :

La metformine
  • Les médicaments : metformine : Glucophage, Stagid ; associée dans Janumet, Velmetia (avec la sitagliptine), Eucreas (vildagliptine), Xigduo (dapagliflozine), Synjardy (empagliflozine)
  • Comment ça marche : Elle freine le foie qui fabrique trop de sucre, surtout la nuit, et aide l'insuline à mieux marcher dans les muscles.
  • Le but : Le traitement de base, proposé en premier à presque tout le monde.
  • Ce que montrent les études : Fait baisser l'HbA1c d'environ 1 point. Chez les personnes en surpoids, l'étude britannique UKPDS a montré moins d'infarctus et une mortalité plus basse. Ne fait pas grossir.
  • Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
  • En pratique : À prendre au milieu ou à la fin du repas. Troubles digestifs (diarrhée, nausées) au début : on augmente les doses progressivement, ils passent souvent. Arrêt temporaire en cas de déshydratation (vomissements, diarrhée), avant un scanner avec injection ou une opération. Au long cours, contrôle de la vitamine B12.
Les gliflozines (inhibiteurs de SGLT2)
  • Les médicaments : dapagliflozine : Forxiga ; empagliflozine : Jardiance
  • Comment ça marche : Elles font éliminer une partie du sucre par les reins, dans les urines (environ 200 à 300 calories par jour).
  • Le but : Faire baisser le sucre et, surtout, protéger le cœur et les reins.
  • Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,8 point, perte de 2 à 3 kg, petite baisse de tension. Les grandes études (EMPA-REG, DECLARE, DAPA-CKD, EMPA-KIDNEY) montrent environ 30 % d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque en moins et un ralentissement de l'usure des reins ; l'empagliflozine a diminué la mortalité cardiovasculaire chez des personnes ayant déjà une maladie du cœur.
  • Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
  • En pratique : Boire suffisamment. Toilette intime soigneuse : les mycoses génitales sont l'effet indésirable le plus fréquent. À suspendre les jours de maladie (vomissements, diarrhée, si on ne mange plus) et quelques jours avant une opération : risque rare d'acidocétose.
Les analogues du GLP-1
  • Les médicaments : dulaglutide : Trulicity ; sémaglutide : Ozempic (injection), Rybelsus (comprimé) ; liraglutide : Victoza ; tirzépatide : Mounjaro (double action GLP-1 et GIP)
  • Comment ça marche : Ils imitent une hormone de l'intestin, le GLP-1 : le pancréas fabrique de l'insuline seulement quand le sucre est haut, l'estomac se vide plus lentement et le cerveau reçoit un signal de satiété (on a moins faim).
  • Le but : Faire baisser le sucre, faire perdre du poids et protéger le cœur, surtout en cas de surpoids ou de maladie cardiovasculaire.
  • Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 1 à 1,5 point, perte de poids souvent de 3 à 6 kg, davantage avec le sémaglutide et le tirzépatide. Les études (LEADER, SUSTAIN-6, REWIND) montrent moins d'infarctus, d'AVC et de décès cardiovasculaires (de 12 à 26 % selon le médicament) ; le sémaglutide protège aussi les reins (étude FLOW).
  • Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
  • En pratique : Injection sous la peau, le plus souvent une fois par semaine, avec un stylo et une petite aiguille. Nausées au début : manger plus lentement, de plus petites portions, s'arrêter dès qu'on n'a plus faim. Consultez en cas de douleur forte du ventre.
Les gliptines (inhibiteurs de DPP-4)
  • Les médicaments : sitagliptine : Januvia, Xelevia ; vildagliptine : Galvus ; saxagliptine : Onglyza ; associées à la metformine dans Janumet, Velmetia, Eucreas
  • Comment ça marche : Elles empêchent la destruction du GLP-1 naturel (l'hormone de l'intestin) : le pancréas fabrique un peu plus d'insuline après les repas, seulement quand le sucre est haut.
  • Le but : Faire baisser le sucre avec très peu d'effets indésirables, souvent en complément de la metformine.
  • Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 0,5 à 0,8 point, sans prise de poids. Les études sont neutres sur le cœur : ni bénéfice ni danger (la saxagliptine est déconseillée en cas d'insuffisance cardiaque).
  • Hypoglycémie : Pas d'hypoglycémie quand il est pris seul (risque possible s'il est associé à l'insuline ou à un sulfamide).
  • En pratique : Un comprimé par jour, à n'importe quel moment. Signalez une douleur forte du ventre ou des articulations.
Les sulfamides et les glinides
  • Les médicaments : gliclazide : Diamicron ; glimépiride : Amarel ; glibenclamide : Daonil ; glipizide : Glibénèse ; répaglinide (glinide) : Novonorm et génériques
  • Comment ça marche : Ils « fouettent » le pancréas pour qu'il fabrique plus d'insuline, même quand le sucre n'est pas haut : d'où le risque d'hypoglycémie.
  • Le but : Faire baisser le sucre efficacement, à faible coût.
  • Ce que montrent les études : Baisse de l'HbA1c d'environ 1 point. L'étude UKPDS a montré moins de complications des yeux et des reins grâce à un meilleur équilibre. Prise de poids de 2 à 3 kg en moyenne.
  • Hypoglycémie : Risque d'hypoglycémie : ne pas sauter de repas, avoir toujours du sucre sur soi.
  • En pratique : Sulfamides : le matin ou au début du repas. Répaglinide : juste avant chaque repas (pas de repas, pas de comprimé). Prudence après 75 ans, en cas d'insuffisance rénale, avec l'alcool et avant de conduire.
L'insuline
  • Les médicaments : basale (lente) : insuline glargine (Lantus, Abasaglar, Toujeo), insuline dégludec (Tresiba) ; rapide : insuline asparte (NovoRapid, Fiasp), lispro (Humalog), glulisine (Apidra)
  • Comment ça marche : Elle remplace ou complète l'insuline que le pancréas ne fabrique plus assez : c'est la clé elle-même.
  • Le but : Faire baisser le sucre quand les comprimés et les injections hebdomadaires ne suffisent plus : c'est le traitement le plus puissant.
  • Ce que montrent les études : Aucune limite d'efficacité : la dose s'adapte jusqu'à l'objectif. Neutre sur le cœur (étude ORIGIN). Prise de poids possible.
  • Hypoglycémie : Risque d'hypoglycémie : ne pas sauter de repas, avoir toujours du sucre sur soi.
  • En pratique : Le plus souvent une injection d'insuline lente le soir, dont la dose s'adapte aux glycémies du matin. Ce n'est ni une punition ni un échec. Les infirmiers de la maison de santé vous accompagnent.

