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Enfants & familles · Guide pour les parents

Sommeil de l'enfant et du bébé : repères, coucher sûr et nuits plus calmes

Combien d'heures de sommeil à chaque âge et à quelle heure coucher son enfant, coucher bébé en sécurité, le rituel du soir, les méthodes qui marchent pour les réveils de la nuit, les écrans et l'adolescent, les ronflements et terreurs nocturnes, et un bilan pour savoir quand consulter.

10 chapitres · 19 min en tout
D'après la HAS, Santé publique France, l'Anses, l'Académie américaine de pédiatrie et l'Académie américaine de médecine du sommeil · révision 10/2026Rédigé par le Dr Jonathan Favre avec l'assistance d'une intelligence artificielle

L'essentiel en 5 points

  1. Bébé dort sur le dos, dans son lit, dans une gigoteuse, sans rien autour, dans la chambre des parents les 6 premiers mois.
  2. Se réveiller la nuit est normal chez le bébé ; « faire ses nuits » arrive entre 3 mois et bien plus tard.
  3. Un rituel court et toujours identique, une heure de coucher régulière et pas d'écran le soir règlent la plupart des difficultés.
  4. Après 6 mois, les méthodes comportementales améliorent les réveils de la nuit, sans nuire au lien avec l'enfant.
  5. Ronflement habituel, pauses respiratoires ou somnolence : parlez-en au médecin. Ni somnifère, ni sirop, ni mélatonine sans avis médical.

Les 10 chapitres

Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .

1Combien d'heures ?Cycles de sommeil du bébé, mise en place du rythme jour-nuit, durées conseillées et heure du coucher selon l'âgeBesoinsÂgeCoucher2Couchage sûrSur le dos, dans son lit, dans une gigoteuse, sans rien autour ; chambre des parents ; tabac ; températureSécuritéMort inattendueBébé3De 0 à 1 anDifférencier le jour et la nuit, signes de fatigue, poser bébé somnolent mais éveillé, tétées de nuit, pleurs du soir, ne jamais secouerBébéPleursRythme4De 1 à 5 ansRituel du coucher, objet de transition, refus du coucher et limites, peurs du noir, fin de la sieste, passage au grand litCoucherRituelPeurs5Les méthodesPourquoi l'enfant se réveille, trois méthodes évaluées (retrait progressif, attentes croissantes, décalage du coucher), ce que disent les études, plan personnaliséRéveilsEndormissementMéthodes6École et adoÉcrans et téléphone, horaires réguliers, caféine et boissons énergisantes, horloge décalée de l'adolescent, rentrée scolaireÉcoleAdolescentÉcrans7Les troublesApnées du sommeil de l'enfant, terreurs nocturnes, somnambulisme, cauchemars, rythmies, grincements de dents, jambes sans reposRonflementApnéesTerreurs nocturnes8MédicamentsPas de somnifère chez l'enfant, antihistaminiques, mélatonine, plantes et compléments, huiles essentielles, homéopathieMédicamentsMélatonineHuiles essentielles9Quand consulterRepérage des troubles du sommeil en 5 thèmes (coucher, journée, nuit, rythme, respiration), signes d'alerte, à qui s'adresserRepérageConsulterSignes d'alerte10SourcesRecommandations françaises et internationales, études citées (identifiants PubMed)Sources
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Comment dort un enfant, et combien d'heures ?

Les repères de chaque âge, et l'heure du coucher

Le sommeil d'un enfant n'est pas un sommeil d'adulte en miniature. Il mûrit pendant les premières années : connaître ce qui est normal à chaque âge évite bien des inquiétudes.

Ce qui est normal chez le bébé

  • Des cycles courts : environ 50 à 60 minutes chez le bébé, contre 90 minutes chez l'adulte. Entre deux cycles, il se réveille brièvement : c'est normal.
  • Un sommeil agité au début : le nouveau-né s'endort en sommeil « agité » (grimaces, sourires, petits bruits, mouvements des yeux). Il dort : inutile de le prendre aussitôt.
  • Le rythme jour-nuit se met en place entre 6 semaines et 6 mois, grâce à la lumière du jour, aux repas et aux bruits de la vie.
  • « Faire ses nuits » veut dire dormir 5 à 6 heures d'affilée. Beaucoup de bébés y arrivent entre 3 et 6 mois, d'autres bien plus tard ; se réveiller encore la nuit vers 1 an reste fréquent.

