L'essentiel en 5 points
- C'est le LDL-cholestérol (le « mauvais ») en excès qui bouche les artères ; l'objectif est de le faire baisser.
- L'alimentation méditerranéenne et la réduction des graisses saturées font baisser le LDL de 10 à 15 %.
- Les statines réduisent le risque d'infarctus et d'AVC d'environ 25 à 30 % chez les personnes à risque élevé.
- La plupart des douleurs musculaires attribuées aux statines existent aussi sous placebo : n'arrêtez jamais sans avis médical.
- Aucun complément (ni levure de riz rouge, ni oméga-3 en gélules) ne remplace une statine.
Votre situation
Les 6 chapitres
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Comprendre le cholestérol
Le bon, le mauvais, et le risque global
Le cholestérol est une graisse naturelle du sang, indispensable au corps. Il en existe deux formes :
Le HDL, le « bon »
- Il ramasse le cholestérol en trop dans les artères et le ramène au foie pour être éliminé.
Le LDL, le « mauvais »
- En excès, il se dépose dans les artères et forme des plaques qui les bouchent peu à peu (athérosclérose), cause des infarctus et des AVC.
Le cholestérol n'est qu'un facteur parmi d'autres : âge, tabac, diabète, hypertension, sédentarité, hérédité. Votre médecin calcule votre risque global. Voir le guide Risque cardiovasculaire.
Alimentation et mode de vie
Pour tous, avec ou sans médicament
Ces mesures s'appliquent à tous, avec ou sans traitement. Elles peuvent faire baisser le LDL de 10 à 15 %.
À privilégier
- Fruits et légumes : au moins 5 portions par jour.
- Poisson 2 à 3 fois par semaine, dont un gras (oméga-3).
- Huiles d'olive et de colza.
- Une poignée de noix, amandes, noisettes non salées par jour (LDL -5 à 10 %).
- Légumineuses, céréales et pain complets.
- Fibres solubles (avoine, orge, pomme, agrumes) : elles piègent le cholestérol dans l'intestin.
À limiter
- Graisses saturées : beurre en excès, crème, plus de 30 g de fromage par jour, viandes grasses, charcuteries, viennoiseries, huiles de palme et de coco.
- Graisses trans (hydrogénées) : margarines dures, biscuits industriels, plats préparés.
- Produits ultra-transformés.
Le cholestérol des aliments (les œufs, par exemple) influence peu le cholestérol du sang chez la plupart des gens : ce sont les graisses saturées et trans qui comptent.
Les 4 autres piliers
- Activité physique au moins 150 minutes par semaine : elle augmente le HDL.
- Perte de poids si surpoids.
- Arrêt du tabac : la mesure la plus efficace pour le cœur.
- Alcool : pas de bénéfice sur le cholestérol ; 10 verres par semaine au maximum.
Les statines : votre traitement expliqué
Le seul traitement du cholestérol qui réduit la mortalité
Pourquoi une statine ?
Les statines réduisent le risque d'infarctus et d'AVC d'environ 25 à 30 % chez les personnes à risque élevé ; ce sont les seuls médicaments du cholestérol qui ont montré une baisse de la mortalité.
- Vous n'avez jamais eu d'infarctus ni d'AVC : la décision dépend de votre risque global, calculé par votre médecin. S'il est élevé, une statine est recommandée même si le cholestérol n'est que modérément élevé.
- Après un infarctus, un AVC ou une maladie des artères : la statine est systématique, à forte dose, quel que soit le taux de cholestérol.
Bien la prendre
- Tous les jours. La simvastatine se prend plutôt le soir ; l'atorvastatine et la rosuvastatine à n'importe quel moment.
- Pas de grandes quantités de pamplemousse avec la simvastatine ou l'atorvastatine (un petit verre de temps en temps est sans risque).
- Pas de levure de riz rouge en plus : elle contient une statine naturelle et peut surdoser.
- Une prise de sang de contrôle 2 à 3 mois après le début ; ensuite, pas besoin de la refaire chaque année si l'objectif est atteint.
- L'alimentation et l'activité restent indispensables : la statine ne les remplace pas.
Douleurs musculaires : démêler le vrai du faux
Souvent un effet « nocebo »
Ce que disent les études
Les douleurs musculaires sont la première cause d'arrêt des statines. Pourtant, de grandes études (plus de 120 000 personnes) montrent qu'elles surviennent presque autant sous placebo : c'est l'effet « nocebo » (on s'attend à avoir mal, donc on a mal). La statine n'est réellement en cause que chez environ 1 personne sur 15 qui se plaint de douleurs ; les atteintes musculaires graves sont exceptionnelles.
Les vrais effets indésirables, rares
- Douleurs musculaires réellement liées au médicament : le médecin peut baisser la dose, changer de molécule ou espacer les prises.
- Légère hausse des enzymes du foie, le plus souvent bénigne et réversible.
- Risque de diabète légèrement augmenté (environ 1 cas de plus pour 200 personnes traitées 4 ans), largement compensé par le bénéfice pour le cœur.
Ne jamais arrêter votre statine sans en parler à votre médecin. Il peut proposer un essai pour vérifier si les douleurs viennent vraiment du médicament.
Les compléments alimentaires
Ce qui marche, ce qui ne marche pas
- Compléments et vitamines (oméga-3 en gélules, vitamine E, antioxydants)Aucune preuve de réduction du risque cardiovasculaire
- Levure de riz rougeElle contient une statine naturelle à dose non garantie, avec les mêmes effets indésirables, sans preuve de baisse de la mortalité : autant prendre un médicament bien dosé
Les phytostérols
Les margarines enrichies en phytostérols (2 g par jour) baissent le LDL de 7 à 10 %, mais sans preuve de moins d'infarctus. Un complément possible, pas un traitement.
Quand consulter ?
Signes à signaler
Consultez
- En cas de douleurs musculaires importantes ou persistantes (sans arrêter seul le traitement).
- En urgence si des urines foncées (couleur de cola) accompagnent des douleurs musculaires.
- Avant d'arrêter votre traitement, pour quelque raison que ce soit.
Appelez le 15 en cas de douleur dans la poitrine, d'essoufflement brutal ou de paralysie d'un côté.
Les 7 règles essentielles
- Alimentation méditerranéenne : légumes, fruits, poisson, huile d'olive, noix, légumineuses.
- Moins de graisses saturées et trans.
- Bouger 150 minutes par semaine, ne pas fumer, limiter l'alcool.
- Si votre médecin prescrit une statine : le bénéfice est prouvé et supérieur aux risques.
- Douleurs musculaires : souvent un effet nocebo ; n'arrêtez jamais sans avis.
- Pas de compléments à la place d'une statine.
- L'hygiène de vie reste indispensable même sous traitement.
- Risque cardiovasculaireGuide de la maison de santé
- Hypertension artérielleGuide de la maison de santé
- Bien manger au quotidienGuide de la maison de santé
Guide réalisé d'après la fiche du Dr Favre « Cholestérol : comprendre, prévenir et traiter », fondée sur les recommandations européennes de cardiologie et d'athérosclérose (ESC/EAS 2019-2025), la HAS et une méta-analyse du Lancet (2022) sur les effets musculaires des statines. Ces informations sont générales : elles ne remplacent pas l'avis de votre médecin.
Une question sur votre traitement ? Parlez-en à votre médecin traitant avant tout arrêt : il peut adapter la dose ou changer de molécule.