L'essentiel en 5 points
- Une addiction est une maladie, pas un manque de volonté : elle se repère avec les « 4 C » (perte de contrôle, compulsion, craving, conséquences) et elle se soigne.
- Commencez par faire le point : votre consommation et votre motivation (3 échelles de 0 à 10) guident le choix des aides.
- Cannabis : pas de médicament spécifique, mais l'entretien motivationnel et les thérapies marchent ; consultations jeunes consommateurs gratuites jusqu'à 25 ans.
- N'arrêtez jamais brutalement un somnifère, un calmant ou un antidouleur morphinique pris depuis longtemps : la diminution se fait avec votre médecin.
- Urgence (personne qui ne répond plus, respire mal) : 15. Votre médecin, les CSAPA (gratuits, anonymes) et les lignes d'écoute vous accompagnent, vous et vos proches.
Votre question
Les 12 chapitres
Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .
Pour commencer
1C'est quoi ?Les 4 signes d'une addiction, pourquoi on n'arrête pas « quand on veut », et ce guide pour avancer pas à pas.Étape 1 · Faire le point
2Faire le pointQuelques questions simples pour savoir si une consommation ou un comportement devient un problème.3Ma motivationHésiter est normal. Situer sa motivation aide à faire le bon pas suivant.Étape 2 · Comprendre
4Le cerveauLe produit détourne le circuit du plaisir ; le cerveau s'adapte, puis réclame. Ce n'est pas de la faiblesse.Étape 3 · Choisir ses aides
5CannabisBilan avec le questionnaire CAST, risques pour la tête, au volant et pour les poumons, et comment se faire aider.6MédicamentsCodéine, tramadol, morphiniques, somnifères et calmants peuvent rendre dépendant. On en sort, avec un arrêt progressif encadré.7Autres produitsDes produits aux risques graves, parfois dès la première fois. Des aides existent, sans jugement et sans signalement.8Jeux et écransLe jeu d'argent peut devenir une addiction comme une autre ; les écrans aussi, chez l'adulte comme chez l'enfant.Étape 4 · Passer à l'action
9Les aidesQuel que soit le produit, les mêmes approches ont fait leurs preuves ; on les associe aux médicaments quand ils existent.Étape 5 · Tenir dans la durée
10Pour les prochesOn ne peut pas changer à la place de quelqu'un, mais on peut l'aider à se soigner, et se faire aider soi-même.11UrgencesLes signes qui doivent faire appeler le 15, et les bons gestes en attendant.Les aides près de chez vous
12Où trouver de l'aideVotre médecin, les centres spécialisés gratuits et anonymes, les lignes d'écoute nationales.Une addiction, c'est quoi ?
Une maladie du cerveau, pas un manque de volonté
On parle d'addiction quand un produit (tabac, alcool, cannabis, médicaments, drogues) ou un comportement (jeux d'argent, écrans) prend une place telle qu'on n'arrive plus à s'en passer, malgré les dégâts. Ce n'est ni un vice ni un manque de volonté : c'est une maladie qui modifie le fonctionnement du cerveau, et elle se soigne.
Les 4 signes, les « 4 C »
Votre parcours, quel que soit le produit
- 1Faire le point— sur votre consommation et sur votre motivation (Ma motivation).
- 2Comprendre— ce qui se passe dans le cerveau et pourquoi c'est difficile d'arrêter.
- 3Choisir ses aides— selon le produit : chapitres cannabis, médicaments, autres produits, jeux.
- 4Passer à l'action— un plan écrit, avec une parade pour chaque situation à risque.
- 5Tenir dans la durée— journal des envies, compteur, entourage, et rebondir après une reprise.
Tabac et alcool : deux guides complets
- Arrêter de fumerBilan, substituts, médicaments, cigarette électronique, plan, compteur
- Alcool : comprendre et agirRepères, bilan, sevrage, médicaments, plan, proches
Ici, pas de jugement
Votre médecin traitant et l'équipe de la MSP du Triolo sont tenus au secret médical. Parler d'une consommation, même illégale, ne vous expose à rien : c'est la première étape pour être aidé(e).
Est-ce que j'ai un problème ?
Les questions à se poser, sans tabou
Répondez honnêtement, pour vous seul(e), en pensant aux 12 derniers mois :
- Est-ce que je consomme (ou je joue) plus souvent ou plus longtemps que prévu ?