Durée de sommeil conseillée selon l'âge

Durée de sommeil conseillée par 24 heures, siestes comprises (National Sleep Foundation) : nouveau-né de 0 à 3 mois, 14 à 17 heures ; bébé de 4 à 11 mois, 12 à 15 heures ; 1 à 2 ans, 11 à 14 heures ; 3 à 5 ans, 10 à 13 heures ; 6 à 13 ans, 9 à 11 heures ; 14 à 17 ans, 8 à 10 heures ; adulte de 18 à 64 ans, 7 à 9 heures ; 65 ans et plus, 7 à 8 heures.
ÂgePar 24 heuresLes siestes
0 à 3 mois14 à 17 heuresNombreuses, à la demande
4 à 11 mois12 à 15 heures3 siestes, puis 2 vers 8-9 mois
1 à 2 ans11 à 14 heures2 siestes, puis 1 entre 12 et 18 mois
3 à 5 ans10 à 13 heures1 sieste jusqu'à 3-4 ans, puis un temps calme
6 à 13 ans9 à 11 heuresPlus de sieste
14 à 17 ans8 à 10 heuresCourte si besoin, avant 17 h

Le manque de sommeil ne se voit pas toujours comme de la fatigue

  • Chez l'enfant, il se montre souvent par de l'agitation, des colères, des pleurs faciles, des difficultés de concentration à l'école.
  • Un enfant qui s'endort à chaque trajet en voiture, qu'il faut réveiller tous les matins ou qui « récupère » beaucoup le week-end manque probablement de sommeil.
  • Le meilleur repère reste son humeur et sa forme dans la journée : chaque enfant a son propre besoin.

Pour trouver la bonne heure du coucher, on part de l'heure du lever (souvent imposée par l'école ou la crèche) et on remonte le temps de sommeil de son âge :

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Combien d'heures de sommeil pour mon enfant ?

Choisissez son âge et son heure de lever : durée conseillée, siestes, heure du coucher, et comparaison avec ses horaires actuels.

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Coucher bébé en sécurité

Les gestes qui protègent de la mort inattendue du nourrisson

La mort inattendue du nourrisson touche surtout les bébés de moins de 6 mois. Le risque a fortement baissé depuis que l'on couche les bébés sur le dos. Ces gestes simples valent pour chaque sommeil, la nuit comme pour les siestes, chez vous comme chez la nounou ou les grands-parents.

Les gestes qui protègent, à chaque sommeil

  1. Sur le dos, toujours, jusqu'à ce qu'il se retourne seul dans les deux sens. Jamais sur le ventre ni sur le côté.
  2. Dans son propre lit, à barreaux ou berceau aux normes, avec un matelas ferme et plat, bien adapté au lit (pas d'espace sur les côtés), un drap housse et c'est tout.
  3. Dans une gigoteuse (turbulette) adaptée à sa taille : ni couette, ni couverture, ni oreiller, ni tour de lit, ni peluche dans le lit les premiers mois.
  4. Dans la chambre des parents si possible les 6 premiers mois, mais dans son lit à lui.
  5. Une chambre à 18-20 °C, pas trop couvert, pas de bonnet pour dormir : la tête lui sert à évacuer la chaleur.
  6. Aucune fumée de tabac, ni pendant la grossesse ni autour de lui : c'est l'un des facteurs de risque les plus importants.
  7. L'allaitement protège ; la tétine au moment de l'endormissement aussi (une fois l'allaitement bien installé, sans la forcer ni la remettre s'il la perd).

Les situations les plus dangereuses

  • Dormir avec bébé sur un canapé ou dans un fauteuil : c'est la situation la plus à risque. Si vous sentez que vous vous endormez en le tenant, posez-le dans son lit.
  • Partager son lit avec bébé quand un adulte fume, a bu de l'alcool, pris des médicaments qui font dormir ou des drogues, ou est très fatigué ; ou quand bébé est prématuré ou a moins de 4 mois.
  • Les cale-bébés, coussins de positionnement, matelas inclinés, nids et cocons pour dormir : ils ne protègent pas et peuvent étouffer.
  • Laisser bébé dormir longtemps dans un siège auto, un transat ou une écharpe sans surveillance : dès l'arrivée, on le couche à plat.
  • Le collier d'ambre ou tout collier, cordon de tétine long, ou bijou : risque d'étranglement.