Si l'insuline vous est proposée

Les bons réflexes

  • Prenez votre traitement tous les jours, même quand vous vous sentez bien : il agit sur le sucre, pas sur des symptômes.
  • Un oubli ? Ne doublez pas la dose suivante ; demandez conseil à votre pharmacien.
  • Ne l'arrêtez pas de vous-même à cause d'un effet indésirable : parlez-en, il existe presque toujours une autre solution.
  • Montrez la liste de vos médicaments à chaque soignant (dentiste, spécialiste, urgences), et demandez au pharmacien avant tout médicament sans ordonnance.

Le pharmacien, un allié

Il vérifie les associations, explique comment prendre chaque médicament et peut proposer des entretiens d'accompagnement. Il fait partie de l'équipe des ateliers.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y revoit chaque médicament, son rôle et ses effets, pour le prendre en confiance. Les ateliers diabète

Étape 4 · Mon traitement · Chapitre 9 sur 20

Hypoglycémie, hyperglycémie et jours de maladie

Les bons réflexes

L'hypoglycémie : seulement avec certains traitements

Avec la metformine, les gliflozines, les analogues du GLP-1 ou les gliptines seuls, le sucre ne descend pas trop bas. Le risque existe avec l'insuline, les sulfamides et les glinides. Les signes : sueurs, tremblements, faim brutale, palpitations, pâleur, troubles de la vue, malaise, comportement inhabituel.

  1. 1Mesurez— votre glycémie si vous pouvez : moins de 0,70 g/L, c'est une hypoglycémie.
  2. 2Resucrez-vous avec 15 g de sucre— 3 morceaux de sucre, ou un petit verre (150 ml) de jus de fruits ou de soda non « light ».
  3. 3Contrôlez 15 minutes après— si la glycémie est toujours sous 0,70 g/L, reprenez 15 g de sucre.
  4. 4Ensuite— si le prochain repas est loin, mangez un peu de pain ou un fruit ; parlez de cette hypoglycémie à votre médecin.

Personne inconsciente ou qui ne peut plus avaler : ne rien lui donner par la bouche, la mettre en position latérale de sécurité et appeler le 15 ; injection de glucagon par l'entourage si elle a été prescrite.