- Ai-je déjà essayé de réduire ou d'arrêter, sans y arriver ?
- Est-ce que j'y pense beaucoup, est-ce que l'envie est parfois très forte ?
- Ai-je laissé tomber des activités, des amis, des obligations à cause de cela ?
- Mes proches m'ont-ils fait des remarques ? Est-ce que je le cache ?
- Ai-je besoin de plus pour avoir le même effet ?
- Est-ce que je me sens mal (nerveux, triste, malade) quand je n'en ai pas ?
- Ai-je continué malgré des problèmes de santé, d'argent, de travail ou de couple ?
Comment lire vos réponses
Plus vous avez répondu « oui », plus il est probable que cette consommation vous pose problème. Dès 2 « oui », il est utile d'en parler à votre médecin ; dès 4 ou plus, une aide spécialisée est conseillée. Ces questions reprennent les critères que les médecins utilisent ; elles ne remplacent pas leur avis.
Les tests de chaque guide
- Tabac : bilan avec le test de FagerströmDépendance à la nicotine et aides adaptées
- Alcool : bilan avec le questionnaire FACEQuestionnaire de la Haute Autorité de santé
- Cannabis : bilan avec le questionnaire CASTQuestionnaire de la Haute Autorité de santé
Ma motivation : où j'en suis dans le changement
Stades du changement et 3 échelles
On ne passe pas d'un coup de « je consomme » à « j'ai arrêté » : on passe par des étapes, et on peut en sauter ou revenir en arrière. Chaque étape a ses aides.
- Pas encore
Je ne vois pas de raison de changer. Ce qui aide : s'informer, sans pression.
- J'hésite
J'ai des raisons de changer et des raisons de continuer. Ce qui aide : la balance décisionnelle, en parler.
- Je me prépare
J'ai décidé. Ce qui aide : fixer une date, un objectif, un plan, des aides.
- J'agis
J'ai commencé. Ce qui aide : le journal des envies, le suivi, le soutien des proches.
- Je consolide
Plus de 6 mois. Ce qui aide : rester attentif aux situations à risque.
- J'ai repris
Pas un échec : une étape. Ce qui aide : comprendre ce qui s'est passé, et repartir.
Où j'en suis dans le changement
Le stade du changement et les 3 échelles de 0 à 10 proposées par la Haute Autorité de santé : envie, bon moment, confiance ; pour n'importe quel produit ou comportement.
L'entretien motivationnel
C'est la façon de faire que les soignants apprennent pour accompagner un changement : vous écouter, vous aider à formuler vos raisons de changer, respecter votre rythme et vos choix. Il marche pour toutes les addictions. Demandez-le à votre médecin.
Ce qui se passe dans le cerveau
Le circuit de la récompense, et pourquoi arrêter est difficile
Tous les produits addictifs agissent sur le même circuit de la récompense, celui qui nous fait aimer manger, être avec les autres ou réussir. Ils y libèrent beaucoup de dopamine, bien plus que les plaisirs naturels.
- 1Le plaisir— au début, le produit fait du bien : détente, euphorie, oubli.
- 2L'adaptation— le cerveau se règle sur le produit : il en faut plus pour le même effet, et les plaisirs ordinaires paraissent fades.
- 3Le manque— sans le produit, on se sent mal : on consomme pour aller « normalement ».
- 4Les automatismes— des lieux, des heures, des émotions déclenchent l'envie sans qu'on y pense.
Bonne nouvelle : le cerveau récupère
Après l'arrêt ou la réduction, le cerveau se réadapte peu à peu. Les envies deviennent plus rares et moins fortes, les plaisirs ordinaires reviennent. Cela prend des semaines à des mois : c'est pour cela que l'accompagnement dure.
Pourquoi certaines personnes, et pas d'autres ?
- Le produit : certains rendent dépendant plus vite (nicotine, opioïdes, cocaïne).
- La personne : hérédité, début précoce (avant 15 ans), anxiété, dépression, TDAH, traumatismes ou violences subies.
- L'environnement : facilité d'accès, entourage qui consomme, stress, isolement, précarité.
Une addiction cache souvent une souffrance : la soigner fait partie du traitement.
Le cannabis
Faire le point, les risques, le manque, les aides
Mon bilan cannabis
Le questionnaire CAST est celui que la Haute Autorité de santé propose aux médecins. Le bilan y ajoute votre motivation et votre situation, et propose les aides adaptées.