Questions fréquentes

QuestionRéponse
« Et s'il régurgite sur le dos ? »Un bébé en bonne santé avale ou rejette ses régurgitations sans danger, même sur le dos : le dos reste la position la plus sûre, reflux compris (sauf avis médical contraire).
« Il a la tête plate d'un côté »Plusieurs fois par jour, quand il est éveillé et surveillé, posez-le sur le ventre pour jouer. Alternez le côté où vous le posez dans le lit et d'où vous lui parlez. Parlez-en au médecin si la forme ne s'améliore pas.
« Peut-on l'emmailloter ? »Ce n'est pas nécessaire. Si vous le faites, jamais sur le ventre, les hanches libres, et on arrête dès qu'il essaie de se retourner (souvent vers 2 à 3 mois).
« Faut-il un moniteur de respiration ? »Non : les appareils vendus aux parents ne réduisent pas le risque et ne remplacent pas les gestes ci-dessus.
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De 0 à 1 an : installer de bons repères

Le jour, la nuit, les pleurs

Avant 6 mois, il n'y a rien à « apprendre » de force à un bébé : on répond à ses besoins. Mais quelques repères l'aident à trouver son rythme plus vite.

Le jour et la nuit, bien différents

Le jourLa nuit
Lumière naturelle, même pendant les siestes (pas de volets fermés)Pénombre ; une veilleuse faible suffit pour s'occuper de lui
Bruits de la vie normale, on ne chuchote pasCalme, peu de paroles, voix douce
Tétées et biberons animés : on lui parle, on joueTétées et biberons calmes, sans jeu ; on ne change la couche que si nécessaire
Promenades dehors, lumière du jourPas d'écran allumé dans la pièce

Repérer le bon moment

Les signes de fatigue : il bâille, se frotte les yeux, regarde dans le vide, devient grognon, se détourne du jeu. C'est le moment de le coucher : trop attendre le rend plus agité et l'endormissement devient difficile.

Une habitude qui aide beaucoup

Dès les premières semaines, posez-le de temps en temps dans son lit somnolent mais encore éveillé. Il découvre qu'il peut s'endormir dans son lit, sans être bercé jusqu'au bout. S'il pleure, on le reprend, sans culpabilité : on réessaiera.

Les réveils de la nuit

  • Avant 6 mois, la plupart des bébés ont besoin de manger la nuit : on y répond.
  • Après 6 mois, beaucoup de bébés qui grandissent bien n'ont plus besoin de manger la nuit ; ils se réveillent par habitude, pour retrouver la façon dont ils se sont endormis (sein, biberon, bras). Parlez-en avec le médecin selon sa croissance.
  • L'allaitement de nuit n'est pas un problème en soi : s'il vous convient, rien n'oblige à l'arrêter.
  • Vers 8 à 10 mois, l'angoisse de la séparation peut réveiller : un doudou, un rituel stable et une présence rassurante l'aident à passer ce cap.

Les pleurs du soir

Beaucoup de bébés pleurent davantage en fin de journée, avec un pic vers 6 semaines, et cela s'apaise vers 3 à 4 mois. Ce n'est pas un problème de sommeil ni un manque d'amour. Bercer, porter, un bain tiède, un bruit régulier, une promenade aident souvent.

Si vous êtes à bout : ne jamais secouer un bébé

  • Secouer un bébé, même quelques secondes, peut lui causer des lésions graves du cerveau, voire la mort.
  • Si les pleurs deviennent insupportables : posez bébé sur le dos dans son lit, sortez de la pièce, respirez, appelez quelqu'un. Un bébé qui pleure dans son lit est en sécurité.
  • Passez le relais dès que possible, et parlez-en au médecin : l'épuisement des parents se soigne aussi.
  • Un bébé qui pleure de façon inhabituelle, a de la fièvre, vomit, refuse de manger ou paraît mou doit être vu par un médecin. En cas d'urgence : 15.
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De 1 à 5 ans : le coucher, le rituel, les peurs

Les soirs plus faciles

C'est l'âge des négociations du soir : un dernier verre d'eau, une autre histoire, un pipi… C'est normal : l'enfant teste les limites et n'aime pas quitter ses parents. Un cadre calme et prévisible est ce qui rassure le plus.