Le sucre trop haut (hyperglycémie)

Soif intense, bouche sèche, urines abondantes, fatigue, vue trouble, amaigrissement : parlez-en vite à votre médecin. Une infection, la cortisone, un oubli de traitement ou un écart important peuvent en être la cause. Glycémie au-dessus de 3 g/L avec somnolence, vomissements ou respiration rapide : appelez le 15.

Les jours de maladie (fièvre, vomissements, diarrhée)

  • Buvez beaucoup : au moins 1,5 à 2 litres par jour, par petites gorgées. Si vous ne mangez pas, prenez des boissons sucrées, des compotes, des soupes.
  • Si vous vomissez, avez la diarrhée ou ne pouvez plus boire : suspendez la metformine et la gliflozine (et, sur avis médical, les médicaments diurétiques et certains traitements de la tension), et appelez votre médecin. On les reprend dès qu'on mange et boit normalement depuis 24 à 48 heures.
  • Avec l'insuline : ne l'arrêtez jamais, mesurez votre glycémie plus souvent (toutes les 4 heures) et appelez votre médecin ou l'infirmier pour adapter les doses.
  • Consultez si les vomissements empêchent de boire, si la fièvre dure plus de 48 heures, ou si vous êtes somnolent(e) ou confus(e).

Avant une opération ou un examen

Signalez votre diabète et vos médicaments. La metformine est souvent suspendue autour d'un scanner avec injection ; les gliflozines sont arrêtées quelques jours avant une opération. Le médecin qui prescrit l'examen ou l'anesthésiste vous dira quoi faire.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On s'entraîne à reconnaître une hypoglycémie et à adapter son traitement quand on est malade. Les ateliers diabète

Étape 5 · Surveiller pour prévenir · Chapitre 10 sur 20

Mon suivi : les examens de chaque année

Le calendrier qui protège

Les examens réguliers repèrent les complications avant qu'elles ne donnent des symptômes, au moment où on peut encore les arrêter.

QuandQuoiPourquoi
Tous les 3 moisConsultation chez le médecin traitant : poids, tension, pieds et chaussures, HbA1c (2 fois par an si l'objectif est atteint)Adapter le traitement et suivre vos objectifs
Chaque annéePrise de sang : créatinine (DFG), bilan lipidique, bilan du foieLes reins, le cholestérol et le foie
Chaque annéeAnalyse d'urine : albumine (rapport albumine sur créatinine)Le premier signe de fatigue des reins
Chaque année au moinsExamen complet des pieds par le médecin (monofilament), plus souvent selon le gradeRepérer une perte de sensibilité, une artérite, une déformation
Chaque annéeÉlectrocardiogrammeLe cœur
Chaque année, ou tous les 2 ansRétinographie (photo du fond d'œil) ou fond d'œil chez l'ophtalmologiste ; tous les 2 ans si les yeux sont normaux, sans insuline, avec le sucre et la tension à l'objectifLa rétinopathie, qui ne se voit pas avant d'être avancée
Chaque annéeDentiste (tous les 6 mois en cas de maladie des gencives)Les gencives (maladie parodontale)
Chaque automneVaccin contre la grippeÉviter une grippe grave et un diabète déséquilibré
Outil interactif · gardé seulement sur cet appareil

Mon calendrier de suivi

Notez la date de vos derniers examens : ce qui est à jour, ce qui arrive, ce qui est en retard ; à imprimer pour la consultation.

Pris en charge à 100 %

Le diabète fait partie des affections de longue durée (ALD). Votre médecin traitant fait la demande : les soins et examens liés au diabète sont alors remboursés à 100 % sur la base du tarif de l'Assurance maladie.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On apprend à organiser son suivi et à ne rien oublier d'une année sur l'autre. Les ateliers diabète

Étape 5 · Surveiller pour prévenir · Chapitre 11 sur 20

Mesurer sa glycémie : au doigt ou avec un capteur ?

Utile pour certains, pas pour tous

Avec un diabète traité par l'alimentation, la metformine, une gliflozine, un analogue du GLP-1 ou une gliptine, l'HbA1c tous les 3 mois suffit le plus souvent : piquer le doigt tous les jours n'apporte pas grand-chose. L'autosurveillance est utile :

  • avec l'insuline, un sulfamide ou un glinide (risque d'hypoglycémie) ;
  • au début, pour apprendre comment réagit votre sucre aux repas et à l'activité, pendant quelques semaines, sur proposition de votre médecin ;
  • quand le traitement change, pendant une maladie ou un traitement par cortisone ;
  • pendant une grossesse, ou si vous conduisez beaucoup avec un traitement qui peut faire faire des hypoglycémies.