Mon bilan pas à pas — cannabis
Consommation, dépendance, motivation et situation personnelle, puis les aides qui vous correspondent ; bilan à imprimer pour la consultation.
Les risques
| Domaine | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Tête | Troubles de la mémoire et de la concentration, baisse de motivation ; anxiété et attaques de panique ; risque de troubles psychotiques (idées étranges, voix, parano), surtout chez les jeunes et en cas de consommation forte ou de produit très dosé. |
| Au volant | Risque d'accident mortel multiplié par 1,65, et par 29 avec de l'alcool en plus. Conduire après avoir fumé est un délit. |
| Poumons et cœur | Fumé, souvent avec du tabac : toux, bronchite, cancers ; risque d'infarctus chez les gros consommateurs. |
| Grossesse | Le cannabis passe chez le bébé : à éviter totalement pendant la grossesse et l'allaitement. |
| Dépendance | Environ 1 consommateur régulier sur 10 devient dépendant, beaucoup plus chez ceux qui ont commencé jeunes ou qui fument tous les jours. |
Les produits actuels sont bien plus concentrés en THC qu'il y a 20 ans, et les cannabinoïdes de synthèse (« PTC », « Buddha blue »…) sont très dangereux. Le CBD vendu en boutique ne contient pas (ou très peu) de THC, mais il n'est pas sans effets et peut donner un test salivaire positif.
Le manque à l'arrêt
Irritabilité, anxiété, sommeil agité et rêves intenses, perte d'appétit, sueurs : ces signes commencent 1 à 2 jours après l'arrêt, culminent la 1re semaine et passent en 2 à 3 semaines ; le sommeil peut mettre un peu plus longtemps. Ils ne sont pas dangereux, mais ils font souvent reprendre : préparez-vous.
Les aides
- Il n'existe pas de médicament spécifique : votre médecin peut soulager le manque (sommeil, anxiété) quelques jours.
- Ce qui marche : l'entretien motivationnel et les thérapies cognitivo-comportementales ; pour les ados, des thérapies qui impliquent la famille.
- Les consultations jeunes consommateurs (CJC), gratuites et anonymes, jusqu'à 25 ans, avec ou sans les parents ; les CSAPA pour tous.
- Si vous mélangez avec du tabac : des substituts nicotiniques, sinon le manque de nicotine fera reprendre le joint.
- Écoute Cannabis : 0 980 980 940 (anonyme, appel non surtaxé).
Ma balance décisionnelle
Ma balance décisionnelle
Les 4 cases de la balance (ce que j'aime, ce qui me gêne, ce que je gagnerais, ce qui me fait peur), avec des idées à toucher et vos propres mots ; à imprimer.
Mon plan
Mon plan — cannabis
Jour J, objectif, 3 raisons, déclencheurs avec une parade pour chacun, aides, soutiens et récompenses ; à imprimer et à garder sur soi.
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- Il fait le point avec vous (questionnaire CAST, motivation) et vous propose un objectif réaliste.
- Il soulage le manque les premiers jours (sommeil, anxiété) et vous revoit régulièrement.
- Il repère et soigne ce qui peut être derrière : anxiété, dépression, troubles du sommeil, TDAH.
- Il vous oriente si besoin vers une consultation jeunes consommateurs ou un CSAPA, et reste votre référent.
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Médicaments : antidouleurs, calmants, somnifères
Quand un traitement devient une dépendance
Une dépendance peut commencer avec un médicament prescrit, pour une vraie douleur ou une période difficile. Elle n'a rien de honteux, mais il faut la repérer, car ces médicaments ont des risques réels (chutes, somnolence au volant, overdose avec les morphiniques).
| Médicaments | Signes qui doivent alerter | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Antidouleurs opioïdes : codéine, tramadol, poudre d'opium, morphine, oxycodone | Besoin d'augmenter les doses ; en prendre pour le moral ou pour dormir ; malaise, douleurs, diarrhée ou angoisse si on ne les prend pas | En parler à son médecin : diminution progressive, autre traitement de la douleur, et si besoin un traitement de substitution |
| Somnifères et calmants (benzodiazépines et apparentés) | Impossible de dormir ou de se calmer sans ; traitement qui dure depuis plus de quelques semaines | Ne jamais arrêter brutalement : un arrêt progressif sur plusieurs semaines, avec votre médecin |
| Prégabaline, gabapentine | Doses qui augmentent, prise pour l'effet « planant » | En parler à son médecin |
N'arrêtez jamais brutalement un somnifère, un calmant ou un antidouleur morphinique pris depuis longtemps : risque de manque important, voire de convulsions pour les benzodiazépines. La diminution se fait par paliers, avec votre médecin.
