L'essentiel en 5 points
- Avec l'âge, l'arthrose des petites articulations et des disques peut rétrécir le canal où passent les nerfs des jambes.
- Le signe typique : une douleur, une lourdeur ou des fourmillements dans les fesses et les jambes en marchant, qui obligent à s'arrêter et se calment assis ou penché en avant.
- L'évolution est souvent stable : environ 1 personne sur 3 s'améliore, 1 sur 2 reste stable.
- La kinésithérapie (exercices en flexion, marche, vélo) donne des résultats proches de la chirurgie à 2 ans dans un essai.
- Urgence : troubles urinaires ou de la selle, perte de sensibilité entre les cuisses, faiblesse d'une jambe qui s'aggrave.
Votre question
Les 5 chapitres
Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .
Comprendre le canal lombaire étroit
Un canal rétréci par l'arthrose
Le canal lombaire, dans la colonne du bas du dos, contient les racines des nerfs des jambes. Avec l'âge, l'épaississement des ligaments, l'arthrose des petites articulations à l'arrière des vertèbres et le tassement des disques peuvent rétrécir ce canal. On estime qu'environ 1 personne âgée sur 10 en a des symptômes.
Le signe typique : la « claudication neurogène »
- Douleur, lourdeur, faiblesse ou fourmillements dans les fesses et les jambes, à la marche ou debout longtemps.
- Elle oblige à s'arrêter, et se calme assis ou penché en avant (en poussant un caddie, à vélo, en montée).
- La distance de marche se réduit progressivement.
À distinguer d'une artérite
Une douleur du mollet à la marche peut aussi venir d'un rétrécissement des artères des jambes. Dans l'artérite, la douleur cède en s'arrêtant debout, sans avoir besoin de s'asseoir ni de se pencher ; le médecin vérifie les pouls et peut demander un écho-doppler.
Quels examens ?
- L'examen clinique d'abord.
- Une IRM (ou un scanner) seulement si les symptômes gênent et qu'un traitement plus poussé, notamment une chirurgie, se discute. Un canal étroit à l'IRM sans symptôme est fréquent et ne nécessite pas de traitement.
Exercices et activité
La flexion soulage
Le canal s'élargit légèrement quand on se penche en avant : les exercices en flexion, le vélo et la marche fractionnée sont la base de la kinésithérapie.
La règle de la douleur
Une gêne modérée (moins de 5 sur 10) pendant l'exercice est acceptable si elle disparaît dans les heures qui suivent. Si la douleur persiste le lendemain, réduisez l'intensité ; arrêtez en cas de poussée (articulation chaude, gonflée).
1. Genoux vers la poitrine

3 fois 30 secondes, 1 à 2 fois par jour
Comment faire : allongé sur le dos, ramenez un genou puis les deux vers la poitrine avec les mains, en respirant calmement.
2. Bascule du bassin

10 fois, 1 à 2 fois par jour
Comment faire : allongé, genoux pliés, plaquez doucement le bas du dos contre le sol en contractant le ventre, tenez 5 secondes, relâchez.
3. Gainage sur les genoux

3 fois 20 secondes
Comment faire : en appui sur les avant-bras et les genoux, gardez le dos droit en contractant le ventre.
Bouger malgré tout
- Vélo (d'appartement ou classique) : on pédale penché en avant, souvent sans douleur.
- Marche fractionnée : marcher jusqu'à la gêne, s'asseoir ou se pencher, repartir. Des bâtons ou un déambulateur aident à se pencher un peu en avant.
- Aquagym, natation selon la tolérance.
Traitements
Ce qui aide
| Traitement | Niveau | Effet attendu | À savoir |
|---|---|---|---|
| Kinésithérapie, exercices | B | Résultats proches de la chirurgie à 2 ans dans un essai randomisé | Base du traitement ; séances remboursées sur prescription |
| Anti-inflammatoire en comprimés | B | Soulage les poussées | Quelques jours, à la plus petite dose ; précautions habituelles |
| Paracétamol | C | Effet faible | Ponctuellement |
| Prégabaline, gabapentine | C | Peu ou pas d'effet démontré | Somnolence, vertiges, chutes |
| Infiltration de cortisone | C | Pas de bénéfice durable démontré | Peut être discutée dans des cas choisis |
| Opioïdes forts | C | Risques supérieurs aux bénéfices | Non recommandés |
Voir aussi le guide Mal de dos et sciatique pour les règles générales du mal de dos.
La chirurgie : quand en parler ?
Une décision partagée
La chirurgie de décompression (on libère le canal) se discute quand la gêne reste importante malgré plusieurs mois de traitement, ou en cas de faiblesse qui s'aggrave. Elle soulage surtout la douleur des jambes ; celle du dos est moins améliorée.
Ce que disent les études
- À 2 ans, kinésithérapie et chirurgie donnent des résultats proches dans un essai randomisé (une partie des patients du groupe kiné finissent toutefois opérés).
- Les complications concernent 10 à 24 % des opérés selon la revue Cochrane, souvent mineures.
- Ajouter une fusion des vertèbres (arthrodèse) à la décompression n'apporte pas de bénéfice dans la plupart des cas, même avec un léger glissement de vertèbre ; elle reste discutée au cas par cas.
C'est une décision à prendre avec le chirurgien, selon votre gêne, vos attentes et votre état de santé.
Quand consulter ?
Les signes d'urgence
Appelez le 15 ou allez aux urgences en cas de troubles pour uriner ou retenir les urines ou les selles, de perte de sensibilité entre les cuisses ou autour de l'anus, ou de faiblesse brutale d'une jambe : c'est une compression grave des nerfs (« queue de cheval »).
- Faiblesse d'une jambe qui s'aggraveConsultez rapidement
- Fièvre avec douleur du dosInfection possible
- Antécédent de cancer, perte de poids, douleur la nuit qui ne cède pasÀ explorer rapidement
- Arthrose : le guideGénéralités, médicaments, compléments
- Mal de dos et sciatiqueLe mal de dos commun
Katz JN et al. JAMA 2022 (revue) ; Delitto A et al. Ann Intern Med 2015 (kinésithérapie contre chirurgie) ; Zaina F et al. Cochrane 2016 ; Försth P et al. NEJM 2016. Ces informations ne remplacent pas une consultation.
Vos jambes vous obligent à vous arrêter en marchant ? Parlez-en à votre médecin traitant : il distingue le canal lombaire étroit d'un problème d'artères.