Bien mesurer

  1. Lavez-vous les mains à l'eau et au savon, séchez bien (pas d'alcool, pas de sucre sur les doigts).
  2. Piquez sur le côté du bout du doigt, pas sur la pulpe, en changeant de doigt.
  3. Notez le résultat, l'heure et ce qui l'explique (repas, effort, malaise), ou laissez le lecteur les enregistrer.
  4. Repères habituels : 0,80 à 1,30 g/L avant les repas, moins de 1,80 g/L 2 heures après ; vos objectifs personnels sont fixés avec votre médecin.

Le capteur de glucose (lecteur en continu)

Un petit capteur, collé sur l'arrière du bras pendant 14 jours environ, mesure le sucre en continu sous la peau, sans piqûre au doigt. On lit le résultat sur un lecteur ou un téléphone : le chiffre, une flèche qui montre si le sucre monte ou descend, la courbe des dernières heures, et des alarmes en cas d'hypoglycémie.

Ma situationRemboursé
Diabète de type 1Oui
Diabète de type 2 avec 3 injections d'insuline ou plus par jour, ou pompe à insulineOui
Diabète de type 2 avec insuline lente (moins de 3 injections par jour) et HbA1c de 8 % ou plusOui, depuis 2023
Diabète de type 2 avec insuline lente et HbA1c sous 8 %Non
Diabète de type 2 sans insuline (comprimés, injection hebdomadaire)Non : l'HbA1c et, si besoin, le lecteur au doigt suffisent
  • Votre médecin traitant peut faire la première ordonnance ; elle commence par une période d'essai de 1 à 3 mois, pour vérifier que le capteur vous convient.
  • Un infirmier ou le pharmacien vous apprend à le poser, à le lire et à régler les alarmes.
  • Le capteur mesure le sucre entre les cellules, avec environ 10 minutes de retard sur le sang : en cas de malaise, si le chiffre ne correspond pas à ce que vous ressentez, vérifiez au doigt.
  • Le repère principal devient le temps passé dans la cible (entre 0,70 et 1,80 g/L) : plus de 70 % du temps pour la plupart des personnes, plus de 50 % pour une personne âgée fragile, avec le moins de temps possible sous 0,70 g/L.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On s'entraîne à utiliser son lecteur et à comprendre ses résultats. Les ateliers diabète

Étape 5 · Surveiller pour prévenir · Chapitre 12 sur 20

Prévenir les complications

Yeux, reins, cœur, nerfs, dents

YeuxLa rétinopathieAbîme les petits vaisseaux de la rétine, sans symptôme au début. Le dépistage par photo du fond d'œil permet un traitement à temps. Une vue qui baisse brutalement : consultez vite.
ReinsLa néphropathieLes reins filtrent moins bien, sans douleur. Albumine dans les urines et créatinine chaque année ; la tension, les gliflozines et certains traitements de la tension les protègent.
Cœur et artèresInfarctus, AVC, artériteLe principal risque du diabète. Douleur dans la poitrine, essoufflement inhabituel, faiblesse d'un côté, trouble de la parole : 15. Douleur du mollet à la marche : à signaler.
NerfsLa neuropathieFourmillements, brûlures, pieds qui sentent moins bien : on peut se blesser sans le sentir. D'où l'importance des soins des pieds.
DentsLes gencivesGencives qui saignent, dents qui bougent : le diabète favorise la maladie des gencives, qui elle-même déséquilibre le diabète. Dentiste une fois par an.
SexualitéTroubles de l'érection, sécheresseFréquents, ils se soignent : n'hésitez pas à en parler à votre médecin. Ils peuvent aussi être un signal d'alerte pour les artères.