Le rituel du coucher, en 20 à 30 minutes

  1. Toujours à la même heure, à une demi-heure près, week-end compris.
  2. Toujours dans le même ordre : toilette ou bain, pyjama, dents, une ou deux histoires (nombre annoncé à l'avance), câlin, bonne nuit.
  3. Dans la chambre, lumière douce, sans écran (ni dans l'heure d'avant).
  4. Il s'endort dans son lit, avec son doudou, en vous sachant tout près.
  5. Vous pouvez faire une affiche du rituel avec des dessins ou des photos : il aime suivre les étapes et cela évite les discussions.

Quand il refuse de se coucher ou rappelle sans cesse

  • Annoncez la fin du jeu 10 minutes avant (« encore un jeu et on va prendre le bain »).
  • Laissez-lui des petits choix : quel pyjama, quelle histoire. Mais pas le choix d'aller au lit.
  • Après le rituel, répondez aux appels de façon brève, calme et ennuyeuse : « C'est l'heure de dormir, je suis là, bonne nuit. »
  • S'il se relève, raccompagnez-le au lit sans discussion ni colère, autant de fois que nécessaire.
  • Le lendemain, félicitez-le pour ce qui s'est bien passé ; un tableau d'autocollants marche bien à partir de 3 ans.
  • Un enfant qui n'a pas sommeil à l'heure du coucher se couche peut-être trop tôt pour son besoin, ou fait une sieste trop longue ou trop tardive : utilisez l'outil du premier chapitre.

Peurs du noir, monstres et séparation

Vers 2 à 5 ans, l'imagination grandit et les peurs du soir sont très fréquentes. Écoutez-les sans vous moquer, mais sans entrer dans le jeu (pas de « chasse aux monstres » qui confirme qu'ils existent). Une veilleuse, la porte entrouverte, un doudou, et la promesse de repasser le voir dans 5 minutes (tenue !) suffisent souvent.

La fin de la sieste, le grand lit

  • La sieste disparaît entre 3 et 5 ans. S'il ne dort plus, gardez un temps calme allongé de 30 à 45 minutes ; s'il s'endort tard le soir à cause de la sieste, réveillez-le avant 15 h 30-16 h.
  • Le passage au grand lit se fait souvent entre 2 et 3 ans, ou plus tôt s'il escalade les barreaux. Évitez de le faire en même temps qu'un autre grand changement (naissance, entrée à l'école, propreté).
  • Le pipi au lit est normal jusqu'à 5 ans ; on n'en fait pas un sujet de reproche.
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Réveils et endormissement : les méthodes qui marchent

Apprendre à s'endormir seul, en douceur, après 6 mois

Tout le monde se réveille plusieurs fois par nuit, adultes compris, entre deux cycles. La différence : un enfant qui sait s'endormir seul se rendort sans s'en rendre compte. Celui qui s'endort toujours au sein, au biberon ou dans les bras réclame la même chose à chaque réveil, parfois 4 ou 5 fois par nuit.

Ce que disent les études

  • Les méthodes comportementales améliorent l'endormissement et les réveils de la nuit chez la grande majorité des enfants : une revue de 52 études de l'Académie américaine de médecine du sommeil trouve une amélioration nette chez plus de 80 % des enfants, maintenue plusieurs mois.
  • Elles ne nuisent pas à l'enfant : dans un essai, le stress de l'enfant (mesuré dans la salive) n'augmentait pas et l'attachement à 1 an était le même ; un suivi de 5 ans ne trouve aucun effet négatif sur les émotions, le comportement ou la relation parent-enfant.
  • Elles réduisent aussi l'épuisement et la déprime des parents.
  • On les propose à partir de 6 mois, chez un enfant en bonne santé, qui grandit bien.