- Sommeil et insomnie : arrêter les somnifères pas à pasPlan de diminution par paliers
Les traitements de substitution aux opioïdes
Pour une dépendance aux opioïdes (médicaments ou héroïne), la buprénorphine et la méthadone sont des traitements efficaces : ils suppriment le manque, réduisent les risques et permettent de reprendre une vie stable. Votre médecin traitant peut prescrire et suivre la buprénorphine ; la méthadone se commence en général en CSAPA ou à l'hôpital, puis peut être relayée par le médecin traitant.
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- C'est lui qui organise la diminution progressive d'un somnifère, d'un calmant ou d'un antidouleur, à votre rythme.
- Il propose un autre traitement de la douleur, du sommeil ou de l'anxiété.
- Il peut prescrire et suivre un traitement de substitution par buprénorphine, et prendre le relais de la méthadone.
- Il peut prescrire de la naloxone pour vous et votre entourage.
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Cocaïne, protoxyde d'azote et autres produits
Risques, réduction des risques, aides
Cocaïne et crack
Euphorie courte suivie d'une « descente » (fatigue, tristesse) qui pousse à reprendre. Risques : infarctus et AVC même chez les jeunes, troubles du rythme, nez abîmé, anxiété, paranoïa, dépendance rapide, surtout avec le crack. Pas de médicament spécifique : les thérapies cognitivo-comportementales et l'accompagnement en CSAPA marchent.
Protoxyde d'azote (« proto », ballons)
Utilisé surtout par les jeunes. Une consommation répétée détruit la vitamine B12 et peut abîmer la moelle épinière et les nerfs : fourmillements, faiblesse des jambes, troubles de la marche, parfois définitifs. Des fourmillements ou une faiblesse après usage doivent faire consulter rapidement. Vente interdite aux mineurs.
Ecstasy, MDMA, amphétamines
Risques : coup de chaleur, déshydratation ou à l'inverse intoxication par l'eau, troubles du rythme, « descente » dépressive. En soirée : faire des pauses, boire de l'eau régulièrement mais sans excès, ne pas mélanger avec l'alcool.
Héroïne et opioïdes
Risque d'overdose (respiration qui s'arrête), surtout après une période d'arrêt (sortie de prison, d'hôpital, de sevrage) ou en cas de mélange avec l'alcool ou des calmants. Les traitements de substitution et la naloxone sauvent des vies (voir le chapitre Urgences).
Chemsex
Prise de produits (cathinones, GHB/GBL, méthamphétamine) pour les relations sexuelles. Risques : surdose de GHB (coma), dépendance rapide, infections sexuellement transmissibles. Des consultations spécialisées existent, sans jugement ; parlez-en à votre médecin.
La réduction des risques
- Ne jamais consommer seul(e) ; ne pas mélanger les produits, ni avec l'alcool ou des médicaments.
- Matériel personnel (pailles, seringues) : jamais partagé, à cause des hépatites et du VIH. Il est gratuit dans les CAARUD et dans certaines pharmacies.
- Se faire dépister et vacciner (hépatite B) : votre médecin peut le faire.
- Les CAARUD accueillent les personnes qui consomment, sans exiger d'arrêter, gratuitement et anonymement.
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- Vous pouvez lui parler de toute consommation, même illégale : il est là pour soigner, pas pour juger ni signaler.
- Il fait le bilan de santé (cœur, nerfs, dépistage des hépatites et du VIH, vaccination contre l'hépatite B).
- Il vous accompagne lui-même ou avec un CSAPA ou un CAARUD, et coordonne les soins.
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Jeux d'argent, jeux vidéo et écrans
Les addictions sans produit
Jeux d'argent et de hasard
Paris sportifs, poker, jeux à gratter, casino, en ligne ou non : le jeu devient un problème quand on y pense tout le temps, qu'on mise de plus en plus, qu'on rejoue pour « se refaire », qu'on cache ses pertes ou qu'on emprunte pour jouer.
- Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13 (anonyme, appel non surtaxé) et joueurs-info-service.fr.
- L'interdiction volontaire de jeux : une démarche en ligne auprès de l'Autorité nationale des jeux (ANJ) vous interdit l'accès aux casinos et aux sites de jeux autorisés, pour 3 ans au moins. Les sites et les casinos proposent aussi des limites de mise et de dépôt.
- Les CSAPA reçoivent les joueurs et leur entourage ; un accompagnement financier (point conseil budget, commission de surendettement) peut être nécessaire.
- Le jeu excessif s'accompagne souvent de dépression : parlez-en à votre médecin.
Jeux vidéo et écrans
On parle de trouble du jeu vidéo quand le jeu passe avant tout le reste (sommeil, repas, travail, relations) pendant au moins plusieurs mois, malgré les conséquences. Chez l'adulte comme chez l'enfant, la première aide est de reprendre la main sur les horaires et les lieux, de couper les notifications et de réinvestir d'autres activités.
- Enfants et écransRepères par âge et plan média familial
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- Il fait le point sur le jeu et sur ses conséquences (sommeil, moral, dettes, couple).
- Il repère et soigne une dépression ou une anxiété souvent associées, et vous oriente vers un CSAPA ou le pôle ressources jeux.
- Pour les écrans, il vous aide, vous ou votre enfant, à reprendre la main (sommeil, horaires, activités).
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Les aides qui marchent pour toutes les addictions
Entretien motivationnel, thérapies, entraide, activité physique
Psychologue remboursé
Le dispositif Mon soutien psy permet des séances chez un psychologue partenaire, remboursées sur orientation ou en accès direct (voir ameli.fr). Les CSAPA proposent aussi des psychologues, gratuitement.
Mon journal des envies
Notez chaque envie : situation, émotion, intensité, ce que vous avez fait. En quelques jours, vous saurez ce qui vous fait craquer et ce qui marche pour vous.
Mon journal des envies
Notez chaque envie (heure, intensité, situation, émotion, ce que vous avez fait) : le bilan montre vos pièges et ce qui marche pour vous.
Mon compteur
Mon compteur
Jours sans cannabis, consommations évitées, argent économisé et ce que votre corps a déjà gagné.
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- Il pratique l'entretien motivationnel et assure le suivi dans la durée, quelle que soit l'addiction.
- Il prescrit les traitements quand ils existent et adapte les autres médicaments.
- Il coordonne avec les psychologues, les CSAPA, l'hôpital et les groupes d'entraide.
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Pour les proches
Aider sans s'épuiser
- Parlez à un moment calme, sans produit, avec des faits et vos émotions plutôt que des reproches ou des étiquettes.
- Valorisez les efforts et les moments sans consommation ; proposez des activités agréables ensemble.
- Ne couvrez pas les conséquences (dettes, absences) : cela retarde la prise de conscience.
- Proposez une aide concrète : un rendez-vous chez le médecin, une consultation jeunes consommateurs, un CSAPA.
- Prenez soin de vous : les CSAPA et les CJC reçoivent l'entourage seul ; Al-Anon et Nar-Anon accueillent les familles.
Parents d'un adolescent
Restez en lien, même en cas de conflit ; parlez des risques sans dramatiser ; fixez des règles claires (pas de consommation à la maison, pas de conduite après usage). Les consultations jeunes consommateurs reçoivent les parents, avec ou sans le jeune.
Votre médecin traitant, premier interlocuteur
- Il peut vous recevoir pour vous, proche : fatigue, anxiété, sommeil, épuisement.
- Il peut vous aider à préparer la façon d'en parler à la personne concernée.
À la MSP du Triolo, parlez-en à votre médecin traitant : tout reste couvert par le secret médical.
Urgences et situations dangereuses
Overdose, malaise, sevrage, idées suicidaires
Appelez le 15 (ou le 112) si une personne ne répond plus, respire mal ou très lentement, a les lèvres bleues, fait une crise convulsive, est très agitée ou confuse, a une douleur dans la poitrine après une prise de cocaïne, ou une forte fièvre après une soirée.
- 1Appeler le 15— dire ce qui a été pris si vous le savez : les secours sont là pour soigner, pas pour signaler.
- 2Mettre en position latérale de sécurité— si la personne respire mais ne répond pas ; ne pas la laisser seule.