Ce qui protège vraiment

  • Un sucre proche de votre objectif, dès les premières années.
  • Une tension et un cholestérol bien contrôlés.
  • L'arrêt du tabac.
  • Le suivi régulier, et vos pieds examinés chaque jour.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y parle des complications sans dramatiser, pour savoir comment les éviter. Les ateliers diabète

Étape 5 · Surveiller pour prévenir · Chapitre 13 sur 20

Mes vaccins

Les infections déséquilibrent le diabète

Les infections sont plus fréquentes et plus graves avec un diabète, et elles font monter le sucre. Les vaccins recommandés :

  • Grippe : chaque automne, gratuit pour les personnes diabétiques.
  • Covid-19 : à chaque campagne d'automne.
  • Pneumocoque (pneumonies) : recommandé pour toutes les personnes diabétiques, dès 18 ans.
  • Zona : recommandé pour tous à partir de 65 ans.
  • Diphtérie, tétanos, polio : rappels à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. Vérifiez que votre vaccin contre le tétanos est à jour : c'est important en cas de plaie du pied.

Votre médecin, votre pharmacien et les infirmiers de la maison de santé peuvent vous vacciner.

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds · Chapitre 14 sur 20

Pourquoi les pieds, et les stades du pied diabétique

Une plaie peut passer inaperçue

Le diabète peut abîmer deux choses dans les pieds :

Les nerfsLa neuropathieLes pieds sentent moins la douleur, le chaud, le froid. On peut marcher avec un caillou dans la chaussure ou se brûler sans le sentir. Parfois : fourmillements, brûlures, crampes.
Les artèresL'artériopathie (ou artérite)Le sang circule moins bien dans les jambes : les plaies cicatrisent mal. Signes : pieds froids, douleur du mollet à la marche qui oblige à s'arrêter.
La forme du piedLes déformationsOrteils en griffe, oignon (hallux valgus), pied creux ou plat : des zones frottent et s'abîment.

Avec ces fragilités, un caillou, une ampoule ou un ongle mal coupé peuvent devenir une plaie grave, qui s'infecte, sans faire mal.

La plupart des plaies peuvent être évitées

Des gestes simples, tous les jours, et un examen des pieds au moins une fois par an évitent la grande majorité des plaies et des amputations.

Les 4 stades : le grade de risque podologique

Après avoir examiné vos pieds (sensibilité avec un petit fil de nylon appelé monofilament, pouls, déformations, cicatrices), votre médecin ou votre pédicure-podologue fixe un grade de 0 à 3. Plus le grade est élevé, plus le risque de plaie est grand. Demandez-le : il décide de la fréquence des examens et des soins remboursés. Il est réévalué chaque année.

GradeCe que l'examen montreEn clairSuivi
0Sensibilité normaleRisque faibleExamen des pieds tous les ans
1Perte de sensibilité (neuropathie), sans autre problèmeJe peux me blesser sans le sentirExamen tous les 6 à 12 mois ; soins de pédicure-podologue conseillés tous les 6 mois
2Perte de sensibilité avec artérite des jambes et/ou déformation du piedRisque élevé de plaieExamen tous les 3 à 6 mois ; soins de pédicure-podologue remboursés
3Antécédent de plaie chronique du pied (ulcère) ou d'amputationRisque très élevé de nouvelle plaieExamen tous les 1 à 3 mois ; soins remboursés, chaussage adapté
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Mon grade de risque pour les pieds

Ce que veut dire le grade (0 à 3) fixé par votre médecin, et les soins qui vont avec.

Les complications du pied à connaître

Le motCe que c'est
Mal perforant plantaireUne plaie ronde sous le pied, souvent sous une corne épaisse, qui ne fait pas mal : à montrer le jour même
UlcèreUne plaie qui ne cicatrise pas en quelques semaines
InfectionRougeur, chaleur, gonflement, écoulement, parfois fièvre : urgence, elle peut atteindre l'os
IschémieLe sang n'arrive plus assez : orteil pâle, bleu ou noir, pied froid. Urgence
Pied de CharcotLe pied devient chaud, rouge et gonflé sans plaie, et se déforme : les os se fragilisent. À montrer rapidement

Les soins chez le pédicure-podologue : deux façons d'y aller

  1. 1Avec une ordonnance de votre médecin— il note votre grade et prescrit les séances de soins de prévention.
  2. 2Ou directement chez le pédicure-podologue— il peut évaluer lui-même votre grade lors d'un bilan, puis prendre en charge les soins de grade 2 ou 3 sans ordonnance du médecin.