Trois méthodes, à choisir selon votre famille

MéthodeCommentPour qui
Le retrait progressif (la chaise)Vous restez près du lit pendant qu'il s'endort, sans le prendre, puis vous éloignez votre chaise tous les 2 à 3 soirs, jusqu'à sortir de la chambre.Les parents qui ne supportent pas de le laisser pleurer ; plus long (2 à 3 semaines).
Les attentes croissantesAprès le rituel, vous sortez. S'il pleure, vous revenez brièvement le rassurer (sans le prendre) après 3 minutes, puis 5, puis 10 ; les attentes s'allongent un peu chaque soir.Le plus rapide : souvent moins d'une semaine. Quelques pleurs courts les premiers soirs.
Le décalage du coucherOn le couche d'abord à l'heure où il s'endort vraiment, puis on avance le coucher d'un quart d'heure tous les 2 soirs.L'enfant qui met très longtemps à s'endormir ou se couche tard ; peu de pleurs.

Les clés de la réussite, quelle que soit la méthode

  • Les deux parents sont d'accord et tiennent bon au moins 1 à 2 semaines : les 3 premières nuits sont les plus difficiles, puis cela s'améliore vite.
  • La même réponse à chaque réveil de la nuit que le soir.
  • On choisit une période calme (pas pendant une maladie, une poussée dentaire douloureuse, un voyage ou une rentrée).
  • Si l'enfant est malade, a de la fièvre ou semble souffrir, on répond à ses pleurs et on reprend plus tard.
  • Aucune méthode n'est obligatoire : le cododo choisi et sûr, ou les réveils qui ne gênent personne, ne sont pas un problème.

Préparez votre plan, à imprimer et à garder près du lit :

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Notre plan pour des nuits plus calmes

À partir de 6 mois : choisissez une méthode (retrait progressif, attentes croissantes ou décalage du coucher) et obtenez un plan nuit par nuit à imprimer.

Chapitre 6 sur 10

L'enfant d'âge scolaire et l'adolescent

Protéger le sommeil des grands

Entre 6 et 12 ans, le sommeil est le plus profond et le plus réparateur de la vie. Mais beaucoup d'enfants et la majorité des adolescents dorment moins que leur besoin, surtout à cause des écrans et des couchers tardifs.

Les règles qui protègent le sommeil des grands

  1. Pas d'écran dans la chambre : téléphone, tablette et console se rechargent dans le salon la nuit.
  2. Pas d'écran dans l'heure avant le coucher : lecture, musique calme, discussion, douche.
  3. Un lever régulier, à 1 heure près le week-end ; une grasse matinée de plus de 2 heures décale toute la semaine suivante.
  4. De l'activité physique chaque jour, de préférence dehors et pas juste avant le coucher.
  5. Pas de caféine après le goûter (cola, thé glacé, café) et pas de boissons énergisantes, déconseillées chez l'enfant et l'adolescent.
  6. Un dîner ni trop copieux ni trop tardif.

L'adolescent : une horloge qui se décale

À la puberté, l'horloge biologique se décale naturellement de 1 à 2 heures vers le soir : l'adolescent n'a pas sommeil avant 23 h et il a du mal à se lever. Ce n'est pas de la paresse. Avec les écrans du soir et les cours tôt le matin, beaucoup accumulent une dette de sommeil : fatigue, irritabilité, résultats scolaires en baisse, humeur triste, risque d'accident en deux-roues.

Ce qui aideCe qui aggrave
Lumière vive dès le réveil (volets ouverts, petit-déjeuner près de la fenêtre, trajet à pied)Écrans et lumière forte le soir, téléphone dans le lit
Lever à heure fixe, même le week-end (1 heure de plus au maximum)Grasses matinées jusqu'à midi le week-end
Sport dans la journée ; une courte sieste de 20 minutes avant 17 h si besoinSiestes longues en fin d'après-midi
En parler avec lui, fixer ensemble les règles du téléphoneBoissons énergisantes, café en fin de journée

Préparer la rentrée

Une à deux semaines avant la rentrée, avancez progressivement le coucher et surtout le lever d'un quart d'heure tous les 2 jours, jusqu'aux horaires d'école.