- 3Donner la naloxone— si vous en avez et qu'il s'agit peut-être d'opioïdes (héroïne, morphine, méthadone, codéine, tramadol) : spray dans le nez ou injection, puis rester auprès d'elle.
- 4Ne pas faire vomir, ne rien donner à boire— et ne pas « faire dormir » une personne ivre ou droguée seule.
La naloxone sauve des vies
C'est l'antidote de l'overdose aux opioïdes, en spray nasal ou en injection, facile à utiliser. Elle est disponible en pharmacie et gratuitement dans les CSAPA et les CAARUD. Elle est recommandée pour toute personne qui prend des opioïdes (médicaments forts contre la douleur, traitement de substitution, héroïne) et pour son entourage.
Idées noires, envie de mourir
Appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24) ou le 15. Les addictions et les idées suicidaires vont souvent ensemble : on peut être aidé(e).
Sevrage d'alcool compliqué (confusion, hallucinations, convulsions) : 15. Voir Le sevrage encadré.
Où trouver de l'aide
Près de chez vous et par téléphone
Dans la métropole lilloise
| Structure | Pour quoi | Contact |
|---|---|---|
| CSAPA La Trame (Addictions France), Villeneuve d'Ascq | Toutes addictions, entourage, jeunes | 16 rue Vermeer · 03 20 04 29 29 |
| CSAPA Le Pari (CHU de Lille), Lille | Alcool, médicaments, opiacés, cannabis, jeux ; 1re rencontre sans rendez-vous le matin | 57 boulevard de Metz · 03 20 44 59 46 |
| Service d'addictologie du CHU de Lille, hôpital Fontan 2 | Consultations spécialisées, sevrages complexes, hospitalisation (sur avis médical) | 1 rue André Verhaeghe, Lille · 03 20 44 60 98 |
| CSAPA Boris Vian (EPSM de l'agglomération lilloise), Lille | Toutes addictions, consultations et orientation | 03 20 15 85 35 |
| CSAPA Le Cèdre Bleu, Lomme | Toutes addictions | 11 rue Eugène Varlin · 03 20 08 16 61 |
| Pôle ressources jeux (Le Cèdre Bleu), Lille | Jeux d'argent, joueurs et entourage | 07 82 06 56 14 |
| CSAPA Addictions France, Tourcoing | Toutes addictions | 47 rue de Lille · 03 20 36 36 66 |
| CSAPA Le Relais (La Sauvegarde du Nord), Roubaix | Toutes addictions | 40 rue Saint-Antoine |
Coordonnées relevées dans les annuaires officiels en octobre 2026 : appelez avant de vous déplacer, les horaires changent. Pour une consultation jeunes consommateurs (CJC) ou un CAARUD, utilisez les annuaires ci-dessous.
Les annuaires nationaux
- Annuaire Drogues Info ServiceCSAPA, CJC, CAARUD, consultations hospitalières, partout en France
- Annuaire Alcool Info ServiceToutes les structures d'alcoologie
- Tabac Info ServiceTrouver un tabacologue ou une consultation de tabacologie
- Joueurs Info ServiceStructures pour les joueurs et leur entourage
- Annuaire de l'action socialeCSAPA et CAARUD par département
Lignes d'écoute (Santé publique France, anonymes)
- 39 89Tabac Info Service
- 0 980 980 930Alcool Info Service
- 0 980 980 940Écoute Cannabis
- 0 800 23 13 13Drogues Info Service (gratuit)
- 09 74 75 13 13Joueurs Info Service
- 3114Prévention du suicide
- drogues-info-service.frInformations, forum, annuaire
- joueurs-info-service.frJeux d'argent
- addictaide.frLe village des addictions : témoignages, forums
Guide rédigé à la demande du Dr Favre d'après l'outil d'aide au repérage précoce et à l'intervention brève de la Haute Autorité de santé (alcool, cannabis, tabac chez l'adulte, 2021 : questionnaires FACE et CAST, échelles de motivation), les ressources de Santé publique France (Drogues Info Service, Joueurs Info Service), de la Mildeca et de l'Autorité nationale des jeux. Ces informations sont générales : elles ne remplacent pas l'avis de votre médecin.
Une question sur une consommation, pour vous ou un proche ? Parlez-en à votre médecin traitant, sans crainte : tout ce que vous dites reste couvert par le secret médical.