Ce qui est remboursé

Si vos pieds sont en grade 2, l'Assurance maladie rembourse jusqu'à 5 séances de soins de prévention par an ; en grade 3, jusqu'à 6 séances par an, ou 8 en cas de plaie en cours de cicatrisation. Le grade est réévalué chaque année. En grade 0 et 1, les soins de pédicure ne sont pas remboursés, mais l'examen des pieds par votre médecin l'est. Le suivi des pieds sur ameli.fr

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

Un atelier entier est souvent consacré aux pieds : examen, soins, chaussures, avec du matériel pour s'entraîner. Les ateliers diabète

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds · Chapitre 15 sur 20

Les soins des pieds de tous les jours

Lavage, séchage, crème, ongles, chaussettes

  1. Lavez-vous quotidiennement les pieds à l'eau tiède avec du savon neutre en contrôlant la température de l'eau avec un thermomètre ou votre coude. Ne prenez pas de bain de pieds, car ils font courir le risque de macération et de mycose, préférez la douche quotidienne.
  2. Essuyez-vous soigneusement les pieds, en particulier entre les orteils avec une serviette sèche sans mouvement de scie ; n'utilisez pas de sèche-cheveux car vous risquez de vous brûler.
  3. Appliquez tous les jours une crème hydratante, si possible adaptée aux pieds diabétiques. Veillez à ne pas en mettre entre les orteils.
  4. En cas d'hyperkératose (« corne »), utilisez avec précaution une pierre ponce non agressive juste après la douche. Si cela ne suffit pas, consultez un podologue formé aux soins chez le diabétique. N'utilisez jamais de coricide ni de pansement pour ampoule et ne recourez jamais à des instruments tranchants (ciseaux, scalpels, lames de rasoir…).
  5. Faites très attention à la coupe de vos ongles :
    • coupez-les droit, au carré, en utilisant des ciseaux droits à bouts ronds ; arrondissez les coins de l'ongle au moyen d'une lime en carton ;
    • évitez de couper/limer vos ongles trop court ;
    • si vous avez une mauvaise vue, si vous avez du mal à atteindre vos pieds ou si vos ongles sont trop durs ou déformés, consultez un podologue ;
    • si vous avez un ongle incarné, faites-le traiter rapidement par un podologue ;
    • si vos pieds sont à risque (grade 2 ou 3), ne vous coupez pas les ongles vous-même : confiez-les au pédicure-podologue.
  6. Changez tous les jours de chaussettes. Attention aux coutures et aux élastiques.
  7. Vérifiez chaque fois que vous vous chaussez qu'il n'y a pas d'objets étrangers à l'intérieur (en passant la main jusqu'au bout de la chaussure, ou en la secouant).
  8. Ne marchez jamais pieds nus, ni chez vous ni à la plage.
  9. N'utilisez pas de source de chaleur directe (bouillottes, cheminées, couverture chauffante, radiateur) pour vous réchauffer les pieds.
  10. Faites régulièrement des mouvements d'assouplissement de vos pieds, par exemple : extension-flexion des avant-pieds, de la cheville et des orteils, massage de la voûte plantaire avec une balle de tennis.
  11. Vérifiez que votre vaccin antitétanique est à jour.

Ce qu'il ne faut jamais faire

  • Marcher pieds nusni chez vous, ni à la plage, ni à la piscine
  • Bain de piedsmacération et mycoses
  • Bouillotte, sèche-cheveux chaud, radiateurbrûlure sans la sentir
  • Lame, coupe-cor, coricideplaie qui s'infecte
  • Pansement pour ampouleil colle et arrache la peau

Conseils repris de la fiche du Dr Favre « Conseils pieds diabétiques », d'après les conseils aux patients à risque de troubles trophiques de la Haute Autorité de santé.

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds · Chapitre 16 sur 20

Examiner ses pieds chaque jour

Deux minutes qui évitent une plaie

  1. Examinez vos pieds chaque jour. Si vous manquez de souplesse pour atteindre vos pieds, aidez-vous d'un miroir. Si vous avez des difficultés de vision, faites appel à un proche.
  2. Examinez l'ensemble du pied avec un bon éclairage pour déceler toute lésion sous la plante des pieds et entre les orteils.
    • Il faut rechercher toute irritation, fissuration, macération, cor, callosité, ampoule, blessure superficielle ou plaie minime de la plante, du dos, des bords du pied et dans les espaces entre les orteils.
    • Il faut inspecter les ongles pour repérer une rougeur, un suintement, un ongle incarné ou épaissi et déformé.
  3. Contactez votre médecin devant toute anomalie et ne perdez pas de temps, surtout en cas de plaie, même si elle n'est pas douloureuse.