Chapitre 7 sur 10

Ronflements, terreurs, somnambulisme : les troubles du sommeil

Le plus souvent bénins, parfois à faire examiner

Le ronflement et les apnées du sommeil de l'enfant

Un enfant sur dix environ ronfle régulièrement. Chez certains (de l'ordre de 1 à 4 %), la respiration se bouche par moments pendant le sommeil : ce sont les apnées du sommeil, le plus souvent dues à de grosses amygdales ou végétations. Elles se soignent bien, souvent par une petite opération ORL.

Parlez-en au médecin si votre enfant

  • Ronfle 3 nuits par semaine ou plus, en dehors des rhumes.
  • Fait des pauses respiratoires, lutte pour respirer, se réveille en sursaut : consultez rapidement.
  • Dort la bouche ouverte, la tête en arrière, transpire beaucoup, a un sommeil très agité.
  • Refait pipi au lit alors qu'il était propre.
  • Est fatigué, ou au contraire agité, inattentif, en difficulté à l'école ; grandit mal.

Filmer une ou deux minutes de sommeil avec le téléphone aide beaucoup le médecin.

Terreurs nocturnes et somnambulisme

Très fréquents entre 2 et 12 ans (plus de la moitié des enfants font au moins une terreur nocturne), ils surviennent en début de nuit, pendant le sommeil profond. L'enfant crie, semble terrifié ou se lève et marche, les yeux ouverts, mais il dort et ne s'en souvient pas le matin. C'est impressionnant pour les parents, mais sans gravité ; cela disparaît avec l'âge.

Ce qu'il faut faireCe qu'il vaut mieux éviter
Rester près de lui, calmement, et le guider doucement vers son litLe réveiller ou le secouer : il serait confus et l'épisode durerait plus longtemps
Sécuriser la maison : barrière d'escalier, fenêtres fermées, pas de lit en hauteurLui en parler le lendemain en lui faisant peur
Éviter le manque de sommeil et les couchers irréguliers, qui déclenchent les épisodesLe laisser dormir trop peu ou supprimer la sieste trop tôt
Si les épisodes ont lieu chaque nuit à la même heure : le réveiller doucement 15 à 30 minutes avant, pendant 2 à 4 semaines (avis du médecin)

Cauchemars

Ils surviennent plutôt en fin de nuit : l'enfant se réveille vraiment, a peur, se souvient du rêve. On le rassure et on le recouche. Le jour, on peut en parler, le dessiner et lui inventer une fin heureuse. Des cauchemars très fréquents, ou apparus après un événement pénible, méritent d'en parler au médecin.

Autres manifestations souvent bénignes

  • Balancements et coups de tête rythmés pour s'endormir (avant 4 ans) : fréquents et sans danger ; vérifier seulement que le lit est sûr.
  • Grincements de dents : fréquents, ils disparaissent le plus souvent ; à signaler au dentiste s'ils usent les dents.
  • Somniloquie (parler en dormant) : sans gravité.
  • Jambes sans repos : besoin de bouger les jambes le soir, avec une gêne qu'il décrit mal (« des fourmis », « mal aux jambes ») ; le médecin vérifie souvent les réserves en fer.

À montrer rapidement au médecin

Des épisodes nocturnes toujours identiques, avec raideur, secousses d'un côté du corps ou du visage, morsure de langue, perte d'urines, ou plusieurs épisodes dans la même nuit : il faut éliminer des crises d'épilepsie. Filmez si possible.

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Médicaments et produits pour dormir : prudence

Ce qui est déconseillé, et pourquoi

Les difficultés de sommeil de l'enfant se traitent d'abord par les habitudes et les méthodes comportementales. Les médicaments n'ont presque aucune place, et certains produits vendus comme « naturels » ne sont pas sans risque.