Où regarder

La plante du pied vue de dessous, avec 5 zones à regarder chaque jour : 1 entre les orteils (macération, mycose) ; 2 sous les orteils et les ongles (cors, ongle incarné) ; 3 l'avant-pied (corne, mal perforant) ; 4 les bords du pied (frottement des chaussures) ; 5 le talon (crevasses, fissures). Regardez aussi le dessus du pied, avec un miroir ou l'aide d'un proche.

Le bon moment

Le soir, après la douche ou en enlevant vos chaussures : c'est là que les rougeurs dues aux chaussures se voient le mieux. Un miroir posé au sol permet de voir la plante sans se contorsionner.

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Mon examen des pieds du jour

Cochez ce que vous voyez : ce qu'il faut faire, de « tout va bien » à « appelez votre médecin aujourd'hui ».

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds · Chapitre 17 sur 20

Bien se chausser

Chaussures et chaussettes adaptées

  1. Les chaussures, en matériau souple, doivent avoir un volume adapté à celui de vos pieds, avec une semelle antidérapante, sans couture intérieure et avec des lacets ou velcro. Sauf indication particulière, les talons ne doivent pas dépasser 4 cm et être suffisamment larges pour une bonne stabilité.
  2. Le pied doit toujours être protégé dans la chaussure par des chaussettes ou des bas. Les chaussettes doivent être changées tous les jours, sans trous ni reprises. Les chaussettes doivent être assez épaisses, sans coutures saillantes. Évitez que les bas ou chaussettes serrent trop la jambe pour faciliter la circulation.
  3. Évitez les tongs, sandales, espadrilles et mules, etc. et toute chaussure ouverte.
  4. Ne gardez jamais des chaussures neuves toute la journée.
  5. Il est préférable d'avoir deux paires de chaussures, afin de changer tous les jours de chaussures.
  6. Achetez vos chaussures en fin de journée en raison de l'œdème de déclivité (pieds enflés le soir).
  7. Si vous portez des orthèses plantaires (semelles), placez-les dans les chaussures pour les essayer en vérifiant que le volume soit suffisant.
  8. Portez tous les jours vos orthèses plantaires, vos orthoplasties, et vos chaussures orthopédiques, y compris à la maison, sauf en cas de plaie.

Astuce

Portez vos chaussettes coutures à l'envers (à l'extérieur) pour qu'elles ne frottent pas. Les premières fois, portez vos chaussures neuves une heure, puis regardez vos pieds.

Chaussures et semelles remboursées

Si vos pieds sont à risque (grade 2 ou 3), votre médecin peut prescrire des semelles sur mesure, des chaussures thérapeutiques ou orthopédiques, en partie remboursées. Parlez-en avec lui et avec votre pédicure-podologue.

Étape 6 · Prendre soin de mes pieds · Chapitre 18 sur 20

Que faire en cas de plaie ?

Toute plaie est une urgence

Toute plaie, même non douloureuse, est une urgence. Appelez votre médecin le jour même ; le soir et le week-end, le médecin de garde (116 117). Pied rouge, chaud, gonflé avec de la fièvre, ou pied froid, pâle ou noir : 15.

  • Si vous constatez une plaie, ne mettez pas d'antiseptique sur la peau.
  • Si vous avez identifié la cause de la plaie (chaussure, corps étranger…), supprimez-la immédiatement. Contactez immédiatement votre médecin.
  • Nettoyez la plaie avec de l'eau et du savon ou avec un savon liquide et recouvrez par une compresse sèche.
  • Ne marchez pas sur le pied blessé : la décharge (ne plus appuyer dessus) fait partie du traitement.

Les messages à retenir pour les pieds à risque

  • une hygiène stricte : lavage, séchage, hydratation tous les jours ;
  • la coupe d'ongle confiée au pédicure-podologue. À défaut, la coupe d'ongles une fois par mois – doit se faire au carré en limant les bords ;
  • les gestes de l'autoexamen : inspecter les pieds quotidiennement, si nécessaire à l'aide d'un miroir ou par un aidant, vérifier intérieur chaussure (recherche corps étrangers, caillou, gravillon…) ;
  • la reconnaissance de situations à risque : rougeur, écoulement, fissures, plaques d'hyperkératose ;
  • la conduite à tenir en cas de plaie : lavage eau et savon, pansement protecteur sans adhésif directement sur la peau et contacter médecin ;
  • pas de marche pieds nus, pas de bain de pieds, pas de bouillotte, pas de séchoir chaud, pas d'usage de lame (type coupe-cor)… ;
  • porter des chaussettes coutures à l'envers.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y apprend à examiner ses pieds et à réagir vite, avec un proche si vous le souhaitez. Les ateliers diabète