ProduitCe qu'il faut savoir
SomnifèresJamais chez l'enfant, sauf situation exceptionnelle encadrée par un spécialiste.
Antihistaminiques qui font dormir (sirops contre la toux ou l'allergie qui « font dormir »)Ce ne sont pas des traitements du sommeil : ils agissent peu, peuvent rendre l'enfant agité, et sont dangereux chez le bébé (risque de pauses respiratoires). Ne pas en donner pour faire dormir.
Mélatonine (gommes, sprays, gouttes en compléments alimentaires)L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) déconseille les compléments de mélatonine chez l'enfant sans avis médical. Un médicament à base de mélatonine existe pour certains enfants (autisme, certaines maladies génétiques) : il se prescrit après échec des mesures comportementales. Ne pas en acheter de soi-même ; garder hors de portée (intoxications avec les gommes).
Huiles essentielles (en diffusion, sur la peau, dans le bain)Beaucoup sont contre-indiquées chez le bébé et le jeune enfant (risque de convulsions et de gêne respiratoire), surtout avant 3 ans et chez l'enfant asthmatique ou qui a fait des convulsions. Pas de diffusion dans la chambre.
Plantes (tilleul, camomille, fleur d'oranger…) et homéopathiePas d'efficacité démontrée. Une tisane tiède peut faire partie d'un rituel, sans plus. Attention aux sucres ajoutés.
Collier d'ambre, objets « anti-cauchemars »Aucune efficacité ; les colliers exposent à l'étranglement et à l'étouffement : à proscrire.

Avant tout produit

Demandez conseil au médecin ou au pharmacien, et dites-lui tous les produits que votre enfant prend déjà, même « naturels ». Un enfant qui dort mal depuis longtemps mérite une consultation, pas un sirop.

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Mon enfant dort-il bien ? Quand consulter

Le bilan pas à pas, et les signes d'alerte

Ce petit bilan reprend les cinq thèmes que les soignants explorent pour faire le point sur le sommeil d'un enfant de 2 à 18 ans : le coucher, la journée, la nuit, le rythme et la respiration. Il vous dit ce qui relève de conseils simples et ce qui mérite un avis médical, et se prépare à imprimer pour la consultation.

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Mon enfant dort-il bien ? Le bilan

Pour un enfant de 2 à 18 ans : cochez ce qui est vrai, et voyez ce qui relève de conseils simples ou d'un avis médical. Bilan à imprimer pour le médecin.

Consultez sans attendre si

  • Vous voyez des pauses respiratoires ou des efforts pour respirer pendant le sommeil.
  • Votre enfant fait des épisodes nocturnes avec raideur ou secousses.
  • Il est très somnolent dans la journée, s'endort en classe ou en mangeant.
  • Son sommeil change brutalement avec une tristesse, un repli, une perte d'appétit, ou après un événement pénible.
  • Chez le bébé : pleurs inhabituels, fièvre, refus de boire, enfant mou ou difficile à réveiller : appelez le médecin ou le 15.

À qui en parler ?

  • Le médecin traitant ou le pédiatre de votre enfant : c'est la première étape. Apportez un agenda de sommeil de 2 semaines (heures de coucher, d'endormissement, réveils, siestes) et, si besoin, une courte vidéo.
  • La PMI (protection maternelle et infantile) pour les enfants de moins de 6 ans : puéricultrices et médecins de PMI accompagnent les parents gratuitement.
  • Si besoin, le médecin oriente vers un ORL (ronflement, apnées), un centre du sommeil de l'enfant ou un psychologue.
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Sources

Recommandations et études

Rédigé par le Dr Jonathan Favre avec l'assistance d'une intelligence artificielle

Guide rédigé à la demande du Dr Favre d'après les recommandations de la Haute Autorité de santé (mort inattendue du nourrisson, 2007 ; bébé secoué, 2017), de Santé publique France (1000 premiers jours), de l'Anses (mélatonine, 2018), de l'Académie américaine de pédiatrie (couchage sûr, 2022 ; apnées de l'enfant, 2012), de l'Académie américaine de médecine du sommeil (durées de sommeil, 2016 ; méthodes comportementales, 2006) et d'essais contrôlés dont les références ont été vérifiées dans PubMed. Ces informations sont générales : elles ne remplacent pas l'avis du médecin de votre enfant.

Le sommeil de votre enfant vous inquiète, ou vous êtes épuisés ? Parlez-en au médecin de votre enfant ou à la PMI : on peut faire le point ensemble, sans jugement.