Vivre avec et se faire aider · Chapitre 19 sur 20

Vivre avec son diabète

Travail, conduite, voyages, fêtes et jeûne

TravailLa plupart des métiers sont possiblesVous n'êtes pas obligé(e) d'en parler à votre employeur. Le médecin du travail est tenu au secret ; il peut aider à adapter le poste (horaires, repas, travail de nuit).
ConduitePrudence avec certains traitementsAvec l'insuline, un sulfamide ou un glinide : contrôlez votre glycémie avant de conduire, ayez du sucre dans la voiture, arrêtez-vous au moindre signe d'hypoglycémie. Votre médecin vous dit si un avis médical pour le permis est nécessaire.
VoyagesBien préparerTraitement en double dans le bagage cabine, ordonnance, sucre, assurance. L'insuline voyage en cabine, jamais en soute.
Jeûne, RamadanEn parler avantLe jeûne peut être dangereux avec certains traitements : consultez 1 à 2 mois avant pour adapter le traitement ou décider s'il est possible.
Fêtes et restaurantProfiter sans culpabiliserUn repas de fête de temps en temps ne déséquilibre pas le diabète : c'est la régularité qui compte. Marchez après le repas.
EntourageLe diabète de type 2 est souvent familialVos parents, frères, sœurs et enfants adultes ont un risque plus élevé : conseillez-leur un dépistage par une prise de sang.

Aux ateliers d'éducation thérapeutique

On y partage les astuces des uns et des autres pour le travail, les fêtes et les voyages. Les ateliers diabète

Vivre avec et se faire aider · Chapitre 20 sur 20

Se faire aider : associations et ressources

Associations de patients, sites et numéros utiles

À la maison de santé du Triolo

  • Votre médecin traitant : diagnostic, objectifs, traitement, examens, orientation.
  • Les infirmiers : prises de sang, démarrage de l'insuline, soins à domicile.
  • La diététicienne : alimentation adaptée à votre vie.
  • Le pharmacien : traitements, conseils, entretiens.
  • La psychologue : quand le moral flanche.
  • Les assistantes médicales : électrocardiogramme, tension.
  • Les ateliers d'éducation thérapeutique : page des ateliers.

Les associations de patients

La Fédération française des diabétiques est l'association nationale des personnes diabétiques, animée par des patients. Elle propose :

  • un programme d'accueil pour les personnes qui viennent de découvrir leur diabète de type 2 : un e-mail par jour pendant une semaine (fiches, vidéos, podcasts), puis une mise en relation avec l'association locale ;
  • une ligne d'écoute solidaire, tenue par des bénévoles, gratuite, tous les jours de 10 h à 20 h ;
  • des associations locales : dans la métropole, la délégation de Lille de l'Association des diabétiques de Flandre maritime (Marcq-en-Barœul).
  • 01 84 79 21 56Ligne d'écoute solidaire de la Fédération française des diabétiques

L'Assurance maladie

Le service sophia accompagne gratuitement les personnes diabétiques (régime général, plus de 18 ans), par des infirmiers-conseillers, des livrets et des recettes, sans engagement.

  • 0 809 400 040sophia, infirmiers-conseillers de l'Assurance maladie (du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, le samedi de 9 h à 13 h)
Rédigé par le Dr Jonathan Favre avec l'assistance d'une intelligence artificielle

Guide rédigé à la demande du Dr Favre, comme support de la consultation de découverte du diabète, d'après sa fiche « Conseils pieds diabétiques » (conseils aux patients à risque de troubles trophiques, examen des pieds et chaussage, Haute Autorité de santé), la stratégie thérapeutique du diabète de type 2 de la Haute Autorité de santé (2024), le parcours de soins du diabète de type 2 de la Haute Autorité de santé (juin 2025 : check-list du suivi, fiche « Prévention du pied à risque » avec l'Assurance maladie), les recommandations de la Société francophone du diabète, du Groupe international de travail sur le pied diabétique (IWGDF 2023), et les ressources de la Fédération française des diabétiques et de l'Assurance maladie. Ces informations sont générales : elles ne remplacent pas l'avis de votre médecin.

Une question sur votre diabète ? Notez-la et posez-la à votre médecin traitant à la prochaine consultation, et demandez-lui les prochaines dates des ateliers d'éducation thérapeutique.